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Sur Boursorama.com ou NewsManagers.com, on pouvait lire un article fort troublant, intitulé: « Bientôt, la revanche du chartisme !»  (Par Didier Laurens). En voici le contenu:

Pour Antoine Billot, professeur de sciences économiques à l’Université de Paris II et membre honoraire de l’Institut Universitaire de France, la crise va favoriser le renouveau du chartisme, même si cette discipline doit encore trouver son langage théorique. Comme Antoine Billot, Thami Kabbaj, thésard et auteur d’un livre sur la psychologie des traders (Editions Eyrolles), considère que la revanche du chartisme passe aussi par la reconnaissance du monde académique.

- Newsmanagers.com : Pourquoi le chartisme est-il tant décrié ?
Antoine Billot / Thami Kabbaj : Le chartisme – l’analyse technique financière popularisée en Occident par Charles Dow, le créateur du Wall Street Journal – a fait l’objet d’une véritable campagne de démolition systématique à partir des années 60. Au mieux l’assimilait-on alors à une approche financière de la voyance (une boule de cristal en guise de modèle), au pire à une conception nocive autant qu’archaïque des marchés financiers ; on traitait les chartistes de noise traders et – défaut suprême – on considérait l’analyse technique comme moins noble que l’analyse fondamentale en ceci que, d’essence empirique, elle n’était pas parée des atours rassurants et abscons de la science. C’est ainsi que, malgré sa relative jeunesse, l’analyse fondamentale a très vite réussi à s’imposer auprès du monde académique puis, par contagion, à convertir ceux des jeunes traders qui, de par leur formation, étaient a priori plus sensibles au charme élitiste d’une équation mathématique qu’à celui, apparemment plébéien, d’une analyse empirico-statistique.

- Le chartisme a-t-il, malgré tout, conservé sa place dans l’univers de la gestion d’actifs ?
AB/TK : Au terme de cette campagne de dénigrement, force est de constater que l’aura du chartisme n’a pas diminué auprès du grand public, ni d’ailleurs auprès des professionnels les plus méfiants, c’est-à-dire les plus roués aux caprices des marchés. Bien au contraire. Ainsi, des gérants aussi renommés que Steve Alan Cohen, Bruce Kovner ou Paul Tudor Jones, qui opèrent sur les marchés depuis plusieurs décennies et affichent régulièrement des performances très élevées, restent des partisans affichés de l’analyse technique.

- Pourquoi le chartisme conserve-t-il cette « popularité »  ?
AB/ TK : Les raisons de la résistance du chartisme sont multiples. D’abord, l’analyse fondamentale est comme un « torchon sur un télescope»  quand il s’agit de prévoir une crise majeure (bulle spéculative, krach…) : en mars 2000, 99 % des analystes de Wall Street étaient résolument acheteurs ; plus récemment encore, en dehors de quelques très rares exceptions comme Nouriel Roubini, aucun fondamentaliste « intégriste»  ne parvenait à anticiper les conséquences de la crise des subprimes. Ensuite, les scandales qui ont émaillé la vie financière de ces dernières années (Enron, Parmalat, WorldCom, EADS, etc.) démontrent à l’évidence l’effet éminemment pervers des asymétries informationnelles que les fondamentalistes nient par aveuglement théorique ou par idéologie. Enfin, certains économistes, comme Cheol-Ho Park ou Scott H. Irwin, font état de ce que sur 92 analyses récentes fondées sur l’analyse technique, 58 publient des résultats positifs et seulement 24 études des résultats négatifs. De même, de nombreux sondages réalisés auprès des professionnels démontrent que pour une grande majorité d’opérateurs, l’analyse technique s’affirme comme la méthode la plus efficace afin d’anticiper les cours boursiers à court terme autant qu’à moyen terme. En outre, dès 1983, des économistes comme Meese et Rogoff révélaient que les modèles macroéconomiques classiques prévoyaient moins bien l’évolution des taux de change, malgré la sophistication des techniques statistiques employées, que les modèles naïfs fondés sur de simples moyennes mobiles.

- Pourquoi le succès du chartisme est-il, malgré tout, limité ?
AB/TK : Malgré son succès avéré donc auprès des opérateurs financiers, le chartisme n’a pas encore réussi à acquérir de véritable légitimité au-delà d’un certain cercle. C’est que la revanche du chartisme ne peut passer que par la reconnaissance du monde académique. Et les nombreux éléments empiriques et théoriques cités plus haut ne parviennent pas pour l’instant à le convaincre tout à fait — en raison sans doute d’une méconnaissance de cette approche plutôt que d’une réticence argumentée à son endroit. Même si, ces dernières années, plusieurs recherches ont été menées qui prouvent la réelle efficacité de l’analyse technique — Carol Osler, économiste à la Réserve fédérale américaine, ou Andrew Lo, responsable du département ingénierie financière du MIT, ont ainsi montré (séparément) qu’il était possible d’anticiper correctement les mouvements à court terme grâce à l’analyse technique — le chartisme doit encore inventer son langage théorique, celui avec lequel il s’adressera au monde académique pour le convaincre.

- Comment améliorer la scienticité du chartisme ?
AB/TK : Plusieurs pistes sont actuellement suivies par les théoriciens qui défrichent le sujet. D’abord, l’analyse technique a depuis longtemps pris la mesure de l’importance de la psychologie dans la détermination des cours boursiers et cela, bien avant les travaux effectués par les comportementalistes — lesquels insistent désormais sur l’importance des biais psychologiques dans l’explication des anomalies boursières, sans toutefois en tirer de conclusions particulières. L’analyse technique, qui repose avant tout sur l’existence de comportements récurrents chez les opérateurs, produit déjà, quant à elle, des figures chartistes, c’est-à-dire en réalité des modèles graphiques aptes à décrire certaines des nuances les plus fines de la psychologie des intervenants.

- Y-a-t-il d’autres pistes ?
AB/TK : Ensuite, une deuxième piste semble particulièrement prometteuse : celle reposant sur la Case Based Decision Theory. Selon cette théorie récente, la prise de décision en situation d’incertitude est essentiellement fondée sur l’expérience accumulée au sein de la mémoire des décisions passées. Et contrairement à l’analyse fondamentale qui est « rule-based»  plutôt que « case-based» , l’analyse technique requiert précisément, afin de prédire l’avenir, de repérer les récurrences dans la séquence des données passées.

