Brexit : ça pourrait être bon pour la France

Avant d’être une décision politique, le Brexit est avant tout la chute d’un tabou : celui de l’immortalité de l’Europe. C’est aussi la première concrétisation d’une idée qui traînait depuis la création même de l’idée européenne : on ne peut pas être forcé à la solidarité ni contraint à la communauté.

Pour la France, le Brexit est aussi une blessure narcissique terrible. Les puddings, y veulent plus être nos copains, ils décident de se casser du groupe, ils sont les premiers à briser l’unité, à choisir le repli plutôt que la solidarité. Le discours de François Hollande porte trace de ce choc idéaliste.

Pour les marchés financiers, c’est la panique. Comme prévu, on a envie de dire.

Même les économistes, dont on sait que la spécialité de certains est de prédire le passé, sont globalement alarmés.

Moi, je dis que la sortie du Royaume-Uni est regrettable et que j’aurai aimé qu’elle ne se passe pas. Mais puisqu’ils nous congédient, je ne vois pas pourquoi on devrait les poursuivre de nos assiduités comme un amant éconduit ayant perdu toute dignité.La France peut aussi penser à tirer son épingle du jeu, sans que ce soit un gros mot ou une situation indécente. Dans notre état actuel, nous ferions d’ailleurs bien de ne pas faire la fine bouche.

Quelques pistes de raisonnements économiques pour nous consoler et réussir à voir le Brexit comme une opportunité. Tout d’abord, et il faut le rappeler à ceux qui croient pouvoir greffer le référendum sur la sortie de l’Europe à nos contrées, le Royaume-Uni ne fait pas partie de la Zone Euro. A court terme, ce Brexit ne devrait pas impacter significativement la valeur de l’Euro. Le taux de change EUR/USD évolue depuis Janvier 2015 entre 1,05 et 1,15. Si certains peuvent penser que cela aura un impact, les meilleurs financiers vous diront que le Brexit est déjà pricé, c’est-à-dire qu’il est déjà intégré dans le « prix » du taux de change. Il faut dire que cette dernière explication est très plausible puisque c’est à la suite de la victoire des Conservateurs lors des élections législatives de 2015 qu’un retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne se fait plus probable, date du début de ce corridor.

1. Paris : place financière renforcée

Le Brexit condamne la place financière de Londres et limitera les transactions financières entre cette place financière et les nombreuses autres places financières européennes. Depuis des décennies, Londres en tant que place financière à complètement centralisé les transactions mondiales, mais aussi et surtout européennes. La City contrôle plus d’un tiers du marché des devises et environs un cinquième des prêts internationaux passent par les 250 banques originaires de 60 pays installées à Londres. Parmi ces banques, parmi ces transactions, parmi ces échanges, une grande partie provient des autres pays de l’Union Européenne, notamment des deux grandes économies européennes : la France et l’Allemagne. Paris, via le resserrement inéluctable des barrières économiques et financières qui sera engendré par ce Brexit, pourra profiter d’un afflux massif de capitaux, une hausse des volumes, et pourquoi pas : un retour de ses banques sur la place financière parisienne. Car le Brexit, c’est un protectionnisme. Et il impactera indéniablement les banques Françaises et Allemandes installées à Londres. A l’Etat Français de profiter, des maintenant, de ce choc positif, en facilitant les transitions.

2. L’Euro : une monnaie renforcée

Le Royaume-Uni n’est pas membre de la Zone Euro, mais sa sortie de l’Union Européenne augmentera les barrières commerciales. Cela renforcera la Livres Sterling, toutes choses égales par ailleurs, mais on le sait maintenant, les flux monétaires sortant, qui ne sont pas inhérents à ces modifications douanières, auront tendance à l’emporter, poussant la Livre Sterling à perdre de sa valeur (au 24 Juin 2016, l’EUR/GBP est au plus haut depuis Mai 2014). Par contre, avec le gendarme Allemand, qui soutient depuis toujours l’Euro comme monnaie forte, et avec cette hausse des barrières commerciales chez l’un de ses meilleurs acheteurs, la Zone Euro continuera à vendre à la Grande Bretagne mais la Grande Bretagne vendra moins aux pays de la Zone Euro. En conséquence, l’Euro sera plus acheté et moins vendu, renforçant la monnaie européenne, et augmentant à terme sa crédibilité. Quid de la stabilité ?

3. Union Européenne : une prise de conscience

L’Union Européenne prend conscience petit à petit des risques et des instabilités inhérents à une première sortie d’un pays. Concernant l’Union politique et commerciale, cela risque de faire boule de neige. Un peu comme au resto quand personne n’ose dire le premier que c’est dégueulasse mais une fois qu’un a osé le dire, tout le monde se sent libéré.
Concernant les pays de la Zone Euro, idem. Les autorités européennes seront donc contraintes de renforcer ces unions afin que d’autres pays ne soient pas tentés de partir à l’anglaise. Prendre conscience, cela a du bon. Et cela renforcera à terme, si cette prise de conscience est effective et suivie de résultats concrets, la stabilité de l’Union Européenne, de la Zone Euro et de sa monnaie. La France ne peut qu’en sortir grandie, si les politiques Français suivent le même processus constructif de prise de conscience.