Lorsque la lecture de cette article/interview prend fin, de nombreuses questions restent en suspens: nous allons donc les poser et tenter d’y répondre, pour chacune des questions.

Pourquoi le chartisme est-il tant décrié ?
Prenez un feuille Excel, tracez une variable aléatoire sur 400 lignes par exemple. Programmez une moyenne mobile à 20, 50 et 100 jours. Que remarquez vous ? Que les propriétés statistiques de cette série temporelle sont identiques aux propriétés statistiques de l’Analyse Technique. Évidement, qui dit propriétés statistiques parle de « charme élitiste»  de formules mathématiques. Mais ce qui ressort de cet exemple simple, c’est que le pouvoir explicatif de cette analyse « empirico-statistique»  est nul car rien n’explique les variations d’une variable aléatoire (puisque aléatoire), pourtant, l’Analyse Technique prétend pouvoir l’expliquer. C’est une première absurdité puisque, même si la controverse peut exister à considérer les variations d’un actif ou d’un panier d’actifs comme une variable aléatoire, prétendre expliquer ou prévoir des variation qui par définition n’ont pas d’explication relève de la pure chimère, d’une approche financiaro-statistique de la voyance. Bien que l’analyse technique se rapproche plus de l’analyse des comportements plutôt que de l’explication des variations d’une donnée financière, même en cela son pouvoir explicatif est biaisé, puisque ces comportements (rationnels ou non) sont mieux expliqué par une approche psychologique que par une approche qui tente d’expliquer l’inexplicable.

Le chartisme a-t-il, malgré tout, conservé sa place dans l’univers de la gestion d’actifs ?
Cette croyance, tout comme la voyance, n’échappe pas au phénomène de son auto-réalisation: plus on y croit et on dit que cela marche, et plus le fait que toute la masse y croit fait de cette croyance une réalisation concrète conforme aux prévisions (prédictions de la voyante). Donc, être fier de la victoire d’une maladie sur une grande masse des participants au marché parait relativement douteuse du fait que si ces croyances n’avaient pas été véhiculés par une (des)information soutenue, elles n’auraient jamais existé, contrairement aux fondements financiers et économiques qui de toute évidence expliquent plus de variance que n’importe quel indicateur technique (même réunis).

Pourquoi le chartisme conserve-t-il cette « popularité »  ?
Mais de quoi parle-t-on ? Si ces chartistes qui sont si nombreux et si éclairés étaient des visionnaires avertis, pourquoi n’ont-ils pas tous annoncé au monde leurs prévisions? Pour la simple et bonne raison que la plupart étaient fausses ! Par contre, de nombreux économistes disaient vrai. Par exemple, certains économistes du NBER (National Bureau of Economic Research) avaient averti une année avant le début de la crise des subprimes qu’une hausse virulente des prix du pétrole étaient toujours suivie d’une violente récession. D’autres, outre Nouriel Rubini qui n’est pas le seul contrairement à ce que l’on peut croire, ont tous prédit avec plus ou moins d’avance les conséquences et/ou les remèdes de cette crise. D’autres encore avaient prévenu à mainte reprise le Trésor et la Fed américaine de l’instabilité économique qu’avaient fait naitre ces crédits hypothécaires financiarisés. La négation des annonces de ces économistes n’est pas de la faute des chartistes, ils ne sont responsables d’aucun des maux ; elle profite plutôt aux gouvernements qui savaient mais qui voulaient, à tort ou à raison, maintenir une certaine confiance ambiante (afin de ne pas aggraver la crise peut-être) qui n’a pas tenue bien longtemps. Quoi qu’il en soit, depuis 1983, les sciences économiques, théoriques et empiriques, ont fondamentalement changées. Depuis les théories de Rogoff, l’économie en général s’est transfigurée. Est-ce que cela ne doit-être qu’au détriment de la théorie économique « Ã©litiste»  ? Bien sur que non. Depuis 1983, l’analyse technique a aussi évoluée, avec de nouveaux indicateurs et de nouveaux gourous. Est-ce que ce développement s’est pour autant effectué au détriment des théories économiques ? Bien sur que non. Pour répondre clairement à la question, l’Analyse Technique n’a pas gagnée une once de popularité en milieu universitaire (et c’est tant mieux). En effet, les théoriciens se refusent à l’enseigner, laissant cette corvée à quelques statisticiens qui composent certains de leurs exercices de licence en vue de faire travailler les élèves à améliorer leur manipulation des multiplications et des divisions (et de la voyance ?). Bref, cette matière, qui n’en est pas (puisque qu’il s’agit d’une application statistique plutôt que d’une théorie économie et/ou financière), a de grand jours devant elle, mais pas à l’université ou dans les grandes écoles. La popularité viens de quelques illuminés qui gagnent en appliquant ces techniques (pour 10000 fois plus d’illuminés qui s’éteignent (perdent) en faisant pareil mais qui se taisent, sans doute par honte de parler…). A ce rythme, cela ne peut que devenir de plus en plus populaire: autant en économie, une erreur de prévision trouve une explication théorique qui pointe du doigt les défaillances de la précédente, autant dans la pratique de la voyance, on ne pointe du doigt que les succès, alors que les échecs sont bien plus nombreux et n’ont pas d’explication par cette même théorie si ce n’est la sortie d’un nouvel indicateur confirmant ou infirmant les erreurs passées qui ne sont toutefois presque jamais médiatisés (parce que inexplicables ?).

- Pourquoi le succès du chartisme est-il, malgré tout, limité ?
Même si certains théoriciens ont montré qu’une discipline purement statistique pouvait servir les opérateurs financiers à des fin prévisionnelles à court terme, la finance (tout comme l’économie) ne doit pas être un disciple du court termisme. Et si la finance ne se voit qu’à court terme, alors elle cours à sa perte. Par ailleurs, aucun économiste ne considère l’économie à court terme, alors pourquoi la finance me direz vous ? Peut-être à cause de l’analyse chartiste, surement à cause de l’appât du gain rapide. Mais ce qui est certain, c’est que le développement du chartisme ne peut être que limité pour les raisons cités précédemment. Du simple fait qu’elle n’est pas enseigné dans les haut lieux de recherche, elle ne peut se développer plus structurellement et rigoureusement (revues à comité de lecture par exemple). Et c’est tant mieux ! En effet, pourquoi créer une revue à comité de lecture pour une matière qui parait scientifique mais qui ne propose que des contradictions fonctions de celui qui regarde le graphique ? La recherche fondamentale, ce n’est pas ça, et espérons que cela ne le devienne jamais.

- Comment améliorer la scienticité du chartisme ?
Dernière question, comme pour remédier à la précédente réponse, le remède se trouve ailleurs, dans l’au delà, où dieu nous expliquera nos erreurs de voyance. Trêve de plaisanterie: la scienticité du chartisme ne peut être améliorée que par une véritable trouvaille admise par tous et vérifiée au moins théoriquement et au mieux empiriquement (ou l’inverse selon vos sensibilités épistémologiques). Mais tout cela est loin d’être le cas. Peut-être que cela commence par une interprétation plus rigoureuses, d’autres diront (beaucoup parmi les 10000 illuminés qui brillent moins) que cela commence par une amélioration des résultats, mais tous s’accorderont à dire que les réponses aux variations boursières se trouvent plus à l’échelle macro/micro économique qu’à la lecture d’un graphe.

Une vidéo très bien faite sur l’inflation, qui explique les phénomènes de base et les appréhensions historiques.

L'inflation expliquée à ma fille...

Il faut trouver un moyen d’inciter les meilleurs chercheurs, français ou non, à s’établir en France tout en donnant l’opportunité aux nouveaux entrants de devenir de bons chercheurs de niveau international. Sauf que l’un ne va pas sans l’autre : sans l’apport des meilleurs chercheurs, les nouveaux entrants ne peuvent s’épanouir car le contact et la proximité jouent un rôle fondamental dans la recherche. Une publication dans une revue internationale nécessite des années de préparation, et de multiples rencontres, et si les meilleurs ne sont pas à proximité des nouveaux entrants ou des chercheurs moins productifs (mais pas forcement moins intelligents), soit l’une des deux parties se déplace (en général, départ pour les USA, l’Angleterre ou le Canada), soit la recherche tombe dans les oubliettes ou dans le meilleur des cas se fragmente en petites publications dans des revues insignifiantes.

En somme, il faut valoriser la recherche tant par une incitation salariale (est-ce normal qu’un chercheur français soit moins bien payé qu’un chercheur américain ou anglais alors que l’on souhaite être meilleur qu’eux ?) que par une incitation académique (titres, responsabilités académiques, encadrement de séminaires). Pour rivaliser avec les autres pays, il faut non seulement s’en inspirer mais surtout faire mieux qu’eux : il faut donc payer les chercheurs autant ou plus que ce qu’ils gagneraient à l’étranger et les faire monter de grade académique (et donc de salaire) uniquement en fonction de leurs contributions scientifiques (évaluation par des chercheurs du même domaine de recherche) et/ou de leur qualité d’enseignement (évaluation par les élèves).

Beaucoup de chercheurs dans des domaines plus scientifiques, sont d’anciens ingénieurs. Question : comment inciter nos têtes pensantes, nos « élites », à s’investir dans la recherche (3 années d’études supplémentaires, au minimum, et un salaire d’entrée mensuel de 1700 euros net à l’université) alors qu’à la sortie de leur école d’ingénieur, les meilleurs sont foncièrement incités à entrer dans le marché du travail (et commencent en moyenne à 2400 euros net par mois alors qu’ils peuvent être d’excellents chercheurs) ?

Il n’y a pas de crises de vocations, il y’a surtout un problème d’incitation. C’est d’ailleurs aussi valable en sens inverse : pourquoi les universités américaines sont-elle les meilleures ? Cf. ci avant concernant la rémunération des enseignants, mais pas seulement : le coût d’entrée à l’université américaine est dissuasif et permet, en plus de financer l’université, évidemment, de faire prendre conscience à l’étudiant qu’il DOIT réussir, sinon ce sont par exemple 30000 euros fichu à la poubelle. De plus, ce processus, en plus d’être rémunérateur, permet aussi et surtout d’être discriminant car les mauvais ne vont pas s’investir dans les études alors qu’actuellement, à l’université, tant en licence qu’en master, les mauvais sont nombreux… a cause de la quasi gratuité de l’université française.

Cela dit, des systèmes de bourse envers les élèves les plus modestes mais les plus prometteurs (et uniquement eux) serait mis en place en parallèle afin de donner sa chance aux plus démunis mais aux plus intelligents. Ce système permet aussi aux plus mauvais qui ont les moyens de payer leur scolarité de réfléchir à deux fois avant de s’investir tant scolairement que pécuniairement dans une scolarité universitaire où la présence devra, à terme, être rendue OBLIGATOIRE à tous les cours et TD.

En effet, quel intérêt à l’Etat ou le contribuable à financer des enseignants, bon ou mauvais, pour donner des cours à 60% des élèves : c’est tout de même 40% de pertes mutuelles car tant le contribuable (qui participe à une part du financement de l’Etat) et l’Etat (qui subventionne et reparti les aides publiques) sont perdant si des mesures ne sont pas prises. Enfin, il est clair que si l’étudiant paie plus cher sa scolarité, il viendra assister au cours…

Concernant la qualité des enseignants en tant qu’enseignant, en plus de les valoriser par la recherche, il faut valoriser les meilleurs enseignants pour leurs qualités pédagogiques car c’est aussi l’objectif d’une (bonne) université : l’enseignement des savoirs. Un mécanisme d’évaluation régulier par tous les étudiants (donc obligatoire) doit être mis en place.

Concernant les mécanismes de financement, le rôle de l’Etat doit certes continuer via un mécanisme de subventions régulières et constantes et par un mécanisme de prime à la recherche : les universités qui publient le plus (avec une pondération en fonction de la qualité des revues académiques) recevront des subventions-primes que d’autres qui ne publient pas ou peu ne recevront pas. Un part fixe (pour le service public) et une part variable (pour la recherche). Avec l’autonomie des universités, cela permettrait d’ailleurs d’allouer ces primes aux chercheurs qui publient beaucoup et/ou dans de grandes revues (ce qui incite les meilleurs chercheurs à venir en France) ou de réserver cet argent à l’investissement (recrutement de professeurs, achat de matériel spécifique etc…).