4. Décisions européennes : plus de poids

Avant, c’était le trinôme Royaume-Uni, Allemagne et France qui décidait pour l’Europe. Maintenant, la France se retrouvera seule avec l’Allemagne pour décider et construire cette Europe. La France gagnera du pouvoir, profitera d’une autorité accrue, mais saura-t-elle en profiter de manière optimale ? Telle est la question. Cependant, les faits sont là : à la France et à ses politiques de saisir cette opportunité.

5. Retour des cerveaux : retour à Paris ?

Plus de 300000 français vivent en Angleterre, plus particulièrement à Londres. Ils sont diplômés, pour la plupart d’instituts de formation français, et possèdent un savoir-faire que peu de gens sur le sol Français possèdent, notamment en Finance. Que Paris en tant que place financière se développe en profitant de ce choc ou non, beaucoup de ces expatriés seront contraints au retour en France. Des jeunes pour la plupart, éduqués et qualifiés, pourront booster une économie à la traîne, vivifier à nouveau l’économie Française en générale, et le monde de la Finance en particulier. Mais pas que : les traders, les sales, et autres quant sont flexibles : ils peuvent enseigner les mathématiques à un haut niveau, participer à des projets entrepreneuriaux, renforcer le venture capital français, ou même ouvrir une entreprise qui n’a rien à voir avec la finance, mais qui réussira.

Je déplore le Brexit, mais j’ai toujours été du genre à voire le verre à moitié plein, et à tirer mon épingle du jeu.

Noémie

Séminaire exceptionnel sur la reprise d’entreprise à l’ESSEC

Le Service Carrière de l’ESSEC Business School, en partenariat avec ESSEC Repreneur, CRA et Fusacq à le plaisir de vous proposer un séminaire de 2 jours les 26 et 29 janvier de 9h00 à 13h00 et 14h00 à 17h30 à la Maison des ESSEC sur le thème :

« Repreneur, pourquoi pas moi ? »

Objectif du séminaire : savoir si reprendre une entreprise est fait pour vous et avoir quelques clés pour démarrer ce projet.

Jour 1
Matin 1ère partie (9h – 11h)
Les étapes clés du parcours, le marché de la transmission, ses interlocuteurs, les outils et les conseils pour éviter les chausse-trappes.
Intervenant : Jean-Jacques Brunet, CRA Formation Repreneur d’une entreprise transmise ensuite à son fils, il accompagne depuis 15 ans les repreneurs et a monté la formation des Cédants et Repreneurs d’Affaires.

Matin 2ème partie (11h30 – 13h)
Le marché de la transmission : chiffres, tendances, perspectives, typologie des cédants et des repreneurs.
Intervenant : Damien Noël, Fondateur et Dirigeant Fusacq, 1ère place de marché de la repise-transmission de PME.

Après-midi (14h-17h30)
Suis-je fait pour être repreneur ?
Pourquoi définir sa cible et comment la trouver ? Se poser les bonnes questions, amorcer son projet de reprise et s’initier à la fiche de cadrage.
Intervenants : Olivier Chandioux (E81), Consultant Associé RHPrésence et Solveig Debray-Sandelin, Responsable Equipe Vie Professionnelle

Jour 2
Matin (9h – 13h)
Ce qu’il faut savoir sur les points à maîtriser dans le processus de reprise
Du point de vue financier : analyse de dossier, audit, valorisation.
Du point de vue juridique : statut du dirigeant, LOI, protocole, négocations.
Intervenants : Jean-Paul Retout, Fondateur et Dirigeant des cabinets Retout/Louvois, spécialisé dans les opérations de transmissions de PME, Me Annabelle Thieffine (E92), Avocate au Barreau de Paris spécialisée en droit des affaires et contentieux, Animateur du Club ESSEC Entrepreneurs.

Après-midi (14h-17h30)
Présentation du groupe ESSEC Repreneurs

Témoignages : 2 repreneurs présentent leur parcours de reprise puis de dirigeants actionnaires de PME

Plus d’informations en cliquant ici.

Formation en bourse : où trouver les conseils indépendants pour apprendre à trader ?

Le domaine de la bourse est tel qu’il existe beaucoup d’individus qui veulent savoir comment ça marche. La bourse des valeurs immobilières est un marché où se rencontrent des personnes telles que les offreurs et aussi les demandeurs de capitaux. Ici chaque échange porte sur des titres de propriété c’est à dire des parts de capital d’une entreprise.

La formation en bourse
Vous avez décidé d’apprendre tout ce qu’il faut sur la bourse. Il existe sur le web des sites qui ont été conçus spécialement pour vous apprendre à trader. Le trader est un individu qui investit régulièrement son argent dans les marchés financiers. Il arrive des fois où ça lui rapporte beaucoup d’argent, ou encore d’autres fois où il en perd. Le trading a des conséquences immédiates. Aujourd’hui, vous aspirez à devenir un excellent trader et vous vous posez surement certaines questions, à savoir comment faire pour être un excellent trader.