Toujours concernant les financements, le rôle du privée ne doit pas être négligé et doit être encouragé par l’Etat (défiscalisations spécifiques pour la recherche ?) et par les universités. L’indépendance de ces dernières lui laisse le choix des mécanismes, mais l’Etat doit évidemment inciter l’investissement (régulier) des entreprises dans l’université et les jeunes de demain.

Concernant la réforme, il ne faut surtout pas cantonner un enseignant chercheur vers l’un ou l’autre car il doit faire les deux : enseigner et chercher. Limiter ses heures de cours à un certain quota doit lui permettre de chercher, et avec ces mesures incitatives citées plus haut, ce sera le cas, contrairement à aujourd’hui.

En conclusion, un enseignant chercheur devra être jugé, comme son nom l’indique, tant par rapport à ses qualités d’enseignant que par rapport à ses résultats de recherche. L’université française doit être remodelée voir transformée en profondeur afin de rivaliser avec les universités du monde entier. La recherche, tant scientifique que littéraire ou philosophique est une spécificité française de longue date et se faire dépasser par d’autres pays ne doit pas être synonyme de fatalisme, mais d’action.

Par un chercheur…

Tout commença en 1920, à Boston.

Une chaîne de Ponzi, dynamique de Ponzi, ou jeu de Ponzi, est un système de vente pyramidale, une forme d’escroquerie par cavalerie, fonctionnant par effet boule de neige, consistant en la promesse de profits très intéressants, financés par l’afflux de capitaux investis progressivement, jusqu’à l’explosion de la bulle spéculative ainsi créée. Ce système tient son nom de Charles Ponzi qui est devenu célèbre après avoir mis en place une opération immobilière frauduleuse en Californie fondée sur ce principe.

Charles Ponzi utilisa ce système en 1920 à Boston, ce qui fit de lui, personne anonyme, un millionnaire en six mois. Les profits étaient censés provenir d’une spéculation sur les International postal reply coupons (« Coupons-réponse internationaux »), avec un rendement de 50 % en 90 jours. Environ 40 000 personnes investirent environ 15 millions de dollars, dont seulement un tiers leur fut redistribué.

L’Union Postale Universelle (UPU) qui regroupe les administrations postales du monde depuis 1878 – avait répondu le 1er octobre 1907 par la création des Coupons-réponse internationaux à la demande de l’émission d’un timbre-poste universel. Un particulier achetait dans son pays un Coupon-réponse international au prix de 0,28 Franc (ou son équivalent) et l’envoyait à son correspondant, partout dans le monde. Ce destinataire se rendait dans un quelconque bureau de poste où, contre la remise de ce coupon, il recevait un ou plusieurs timbres-poste de son pays, d’une valeur correspondant à l’affranchissement d’une lettre en service international (0,25 Franc ou son équivalent). La différence de 0,03 Franc servait à couvrir les frais de compensation entre les administrations postales, l’une ayant reçu la totalité de l’argent du coupon, l’autre ayant vendu un timbre-poste sans perception d’argent. Comme il y avait à cette époque une bonne stabilité de la parité de change des monnaies, le système pouvait fonctionner sans problèmes.

La sortie de la Première Guerre mondiale et ses conséquences financières dans l’économie mondiale ont totalement ébranlé le système de par les dévaluations fréquentes constatées et l’augmentation des tarifs postaux qui s’ensuivirent. Des administrations postales devenaient déficitaires dans ces échanges et durent prendre des mesures restrictives à l’utilisation de ce service.

Mise en situation

Imaginons que quelqu’un propose un investissement à 100 % d’intérêts : vous lui donnez 100 euros, il vous en rend 200 en utilisant l’argent déposé par les clients suivants (il lui suffit d’ailleurs de proposer un rendement double des rendements connus du marché pour s’attirer de la clientèle et pour durer). Le système est viable tant que la clientèle afflue, attirée en masse par les promesses financières (et d’autant plus tentantes que les premiers investisseurs sont satisfaits et font une formidable publicité au placement). Les premiers clients, trop heureux de ce formidable placement, reviennent dans la chaîne eux aussi, s’ajoutant à tous ceux auxquels ils ont prêché.

Le phénomène fait alors boule de neige, entretenu tant que l’argent rentre et permet de payer à 100 % les nouveaux investisseurs. L’organisateur prend une commission, bien compréhensible lorsque l’on voit les promesses qu’il fait, et qu’il tient. La chaîne peut durer tant que les clients arrivent par 2, 4, 8, 16, 32, etc. Lorsque la chaîne se coupe, la bulle éclate : tous les derniers investisseurs sont spoliés. Sont gagnants ceux qui ont quitté le navire à temps et, surtout, l’organisateur qui est très rarement un banquier.

Chaînes de Ponzi célèbres

En 1997, l’Albanie a connu l’effondrement de « banques pyramidales » qui ont provoqué des émeutes causant des milliers de morts.

En novembre 2008, 500 000 Colombiens ont été victimes de la société d’investissement Proyecciones DRFE Dinero rapido, facil y en efectivo (argent facile, rapide et en liquide) qui reposaient sur un système de Ponzi.

L’homme d’affaires américain Bernard Madoff, qui n’est pas banquier, a créé un schéma de Ponzi qui a fonctionné pendant 48 ans, de 1960 à 2008. Il était gérant d’un hedge fund qui promettait des retours sur investissements relativement élevés, de l’ordre de 8 à 12% par an. Mais ce qui sortait le plus de l’ordinaire avec les performances qu’affichaient ses fonds était l’absence de retours négatifs sur de très longues périodes et une volatilité (l’équivalent du risque de l’investissement) très faible. Autre indice alarmant, à la clôture de chaque exercice, Madoff déclarait être liquide, c’est-à-dire détenir tous ses avoirs en liquidités, et ainsi ne publia jamais de relevés indiquant la quelconque possession de titres financiers. Enfin, les titres sur lesquels il disait investir, notamment des options sur indices, n’étaient pas assez liquides pour « absorber»  les volumes qu’un fonds de la taille de celui que Madoff aurait engendré. L’utilisation de clients réputés et des postes élevés dans l’administration, l’assuraient d’un prestige important. Lorsque de nombreux clients ont souhaité retirer leurs avoirs de sa société d’investissement en 2008, à la suite de la crise financière, ils se rendirent compte que les caisses étaient vides et qu’ils avaient perdu tout leur argent. Avant son arrestation, Bernard Madoff gérait officiellement 17 milliards USD.