Tout d’abord, ce qu’il vous faut, c’est une formation en bourse. Ce qu’il faut savoir, c’est que tout un chacun a la possibilité de trader. Cependant plus de 90 % perdent leur argent, s’ils ne connaissent pas les bases. En effet, il est recommandé d’avoir une approche globale du trading avant de commencer. Il existe des stratégies qui sont censées vous expliquer comment trouver un point d’entrée dans le marché financier. Pour apprendre la bourse, un indépendant vous donne certains tuyaux. En effet, vous pouvez vous inspirer de l’analyse technique, ou encore le risk-management et bien d’autres types de moyens qui vous permettront de vous imprégner peu à peu dans le monde de la bourse.

Le trading, un moyen de gagner de l’argent
Vous l’avez surement compris. Il faut quelques techniques pour gagner de l’argent en bourses. Le trading consiste à investir son argent dans le marché financier, et donc, soit vous gagnez en retour, soit vous perdez. Dès lors, pour devenir un excellent trader, et gagner convenablement votre vie avec le trading, laisser vous tenter par les divers conseils et formations dont les vrais traders vous imprègnent aujourd’hui. Parmi les étapes pour tout comprendre de la bourse, il y a le prix en bourse et comment le représenter.

Aussi, vous aimeriez surement savoir comment lire un graphique boursier ? Cela est possible désormais. De même toujours, parmi les conseils, il est important de savoir quel est le principe utilisé pour gagner de l’argent en bourse. De même en tant que débutant, les différentes erreurs que vous pourriez commettre ont déjà été répertoriées et cela vous permettra de prendre garde. Vous apprendrez aussi comment savoir quelle somme investir sur chaque intervention. Gagner de l’argent fait partie des objectifs et préférences des individus. Cependant, il existe un chemin à suivre en ce qui concerne le trading. Vous aussi, vous avez la possibilité de vous former rapidement, et de faire partie du cercle des traders. En tant que débutant, vous commencerez par miser de petites sommes afin de vous mettre dans le bain. Alors, commencez vite à suivre l’exemple des indépendants qui connaissent les rouages du marché financier. Vous serez rapidement conquis.

Balance commerciale

La balance commerciale est un élément de la comptabilité nationale d’un Etat qui mesure la différence entre les exportations et les importations, en valeur numéraire. Cette différence est appelée solde de la balance commerciale. Lorsque celui-ci est positif, on parle de balance commerciale excédentaire ce qui signifie que le pays exporte plus de biens et services qu’il n’en importe. A l’inverse une balance déficitaire correspond à un solde négatif.

Généralement la balance commerciale comprend les échanges de biens et services marchands qui correspondent aux matières premières, aux biens manufacturés, aux produits agricoles, aux voyages, transports, tourisme et aux prestations de sociétés de services et de conseils. La composition de la balance commerciale peut différer selon les pays. En effet, en France seuls les échanges de biens sont pris en compte, sans les services qui sont comptabilisés dans une balance des biens et services. En France, la balance commerciale fait partie de la balance courante, elle-même partie de la balance des paiements. Outre la balance commerciale, la balance courante contient la balance des services, la balance des transferts courants (dons, aides…) et la balance des revenus (salaires, dividendes, intérêts). La balance des paiements est un document comptable en partie double, donc à l’équilibre, retraçant tous les transferts de biens et services, de revenus, de capitaux et de flux financiers d’un pays avec le reste du monde.

Différents facteurs influent sur la balance commerciale
– Les taux de change de la monnaie nationale : si la valeur de la monnaie nationale ou de la zone concernée augmente par rapport à d’autres monnaies, cela signifie que les produits fabriqués vont coûter plus cher pour les étrangers. Ces derniers vont préférer consommer des biens et services d’un autre pays, relativement moins chers. Par exemple, le taux de change Euro-Dollar joue sur la décision de l’Inde d’acheter des avions Airbus ou Boeing. Les exportations vont diminuer ainsi que le solde de la balance commerciale.
– Les droits de douanes et les traités de libre échange : une zone de libre-échange élime les droits de douanes entre les pays, qui sont un frein à l’échange. Il existe 150 zones de libre-échange dans le monde dont les plus connus sont l’ALENA et L’ASEAN.
– La compétitivité des entreprises, parfois liée à la politique fiscale.
– Les délocalisations, aussi liées à la politique fiscale du pays concerné.

Quelques Chiffres
Le solde est différent selon les pays et ne correspond pas au niveau de richesse de ces Etats. La France possède une balance déficitaire depuis 2002 qui se creuse et a atteint 84.6 milliards d’euros en 2011. L’Allemagne a une balance positive à 156.9 milliards d’euros. D’autres chiffres en 2011 en milliards d’euros : Italie -24.6 ; Espagne -48.4 ; Royaume-Uni -123.2 ; Union Européenne à 27 -159.7 ; Zone Euro -10.8 ; Japon +58.2 ; USA -520.

Les points clés en discussion au sommet européen

Les négociations au sommet de Bruxelles tournent autour de plusieurs concepts clés et d’instruments financiers. Décodage.

Pacte de croissance

Le « pacte pour la croissance » qui sera validé par les Vingt-Sept promet un plan de relance à 130 milliards d’euros, soit 1% du PIB européen. Cette enveloppe additionne 60 milliards d’euros de nouveaux crédits de la Banque Européenne d’Investissement (BEI) qui financeront des projets déjà identifiés; le déblocage de 55 milliards d’euros de fonds structurels bruxellois non utilisés; 10 à 15 milliards d’euros de « project bonds » (lire ci-dessous), qui serviront à financer des réseaux transeuropéens d’infrastructure.

Union bancaire

L’Union bancaire existe déjà… dans chaque pays. En France, la Banque de France supervise l’ensemble des banques; un fonds de garantie permet de rembourser jusqu’à 100000€ chaque détenteur de compte; un système de règles pour gérer les situations de crises a été mis en place. Une Union bancaire européenne consisterait à fédérer ces trois éléments. L’organe de supervision serait unifié et pourrait être la BCE. Deux avantages: une véritable surveillance des établissements financiers transnationaux, comme Dexia; les banques ne dépendraient plus de la santé financières de leur État. Difficultés: la mutualisation financière des risques et la perte de souveraineté des États sur leurs systèmes bancaires.

Union budgétaire

Le contrôle mutuel de la discipline budgétaire des États est au cœur du « pacte budgétaire » et du « traité sur la stabilité » adopté le 2 mars 2012. Pas encore ratifié par la France, Angela Merkel voudrait en appliquer les procédures en 2012. La Commission européenne pourrait ainsi dès l’automne, et alors même que les Parlements nationaux examinent les projets de lois de Finances 2013, demander les inflexions lui paraissant nécessaires pour limiter les déficits. C’est très « intrusif», avoue-t-on à Bruxelles. Un mot nouveau pour éviter de dire que la Commission européenne empiète sur les souverainetés nationales.

Union politique

Aboutissement de l’union budgétaire, l’Union politique n’est pas encore au menu du Conseil européen; elle nécessiteraient une modification en profondeur des traités. Seule l’Allemagne a déjà couché ses idées par écrit: élection au suffrage universel du président de la Commission; transformer le Conseil Européen (réunion des chefs d’État) en chambre haute et d’accorder plus de pouvoir au parlement européen.

Eurobonds, Euro bills, Project bonds

Très attendues par la France et l’Europe du Sud, mais fermement rejetées par Berlin, les euro-obligations consisteraient à réaliser des emprunts en commun grâce à la garantie de tous les États membres de la Zone Euro, notamment de l’Allemagne. Avantage: la mutualisation du risque permettrait de faire baisser les taux espagnols ou italiens. Inconvénient: cela ferait monter les taux allemands, et français. Les « eurobills » sont des eurobonds à court terme. Les « project bonds » qui existent déjà sont un peu différents: il s’agit d’emprunts garantis par la BEI, dédiés à des projets précis, et limités dans leur montant.

Fonds de sauvetage de la zone euro (FESF et MES)

Le Fonds Européen de Stabilisation Financière (FESF) auquel succédera mi-juillet le Mécanisme Européen de Stabilité (MES) ont été crées pour voler au secours des États qui ne peuvent plus se refinancer sur les marchés. Ces deux fonds peuvent emprunter jusqu’à 750 milliards d’euros sur les marchés pour les prêter aux États en faillite. Ils peuvent aussi, sous condition, acheter de la dette souveraine sur les marchés obligataires. Mais ils ne peuvent pas recapitaliser directement les banques, s’il n’y pas de sauvetage d’État.

BCE renforcée

Sa mission est d’assurer que les liquidités mises à la disposition des économies nationales ne soient ni excessives ni insuffisantes. En pratique, elle est le pompiste des banques. À l’avenir, elle en deviendrait le garagiste: la BCE superviserait la solidité des établissements. Ce que font déjà les banques centrales nationales à leur niveau, et la Fed aux États-Unis. Elle est techniquement outillée pour cela, mieux que l’actuelle Agence européenne des banques, totalement platonique. Mais quid des établissements dont le pays n’appartient pas à la Zone Euro ?

Mécanisme Européen de Stabilité (MES)

Le Mécanisme Européen de Stabilité (MES) est une institution internationale qui permet la gestion des crises financières en Europe. Il doit remplacer en juillet 2012 de manière permanente le Fond Européen de Stabilité Financière (FESF) et le Mécanisme Européen de Stabilité Financière (MESF) qui sont des dispositifs provisoires.

Cette institution sera gérée par le conseil des gouverneurs composé des ministres des finances de la Zone Euro qui élisent un président. Il traduit la volonté politique des Etats décideurs. Un conseil d’administration, composé de hauts fonctionnaires et d’un directeur général nommé par les gouverneurs, vient compléter la direction et permet de détailler les modalités techniques.

Le MES a le même mécanisme que le FESF : il emprunte sur les marchés obligataires puis prête aux Etats en difficultés à des taux inférieurs à ceux du marché. Il peut également se financer auprès d’Etats non membres (par exemple, la Chine) ou d’institutions tierces (par exemple, le FMI).