Une purge purificatrice d’assainissement

Purge
Le premier mot ne représente que le début de la crise, qui met en évidence les gros problèmes, et les règle avec les moyens du système:  le désaveu des actionnaires ou des banques sur telle ou telle entreprise entraine sa chute. Les mauvaises entreprises font faillites, et certaines qui ne l’étaient pas sont emportée dans la foulé, pour prouver que le marché n’est pas forcément parfait ou que ces entreprises n’étaient pas si saines que cela aurait du. La purge se fait donc à tout les étages de l’économie, des licenciements aux aux valeurs financières. Les mauvaises valeurs sont fortement sanctionnées, plus qu’habituellement notamment à cause de la réévaluation des primes de risque.

Purification
Les mauvais salariés partent, certes, mais certains très bons sont emportés. Mais il faut optimiser plus que d’habitude et surtout compenser la baisse brutale de la demande. Il faut donc éliminer les « boulets»  de l’économie, ces mauvaises entreprises vivants essentiellement sur des prêts prolongé ou réinitialisés tout les mois ou tout les ans, et n’étant pas capable de dégager une marge suffisante pour être indépendante financièrement. D’autres entreprises, en transition, toutes nouvelles ou déjà plus anciennes sont plus saines. Bien que leur carnet de commandes soit full, le contre-coup de la raréfaction du crédit incite les banque à ne même plus prêter à ces entreprises faiblement risquées. Mais ces deux derniers termes ne veulent plus rien dire en temps de crise de confiance et de crise économique majeure…

Assainissement
Il s’agit du seul avantage d’une crise économique: plus elle a de l’ampleur, et plus le point positif de la crise se réalise. La crise des valeurs internet, qui n’était en fait qu’une simple force de rappel d’une bulle auto-entretenue, n’a pas joué son rôle d’assainissement. La faiblesse de cette crise n’a assainie que le secteur qui était concerné (les valeurs technologiques). En 2009, la crise économique et financière touche ou va toucher tous les secteurs économiques, ce qui aura pour avantage d’assainir drastiquement le système en éliminant les mauvais acteurs: en éliminant les mauvais homoeconomicus (Madoff, traders à l’égo surdimensionnés, hommes politiques et décideurs économiques et financiers) et les mauvaises firmes (Lehman Brothers, Northern Rock, Fortis…). Cet assainissement permet d’entrevoir des jours meilleurs, mais la conséquence risque d’auto-entretenir cette crise: le chômage.

En effet, le chômage risque d’être la nouvelle frayeur de 2009. Après la purge, la purification et l’assainissement de l’économie, la contraction du marché du travail risque d’impacter négativement de très bonnes entreprises par une accentuation de la crise de confiance et un affaiblissement de la demande due aux pertes d’empois massives. Le bénéfices de cette crise pourraient alors être effacés au détriment d’un renforcement de l’impact des ses conséquences sur elle-même.

Économie-Finance.com

Afin de mieux cerner notre propos, commençons par une définition du risque moral (moral hazard en anglais) dans le cadre d’asymétrie d’information. Le risque moral (encore appelé aléa de moralité) est le second concept induit par une situation d’information asymétrique. Mais, à la différence du risque d’antisélection, il s’agit d’un risque postérieur à la conclusion du contrat (» ex-post» ). Le fait de conclure un contrat avec un agent risque de provoquer de sa part un comportement négatif (peu « moral» ) susceptible d’aggraver a posteriori les conditions de la partie principale qui s’est engagée.

L’exemple classique est fourni en matière d’assurance. Le contrat est par nature aléatoire, c’est-à-dire que l’assureur couvre un risque dont il ne peut qu’estimer la probabilité de survenance. Or, le fait d’être garanti peut accroître la prise de risque de la part de l’assuré.

En supposant qu’une compagnie d’assurance accepte d’assurer les automobilistes contre les amendes et frais liés aux excès de vitesse, le risque est grand pour l’assureur de voir ses assurés rouler encore plus vite (et donc de devoir payer plus d’amendes) en raison même de l’assurance.

Certains prétendent aussi que le remboursement à 100 % des médicaments entraînerait une surconsommation médicale.

En économie financière (finances nationales ou internationales), la théorie conduit à affirmer que la remise de certaines dettes ou l’existence d’un prêteur en dernier ressort (Institution internationale, État ou Banque centrale) peut aussi inciter les agents endettés (par exemple des banques commerciales ou des pays) à prendre des risques excessifs affectant leur solvabilité puisque ces agents, quoiqu’il arrive, n’ont pas à craindre les conséquences de leurs actions.

En économie de la réglementation, une entreprise qui a passé un contrat avec les pouvoirs publics peut ultérieurement à la passation du contrat, se montrer peu efficace, voire inattentive à sa gestion (tel est le cas de l’entreprise indemnisée pour faire des investissements de dépollution qui se soucie peu, après avoir été indemnisée, de l’environnement ; ou du monopole public qui se préoccupe plus de son intérêt propre que de l’intérêt général).

La stratégie pour limiter le risque moral est double : elle passe par le contrôle du mandant ; elle peut consister aussi en l’intéressement de l’agent aux résultats afin de s’assurer de son efficacité effective.

Quid des plans de sauvetage actuels ?

Peu de gens se posent cette question, qui pourtant doit trouver un écho: certes les banques sont des entreprises à part, comme nous l’avons vue lors de précédents articles, mais en quoi des entreprises industrielles telles que General Motors ou Ford sont des entreprises aussi spéciales que les banques (qui détiennent nos épargnes et nos comptes courants et qui financent l’économie via la mise à disposition de crédits et d’outils de financement) ?

Bien évidemment, je ne proclame pas ici ma volonté d’assainir l’économie au point de faire émerger une volonté de mise à la porte pour chômage technique de milliers d’ouvriers américains du secteur automobile, mais je me pose la question suivante: sauver General Motors and Co. au risque de voir taper à la porte de l’état interventionniste d’autres entreprises en difficulté (infrastructures, transports, construction…) qui réclameront une forme de jurisprudence interventionniste (exagérée), ou laisser faire le marché (financement, loi sur les faillites aux U.S.A, fusions et acquisitions de certains pôles…) au risque évident de détruire des milliers d’emplois ?

Je ne pense pas qu’une réponse manichéenne puisse exister.

Mais une évidence subsiste tout de même: le risque engendré par une suite de faillites et de fusions acquisitions, entrainant des destructions d’emplois massives, est tout de même bien inférieur au risque engendré par une intervention de l’état (massive elle aussi), permettant aux (grosses) entreprises de prendre des risques surdimensionnés avec leur outils de production (tant du point de vue du capital financier que du capital humain et matériel). Car ne nous voilons pas la face: c’est bien d’une autorisation implicite à prendre un risque « anormal»  dont on parle. En d’autres termes, c’est un problème (» massif» ) d’aléa moral dont il est question ici. Il faudra pourtant choisir.

Aléa moral vs. destructions massives d’emplois

Les entreprises du secteur automobile sont les premières concernées, mais ne seront surement pas les dernières. En effet, la gestion déplorable de leurs anticipations de vente n’est pas la raison principale de la quasi faillite de ce secteur d’activité. La restriction du crédit (car 95% des achats de véhicules se font à crédit) conjuguée à une aversion des consommateurs/entreprises pour les investissements (confiance vs. automobile) reste la principale cause de la chute vertigineuse des ventes et des anticipations de ventes de voitures dans le monde.

De la même manière, des secteurs tels que la construction et l’immobilier, l’aviation et la construction navale (ou d’autres infrastructures), seront touchés. Faudra-t-il intervenir ? Posons la question en supposant que l’état (américain, français, allemand) intervienne: pourquoi ne pas intervenir ? En effet, si l’état intervient une fois, il est « obligé»  d’intervenir mille fois car l’un réclamera comme l’autre prétextant, non sans torts, qu’il n’est pas une industrie négligeable (du point de vue du capital humain par exemple).

Le risque moral se manifesterait aussi par le fait que l’état, en intervenant, permet à ces entreprise (ou d’autres) de renforcer l’idée que la prise de risque est « assurée»  par l’état qui renfloue les caisses.

Une crise sans fin ? Une crise a toujours une fin, mais les moyens d’y parvenir différent fortement selon les économistes et les politiques. Mais bien que le retour en grâce de l’interventionnisme est largement validé par tous les pays du monde, il faut rester calme et surtout ne pas se précipiter au risque de créer un crise encore plus grave pour les années à venir: le surplus de confiance envers l’état « assureur» . Sans pour autant me référer à une certaine main invisible du marché* (Adam Smith), il serait préférable de laisser l’économie trouver son chemin, même si l’on passe par des moments difficiles en termes de chômage et de déceptions.

Dernière question avant de clôturer cet article
En plus de l’arbitrage complexe exposé si dessus entre la limitation du risque moral et l’intervention permettant de « sauver»  certains secteurs industriels tels que l’automobile, un second arbitrage doit être exposé et analysé au plus vite par l’administration (qu’elle soit américaine ou européenne): quel serait le différentiel entre le cout de la non-intervention (paiement par l’état des allocations chômage, pertes des charges salariales et patronales, baisse du pouvoir d’achat diminuant les recettes fiscales etc…) et le coût de l’intervention de l’état ? En effet, cela ne couterait-il pas plus cher à l’état d’intervenir au risque que cela ne marche pas (si l’économie ne suit pas, la demande n’est pas là, les stocks sont trop conséquents, la technologie (pétrole) est en transition (voiture électrique, normes écologiques)…) plutôt que de ne pas intervenir ?

Une chose est sure (et même certaine): l’état est perdant et par voie de conséquence nous sommes perdants (peut être pas nous mais nos enfants).

*Adam Smith n’est pas pour autant l’apôtre d’un capitalisme sauvage. Le principe du marché tel qu’il le décrit s’applique à l’économie artisanale de son époque. Il en a conscience et dénonce les industriels qui par les ententes et les monopoles tentent de contourner la loi du marché à leur seul profit. Ce n’est donc pas l’État qui menace le plus l’économie de marché mais plutôt les industriels, et il revient à l’autorité souveraine de s’assurer du respect des règles du marché.

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La ministre de l’économie, Christine Lagarde, a indiqué lundi qu’une baisse temporaire de la TVA, comme le gouvernement britannique pourrait l’envisager pour relancer son économie, n’était pas à l’ordre du jour en France.

« La grande incertitude quand on baisse le taux de TVA, c’est de savoir à qui ça profite. Si ça profitait complètement aux consommateurs, ce serait sûrement une bonne mesure» , a estimé Mme Lagarde, interrogée par des journalistes en marge d’une réunion sur la finance à Paris.

Mais « si ça profite à l’ensemble des échelons de la chaîne entre le producteur et le consommateur, ça renforce les marges. Je ne suis pas sûre que ce soit l’impératif absolu aujourd’hui» , a-t-elle expliqué, jugeant en outre qu’une telle mesure risquait de stimuler les importations et donc de profiter aux économies étrangères plus qu’à la France.

Le gouvernement britannique a annoncé son intention de baisser temporairement son taux de TVA d’au moins deux points de pourcentage, selon la presse.

La TVA, actuellement à 17,5% en Grande-Bretagne, pourrait être abaissée jusqu’au minimum admis par l’Union européenne, soit 15%, mais serait remise au niveau actuel d’ici deux ans au plus, quand la situation économique s’améliorera.

En France, le taux normal de TVA est de 19,6%. Comme nous l’avions précédemment écrit dans notre article sur la rigidité des taxes, cette idée de flexibiliser les taxes peut permettre une relance de l’économie, ou du moins limiter la crise de confiance. Un choc suffisamment fort sur les taxes pourrait en effet limiter la casse, relancer (peut-être selon madame Lagarde) l’économie. Mais ce que madame Lagarde oublie en disant cela, c’est qu’une baisse de la TVA (non pas temporaire car la crise ne risque pas de l’être), permettrai un transfert implicite de l’argent de l’état à toutes les entreprises soumises à la TVA. Alors certes, comme vous le dites, cela ne peut que profiter aux entreprises. J’ai envie de vous répondre: et alors ? Nos entreprises n’ont-elles pas besoin d’argent en ce moment ? N’ont-elles pas besoin de soutien de l’état via des mesures d’assouplissement fiscales ?