Les pays dans le besoin envoient une demande d’octroi d’assistance au MES qui charge une commission d’établir une analyse du pays en liaison avec le FMI et la BCE. Le conseil des gouverneurs demande à la commission un protocole des réformes à mettre en place et le conseil d’administration s’occupe des aspects techniques. Des tranches d’aides seront libérées en contrepartie des réformes.

Le MES possède également d’autres outils :
– Le conseil des gouverneurs peut prêter de l’argent à un Etat membre à un prix fixé par le MES en prévention, avant le programme d’assistance. Les termes et les conditions sont signés par le directeur général.
– Il peut intervenir sur le marché primaire : le conseil des gouverneurs peut acheter des obligations d’un Etat membre afin de faire baisser les taux et de redonner confiance aux investisseurs.

Le dispositif a un capital total de 700 milliards d’euros : 620 milliards de capital garanti et 80 milliards de capital libéré, effectivement versé. Pour remplir le capital initial, les pays membres vont verser cinq tranches annuelles de 20%, soit 3.26 milliards d’euros pour la France pendant cinq ans sur les 147 milliards qu’elle garantit.

Le conseil des gouverneurs doit établir un fond de réserve dans lequel seront versés les revenus net générés par le MES (s’il emprunte à 3% et prête à 5% il retire un gain qui sera placé dans ce fond). Cet argent peut être investit par le directeur général de manière « prudente ». Les revenus viennent remplir les fonds de réserve et autres fonds et permettent de couvrir les coûts d’exploitation. Les gains du MES retournent aux pays membres si le fonds de réserve est rempli et que le niveau de capital libéré est suffisant.

En cas de défaut de paiement d’un pays, le MES va prélever dans l’ordre au fonds de réserve, au capital libéré, au capital non libéré des Etats membres.

Le MES va prendre le relais du FESF, les nouveaux plans d’aide seront octroyés par le MES ; les anciens seront soit poursuivis par le FESF, soit repris par le MES. Le MES peut reprendre les engagements du FESF pour les actions non décaissées, acquérir les droits et assurer les obligations du FESF. C’est le conseil des gouverneurs qui décide des modalités de transfert du soutien du FESF au MES. Une fois les capitaux prêtés pars le FESF remboursés, ce dernier devra disparaître laissant la seule place au MES.

Institution et marché

Les différentes crises économiques ont mis à rude épreuve les institutions et certains économistes les considèrent comme néfastes pour l’économie de marché. Par exemple, elles ne permettent pas d’acheter au prix optimal les biens ou services (taxe, cotisation). Néanmoins, elles assurent d’autre part une certaine stabilité des revenus (minimas sociaux, lutte contre l’inflation) ce qui permet aux marchés de ne pas connaître des périodes de profonde récession, enfin tout du moins de les limiter: les institutions permettent donc une meilleure allocation des ressources.

Economie de marché
Lieu d’échange entre les différents agents économiques. Exemple : marché du travail, marché des Biens et Services.

Institutions
Ensemble de normes et de valeurs communément admises par un groupe d’individu dans une société donnée. Exemple : Etat, famille.
Syndicat, famille et mondialisation : les moteurs des institutions.

Depuis « La richesse des nations » d’Adam Smith (1776), nous avons assisté à un fort développement des institutions tout en ayant une croissance forte. La fin du 19ème siècle est, par exemple, marquée par la création du syndicat qui est une institution favorisant la communication entre les agents économiques. Elle a favorisée le marché mais avant tout les individus qui travaillaient dans les entreprises (sentiment de confiance) et a donc apportée une ressource morale. Durant les 30 glorieuses, le développement de l’Etat providence grâce à une croissance forte (5% de moyenne) a permis le développement de liberté individuelle, une hausse régulière des revenus, une augmentation des congés payés,…

Ensuite, la famille joue un rôle important dans l’économie de marché car les individus utilisent le contexte social pour optimiser leur choix. Par exemple, durant la 1ère révolution industrielle, nous avons assisté à la création de ville usine afin que les salariés puissent venir vivre avec leur famille. Ces villes-usines étaient dans le but d’une optimisation de la satisfaction des salariés afin d’augmenter la productivité du salarié dans le but d’éviter les déprimes à cause de l’éloignement familial. Enfin, l’intégration économique et sociale entre les différents pays a permis la création d’institution mondiale. Cette mondialisation favorise une allocation optimale des ressources au niveau mondial c’est-à-dire une meilleure allocation des facteurs de production. Par exemple, une entreprise peut aujourd’hui produire en Chine tout en gardant son siège en France.

Théories
La théorie néo-classique admet que même en situation de concurrence pure et parfaite, le marché à trois défaillances : les biens & services publics, les externalités et les monopoles naturels. En cas de défaillance, la mise en place d’institution est nécessaire car si un pays n’a, par exemple, pas de protection (police, armée), les habitants ne se sentiraient pas en sureté et donc cela pourraient avoir un impact sur leur travail et sur leur ressource (payer un garde du corps, baisse de productivité,…).