Allons plus loin: si les entreprises gonflent légèrement leur marges comme vous le sous entendez (même si le mécanisme n’est pas à 100% réalisable car en cette période, les entreprises sont conscientes que pour continuer à faire des bénéfices et à passer le cap de la crise, il faut vendre plus et donc pour la plupart baisser les prix car ces mêmes entreprises savent pertinemment que le pouvoir d’achat des français est en berne depuis quelques mois), cela ne relancera pas l’embauche ? En cette période, je devrais reformuler ma question: cela ne limitera pas les licenciements ? En effet, une entreprise qui gonfle ses marges gonfle aussi, et on l’espère tous, son bénéfice. Sauf qu’en ce moment, le mot bénéfice se fait rare et l’on parle plutôt de perte (pour toutes les entreprises, sur tous les secteurs, à court ou moyen terme). Nous devrions donc poser la question de cette manière: cela ne limitera-t-il pas les licenciements ? Cela ne permettra pas d’avoir moins de gens au chômage ? Ces même indemnités chômage, qui les payent ? C’est vous ! Alors avez vous bien optimisé votre système fiscal, votre arbitrage entre baisser la TVA et avoir moins de chômeurs ou ne pas baisser la TVA et courir le risque d’avoir plus de chômeurs. Dans les deux cas, le budget de l’état sera affecté ! Donc que faire madame Lagarde ?

Je vais tout de même vous défendre mais je ne peux pas ne pas rester objectif tout de même: en effet, baisser la TVA serait une mauvaise chose. Non pas que cela augmenterai les marges, (car comme nous venons de le dire, en cette période, ce n’est pas si grave car cela peut, outre renforcer la consommation via une éventuelle baisse des prix, au moins limiter la casse issue des licenciements de masse qui se produisent depuis déjà plus d’un mois dans le monde entier), mais cela amputerai fortement le budget de l’état. En effet, la TVA est la principale ressource de l’état. C’est l’impôt qui génère le plus de recette fiscale, et le diminuer renforcerai le déficit budgétaire assez fortement.

Mais mon devoir d’objectivité doit reprendre le dessus et répondre simplement: tant mieux ! Et oui, en période de crise, quoi de plus normal qu’un état interventionniste qui injecte des deniers (et donc accroit son déficit) pour soutenir son économie qui, on en est certain maintenant, ne se relèvera pas toute seule. Rectifions cette dernière phrase avant de clôturer notre article: elle peut se relever toute seule car les mécanismes auto-régulateurs de l’économie de marché le permettent, mais à quel prix ! Attention, ne voyez pas en cela une quelconque diabolisation de l’économie de marché, que j’admire car je pense savoir de quoi je parle. Mais une système tout seul ne peut être bon. C’est comme un portefeuille financier: « mettre tout ses Å“ufs dans le même panier» , c’est accentuer ses risques. Diversifier reste la meilleure couverture. En ce qui concerne les dispositifs économiques, c’est pareil: une économie purement de marché, cela ne marcherai pas. Mais je pense que sans l’économie de marché, on ne s’en sortirai pas !

Économie-Finance.com

Nous souhaitons répondre aux affirmations entendues ci et là à propos des moyens utilisés par les États (notamment la France et ses 365 milliards d’euros injectés) pour tenter de remédier à cette crise sans précédent. D’aucuns aiment à penser que de la même manière que l’état vient d’injecter 365 milliards d’euros dans l’économie pour « sauver»  les banques, il peut résorber les 11 milliards d’euros de la Sécurité Sociale (plus communément connu sous le terme de « trou de la Sécu» ) ou résoudre le problème du financement des retraites. Certains affirment même qu’en réunissant l’argent de tout les continents, on pourrait mettre fin à la fin dans le monde, euh pardon, la faim dans le monde…

Mais allons, réveillons nous !!!

L’état n’a pas, à proprement parlé, injecté en nominal 365 milliards d’euros. Il à prêté à des banques de l’argent sous certaines conditions (notamment la non restriction du crédit ou la fin des « parachutes dorés» ), ce qui est bien différent d’une simple « donation»  sous entendue par de nombreuses personnes pendant cette crise.

Certaines personnes osent encore penser voire affirmer, sans avoir ni étudié l’histoire (1929 en particulier) ni étudié l’économie (dont par exemple Diamond & Dybvig), que l’État, qu’il soit américain ou français, n’aurait pas du injecter, s’ingérer, prêter aux banques, et aurait mieux fait de construire des logements sociaux ou des emplois aidés (minces échantillons des nombreuses bêtises entendues).

Mais allons, réveillons nous !!!

Si l’état n’investit pas ou ne prête pas aux banques, autant pour renflouer leur pertes insolvables sans interventionnisme que pour relancer l’économie frigorifiée par l’assèchement du crédit et la raréfaction des investissements, les banques fermeront leurs portes. Cela n’a pas l’air de déranger outre mesure certaines classes politiques françaises (je pense au NPA par exemple, le nouveau parti anti-capitaliste d’Olivier Besancenot). D’ailleurs, cela n’a pas l’air de déranger certains concitoyens de voir une ou deux banques déposer leur bilan.

Mais allons, réveillons nous !!!

Si tel est le cas, notre économie s’effondrerait: Non seulement l’économie de marché, mais tout le système, dans sa globalité, qu’il soit communiste ou capitaliste. Les moyens de paiement seraient inutilisables (autant les cartes de crédit que les chèques). Le système d’échange classique d’un bien (ou d’un service) contre une rétribution monétaire s’écroulerait. Nous reviendrons à une économie de troc, et l’avenir serait réellement moins rose. En effet, que l’on soit capitaliste, libéral, socialiste ou même extrémiste (de droite ou de gauche, sauf anarchiste ou autre débile profond), nous avons tous des objectifs communs: être heureux, pouvoir échanger (cela touche autant la culture que l’achat purement mercantile), profiter de loisirs (et pouvoir utiliser notre temps non travaillé à des activités qui nous rendent heureux), être rétribué pour notre travail (quitte à la partager ensuite ou en faire profiter une collectivité ou un groupe plus large), être en bonne santé (et pouvoir bénéficier des meilleurs soins au monde) et être éduqué et éduquer nos enfants (similaire à la santé, on recherche le meilleur pour son savoir et pour l’éducation de la chair de sa chair).