David Ricardo et Jean-Baptiste Say considèrent les institutions, dans ce cadre, indispensable afin que le marché soit en situation optimale et donc que le bien être des individus soit maximalisé. Cette institutionnalisation du marché doit être accompagnée par des politiques structurelles permettant de modifier le marché afin d’améliorer toujours plus l’optimalité du marché. Il est néanmoins important de souligner que les néo-classiques ne sont pas partisans de politique de relance mais d’un Etat gendarme au service de l’économie de marché. Hayek rompt avec l’idée néo-classique en considérant que le marché s’autorégule mais surtout s’auto institutionnalise c’est-à-dire que le marché créé lui-même les institutions dont il a besoin. Par exemple, le marché choisit sa monnaie par élimination et conserve la monnaie qui est acceptée par tous (exemple argent et or au 19ème siècle).

L’historien Karl Polanyi a remis en cause l’idée que le marché est facteur d’institution. Pour lui, les individus se coordonnent de trois manières différentes : marché, redistribution et réciprocité. Son étude montre que ce n’est pas la coordination par le marché qui prévaut mais plutôt les deux autres : les institutions sont donc facteur de bien-être et d’optimisation.

Rôle de l’Etat
L’Etat est aujourd’hui une entité omniprésente dans nos économies et s’oppose à la fragilité d’ancienne institution (ex : mariage). Le développement des revenus sociaux ont permis aux individus de mieux subvenir à leurs besoins avec notamment le SMIC qui offre une garantie tout en augmentant la rigidité sur le marché du travail. L’Etat prend donc de nombreuses mesures (RSA, injection de liquidité,…) pour maintenir un équilibre stable lorsque le marché est en perte de vitesse. Cette création de revenu permet aussi aux marchés de fonctionner car elle assure aux employeurs une garantie de demande minimale mais nous en sommes en droit de nous demander si alloue de manière optimale les ressources ?

En effet, l’Etat a toujours eu du mal à contenir ses dépenses et n’a jamais réussi à raisonner en dynamique c’est-à-dire offrir moins en période d’expansion et plus en période de crise. Cette idée semble aujourd’hui indispensable pour l’avenir de l’Etat au vue des dettes des pays de l’OCDE, tous les gouvernements ont du faire des sacrifices qui pèsent sur la population (ex : Grèce) et sur l’allocation des ressources. L’autre combat de l’Etat, en France, est la recherche et développement. La France est aujourd’hui en retard sur ses concurrents européens notamment en ce qui concerne la R&D privée qui ne représente que 1.2% du PIB et cela fait qu’aujourd’hui la France souffre d’un problème de sous compétitivité.

Keynes et le marché
Les théories keynésiennes ont démontré que le marché pouvait fonctionner sous réserve d’institutions fortes. En effet, les néo-keynésiens remettent en cause l’atomicité, la transparence et l’homogénéité des marchés. Selon eux, les entreprises ont un impact sur le marché et peuvent influencer les choix des consommateurs. Keynes démontre que les politiques budgétaires sont facteur de satisfaction économique et sociale.

En effet, il part de l’hypothèse que les individus aient besoin du travail pour être satisfait et en faisant, par exemple, une politique de grands travaux on diminue le chômage et augmente la consommation des ménages. Ensuite, les néo-keynésiens ont mis à jour des situations où le marché ne pouvait pas être efficient et optimal pour allouer correctement les ressources. George Akerlof (1970) et son célèbre marché des citrons, montra les effets d’asymétrie de l’information sur le marché des voitures d’occasion. Dans ce cadre, l’Etat doit instaurer pour éviter que le marché ne disparaisse ou tout simplement que la mauvaise voiture soit toujours sélectionnée. Les asymétries d’informations seront reprises dans d’autres théories : aléa moral, théorie des contrats implicites,…

En conclusion, cette analyse met en avant les relations qui existent entre le marché et les institutions. Elle fait appel aussi bien à des exemples qu’à la théorie dans le but de comprendre comment la mise en place d’institution a permis une amélioration de notre satisfaction et parfois une meilleure allocation des ressources. Le rôle des institutions est aujourd’hui indispensable au bon fonctionnement de l’économie (quoiqu’en pense les classiques) et il est intéressant de voir qu’historiquement l’économie de marché n’a jamais dominé. En effet, les institutions résistent aujourd’hui à l’idée de « l’homo economicus » qui définit l’Homme comme une personne égoïste ne recherchant que son propre profit.

Maxime Rousseff

Fonds Européen de Stabilité Financière (FESF)

Le FESF est un instrument intergouvernemental, sous la forme d’une société anonyme basée au Luxembourg, qui a pour but d’aider les Etats en difficulté. Il est géré par Klaus Regling, économiste allemand, et par les représentants des dix-sept pays de la Zone Euro. Ce fonds de secours européen a été créé le 9 mai 2010 et est opérationnel depuis le 4 août 2010. Il est temporaire et devrait être dissous en 2013 ou disparaître lorsque les prêts seront remboursés. Le Mécanisme Européen de Stabilité (MES) doit prendre le relais en juillet 2012.

L’objectif de cet instrument est d’apporter une assistance financière à un Etat en difficulté lorsque la stabilité de l’ensemble de la Zone Euro est en danger. Cette assistance se fait en contrepartie de réformes structurelles dans le pays concerné. La capacité actuelle d’intervention est de 440 milliards d’eurosµ. Néanmoins, il faut que 165% des encours soit garanti (over-guarantee) par les Etats de la zone euro, ce qui représente 726 milliards d’euro. Ce capital garanti est utilisé en cas de défaut de paiement, si un pays ne peut plus rembourser le FESF, alors les Etats, garants, le feront à sa place.

Mécanisme
Un Etat en difficulté envoie une requête pour assistance au FESF. Celui-ci analyse, avec la Banque Centrale Européenne (BCE) et le Fonds Monétaire International (FMI), l’état du pays et les réformes à y mener. Cette commission écrit un rapport (Mémorandum de Compréhension) afin de définir le calendrier des réformes à mener, il décide également du montant de l’aide. L’Eurogroupe découpe l’aide en tranches et décidera à l’unanimité, au moment venu, du versement ou non d’une tranche en fonction des efforts réalisés.

Le FESF emprunte ensuite des fonds sur les marchés financiers par le biais d’une émission obligataire à un taux faible grâce à la confiance que les investisseurs lui prêtent. Il prête ensuite, tout ou partie de la somme empruntée, à l’Etat dans le besoin à un taux supérieur, pour se couvrir du risque, mais toujours inférieur aux taux du marché pour ce pays. Le FESF sera ensuite remboursé par cet Etat et pourra lui-même rembourser ses créanciers.

Autres outils
Le FESF possède d’autres moyens pour augmenter ses capacités d’action et aider les pays en difficultés.

– L’intervention sur le marché obligataire primaire et secondaire du pays
Il peut acheter jusqu’à 50 % du total des obligations proposées sur le marché primaire, cela évite les « échecs des enchères » et donc la hausse des taux d’emprunt. Il peut également intervenir sur le marché secondaire, ce qui va rassurer les investisseurs et donc baisser les taux.

– L’assistance pour la recapitalisation
Le FESF va pouvoir emprunter sur le marché à des taux plus faibles que les Etats pour les aider à recapitaliser notamment le système bancaire.

Le programme de précaution permet l’ouverture de ligne de crédit d’un montant de 2 à 10 % du PIB d’un Etat. Les pays « sains » peuvent donc se prémunir des risques.

Les amplificateurs (effets de levier) permettent de rassurer les investisseurs en assurant jusqu’à 10% des investissements dans un pays, ou de créer des fonds spéciaux SPV (Special Purpose Vehicule). Ces derniers sont des « mini-FESF » garantis par des institutions publiques ou privées, permettant de faire de nouveaux emprunts sur les marchés.

Ces différents outils permettent une capacité effective de financement de 1000 milliards d’euros.

Programmes en cours
L’Irlande, le Portugal et la Grèce sont les trois pays bénéficiant du FESF. La recapitalisation des banques en Espagne devrait également se faire par cet instrument.
L’Irlande a été la première à demander de l’aide en novembre 2010, ce qui a entraîné la levée de 85 milliards d’euros jusqu’en 2013 dont 8 milliards par le FESF. 5 milliards à cinq ans ont été empruntés le 25 janvier 2011 puis prêtés à 5.9 %, et 3 milliards à dix ans ont été empruntés le 7 novembre.

Le Portugal a bénéficié d’aides à hauteur de 78 milliards d’euros au printemps 2011 dont 26 milliards du FESF. La Grèce a ensuite demandé l’aide internationale.

Au total, en juin 2012, 12 milliards d’euros ont été distribués à l’Irlande et 5.7 milliards supplémentaires sont prévus, le Portugal a reçu 14.8 milliards et en attend 11.2. La Grèce a perçu 38.4 milliards d’euros et 70.7 sont prévus.

Modèle d’Évaluation des Actifs Financiers (MEDAF)

Le Modèle d’Évaluation des Actifs Financiers (MEDAF), traduction anglaise du Capital Asset Pricing Model (CAPM), permet d’estimer le rendement d’un actif. Le CAPM a été développé par Jack Treynor, William Sharpe, John Linter et Jan Mossin dans les années 70 et prolonge la théorie de gestion de portefeuille notamment sur la notion de diversification et sur la notion d’efficience. Ce modèle est aujourd’hui encore utilisé en salle de marché, même si de nombreux théoriciens restent sceptiques sur son utilisation et sur sa fiabilité.

Le MEDAF estime les rendements d’un actif financier avec le taux sans risque (noté Rf, qui est généralement une obligation d’état assimilée à un actif sans risque versant un coupon aussi sans risque), le beta du marché (noté β, rapport entre la covariance de l’actif avec le rendement du marché et la variance du marché), le rendement du marché (noté Rm, qui correspond à la rentabilité du portefeuille de marché). Ce modèle offre donc une valeur théorique de nos rendements et nous permet un arbitrage sur les marchés.

– Si le rendement estimé de l’actif est supérieur au MEDAF alors l’actif est sur évalué. Dans ce cadre, l’ajout de cet actif à notre panier d’actifs augmenterait la variance du portefeuille et donc notre portefeuille ne serait plus efficient c’est-à-dire que pour une espérance de rendement donné, il existe un portefeuille dont la variance sera inférieure.
– Si le rendement estimé de l’actif est inférieur au MEDAF alors l’actif est sous-évalué. Dans ce cadre, l’ajout de cet actif à notre panier d’actifs diminuerait la variance de notre portefeuille et donc améliorait l’efficience de notre portefeuille.

Historiquement, le MEDAF est un bon indicateur et les tests empiriques le prouvent. Néanmoins, le MEDAF a du mal à estimer les rentabilités historiques moyennes de titres et l’hypothèse que tout les actifs doivent être sur la Security Market Line pose de nombreuses difficultés.

Le MEDAF fait défaut dans principalement trois cas de gestion de portefeuille : les portefeuilles small-minus-big (SMB), les portefeuilles high-minus-low (HML) et les momentum. Ces styles de portefeuille ne peuvent pas être estimé par le MEDAF classique et nécessitent un modèle du type Fama-French-Carhart à trois facteurs, qui prend en compte les différents styles de portefeuille.

En conclusion, le MEDAF est un modèle mono factoriel qui pose certes des problèmes pour modéliser le risque systémique mais qui reste valide en première approximation. Ce modèle a permis de développer les théories de la gestion de portefeuille : alpha de Jensen, ratio de Sharpe, ratio de Treynor.

Maxime Rousseff

Forex

Le Forex, contraction de Foreign Exchange, est le marché sur lequel les devises sont échangées les unes contre les autres. Ce marché est ouvert 24 heures sur 24 du lundi au vendredi grâce aux relais des places boursières dans le monde (Sydney, Tokyo, Londres, New-York…) ayant différents fuseaux horaires. Selon le rapport triennal de la Banque des Règlements Internationaux (BRI) de 2011, 36.7 % des échanges sont réalisés à Londres et 17.9 % à New-York, soit plus de la moitié des 3981 milliards de dollars qui transitent chaque jour dans le Monde. Le Forex est le deuxième marché financier de la planète en termes de volume global, derrière celui des taux d’intérêt.

Il existe deux types de cotation : directe et secondaire. La cotation directe signifie qu’il y a une cotation entre les deux monnaies. C’est le cas des huit principales devises qui sont toutes cotées les unes avec les autres. La cotation secondaire signifie qu’une devise est liée avec une des principales devises, mais ne peut être échangée directement avec une autre devise secondaire. Ce type d’échange reste minoritaire, 89 % des échanges incluent le dollar, 37 % l’euro et 20 % le yen (le total est de 200 % car chaque transaction implique deux devises).

Le marché Forex a trois principaux objectifs qui sont la couverture, la spéculation et l’arbitrage.

La couverture (hedging) consiste à prendre des positions inverses pour se couvrir des risques. Les entreprises utilisent cet outil lors d’une transaction à l’international avec paiement différé pour se couvrir des risques de changes. Pour cela elles achètent des devises nationales ou étrangères selon le mode de règlement.

La spéculation est le deuxième objectif d’un intervenant sur le marché (cambiste). Ce dernier anticipe les fluctuations d’une devise à la hausse ou à la baisse grâce à différentes informations comme les indicateurs économiques. L’analyse technique est également utilisée sur ce marché et l’effet de levier très important permet une forte spéculation.

Enfin, l’arbitrage permet de tirer parti des décalages ponctuels de cours sur un même support. Seules les grandes institutions peuvent y avoir recours car il faut investir des sommes importantes et disposer d’outils puissants pour détecter ces opportunités d’arbitrage et effectuer un bénéfice non-négligeable. Cela contribue à l’efficience internationale des marchés, dont le Forex est reconnu pour cette qualité.

Le marché Forex existe sous sa forme actuelle depuis l’abandon du régime de change fixe en 1973. En effet, les devises peuvent suivre différents régimes de change allant du change fixe au change flottant. Les principales devises mondiales, comme le Dollar, l’Euro, la Livre Sterling ou encore le Franc Suisse, suivent un régime de change flottant ce qui signifie que leur valeur s’apprécie ou se déprécie en fonction de l’offre et de la demande de cette devise sur le Forex. En revanche, d’autres devises suivent un régime de change fixe par rapport à une autre devise de référence, généralement le Dollar ou l’Euro. La valeur de cette devise ne varie donc pas par la confrontation de l’offre et de la demande mais par une décision des autorités monétaires (généralement une banque centrale) de la dévaluer ou de la réévaluer. Cela permet à ces pays de contrôler leur monnaie qui pourrait subir de fortes fluctuations et des attaques spéculatives en cas de change flottants.

D’autres systèmes existent comme l’abandon de sa propre devise ou profit d’une autre (dollarisation, Zone Euro) ou encore les systèmes de change semi-flottants ou liés. La Chine est dans cette situation depuis 2005, le cours du Yuan varie quotidiennement dans une marge qui ne peut excéder 0.3 % autour d’un cours pivot défini par la banque centrale (serpent monétaire). Cette dernière peut décider de modifier la valeur de sa monnaie si elle le souhaite, comme elle l’a fait en 2010 de 1,5%.