Cependant, si l’on revient en économie de troc, suite à la faillite du système, ces objectifs seraient altérés du fait de frictions trop fortes à chaque échange. Dans une économie de troc strict, il se peut qu’aucun échange n’ait lieu car il se peut qu’aucune coïncidence des préférences (ou des besoins) entre certains agents se produise. L’introduction de la monnaie permet à chaque producteur (prestataire de services) de fixer un prix pour ses produits (services) afin qu’une personne lui achète un produit (service) dont le troc ne lui aurait pas permis de jouir. Par la suite, l’argent gagné par ce producteur (prestataire) conséquemment à cette vente lui permet de satisfaire ses préférences en achetant ce qui lui fait envie. Ainsi, l’introduction de la monnaie facilite la vie des individus. Ne revenons pas au statut économique de l’homme des cavernes par manque d’interventionnisme en temps de crise ou par idéologie.

Au fait, pourquoi l’homme des caverne n’avait-il pas besoin de monnaie ? Dans la préhistoire, l’homme vivait en petits groupes, au sein desquels la variété des consommations et la spécialisation étaient très faible : tous les hommes chassaient et rapportaient le produit de leur chasse au clan. Comme les produits de la chasse étaient homogènes, il n’y avait pas besoin de monnaie pour faciliter les échanges.

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Alors, en supposant que vous travaillez pour une banque centrale, prononceriez-vous ce divorce ? Plus simplement, si vous étiez Jean Claude Trichet ou Ben Bernanke, ou membre de leur centre de recherche économique, utiliseriez vous oui ou non des indicateurs monétaires afin de justifier vos positions quant à la décision de politique monétaire de la banque centrale pour laquelle vous travaillez (travailleriez) ?

Oui ? Non ? En général, une majorité répondrait que la monnaie est au plus utile, au moins source d’informations (et encore), pour la politique monétaire. Et puis après tout, une source de données supplémentaire, cela ne fait pas de mal !

Non, Non et Non martèlent Todd Keister, Antoine Martin, et James McAndrews dans leur dernières publication de la Fed de New York.

En effet, de nombreux banquiers centraux construisent leur politique monétaire en vue de garder un lien, aussi infime soit-il, entre le stock de monnaie et le taux d’intérêt à court terme. En particulier, leurs procédures de mise en Å“uvre de la politique monétaire exigent que l’offre de solde de réserve soit fixé précisément en vue de cibler le taux d’intérêt. Du fait que les réserves des banques jouent d’autres rôles clés dans l’économie, ce lien peut créer des tensions avec d’autres objectifs importants, notamment en période forte volatilité du marché.

Les auteurs considèrent une approche alternative à la politique monétaire mise en Å“uvre – connue sous le nom de système de « plancher»  – qui peut réduire ou même éliminer ces tensions. Ils expliquent comment cette approche, dans laquelle la banque centrale paie des intérêts sur les réserves au taux d’intérêt cible, sépare (divorce) l’offre de monnaie et la conduite de la politique monétaire. La quantité de réserves des banques peuvent alors être fixés en fonction du paiement ou des besoins de liquidité des marchés financiers. En éliminant le coût d’opportunité de la détention de réserves, le système de plancher encourage également la répartition optimale des ressources dans l’économie.

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Question
Pourquoi est-ce que cette crise entraine une telle débâcle des indices mondiaux ? Certes, il s’agit d’une crise, mais pourquoi est-elle si importante et impacte-t-elle tant les indices tels que le CAC 40 par exemple?

Réponse
Le problème de la crise actuelle n’est pas si simple. Outre la baisse de la confiance des ménages et des investisseurs, le risque se porte en grande partie sur le système. Une crise systémique est redoutée ce qui contribue à la forte volatilité actuelle.

De plus, l’assèchement du crédit sclérose un peu plus l’économie réelle ce qui impact aussi fortement les opportunités de développement et se fait ressentir sur le marché financier, dont le CAC40 en est un des indicateurs. De plus, les ménages subissent eux aussi les conséquences de ce « crédit crunch»  en ne pouvant plus emprunter comme avant, minant un peu plus leur confiance et la consommation (principal moteur de la croissance).

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Rigidité des taxes ?

Posté par Economie-Finance.com dans la catégorie Economie, Finance, Institutions, Politique budgétaire | 2 commentaires 

En cette période de crise financière majeure, les propositions constructives en vue d’améliorer le système bourgeonnent. En voici une qui ne manque pas de rappeler l’importance de la modernité pour le législateur.

Considérons un Etat législateur pratiquant la politique fiscale suivante: TVA à 19.6% (en moyenne), impôt sur les bénéfices des personnes morales à 40% (en moyenne incluant les cotisations sociales, les cotisations retraites, les impôts locaux, les charges patronales et autres taxes), impôt sur les revenus des personnes physiques à 40% (en moyenne incluant les cotisations sociales, les cotisations retraites, les impôts locaux et autres taxes et charges) et taxes du capital (épargnes, dividendes, transferts transgénérationnels, autres transferts…). Il s’agit d’un modèle, donc l’importance ne doit pas être portée sur les chiffres mais sur l’idée générale, sur le fonctionnement global.

Actuellement, l’état subit un crise financière couplée à une crise de confiance lorgnant sur une crise systémique éventuelle. Afin d’éviter ce triplet importunant, le législateur décide d’injecter une certaine somme afin d’éviter une crise systémique.

Mais qu’en est-il des conséquences? Chômage, déflation et récession, l’autre triplet qui agace.

Afin de résoudre cette crise, voici une idée qui aurait pu être appliquée et qui aurait presque surement résolus les deux sombres triplets suivant: (crise financière; crise de confiance; crise systémique) et (chômage; déflation; récession).

Nous sommes au XXIème siècle. Le siècle de l’information mais aussi celui de l’interaction. Les prix et les salaires deviennent de moins en moins rigides, même si ces rigidités sont nécessaires et doivent perdurer. Cependant, pourquoi les taxes sont toujours aussi rigides (à la hausse…), et cela même en temps de crise ?

Jouer sur la valeur de ces leviers serait pourtant une excellente alternative aux injections de liquidités massive actuelles.

Mais avant toute chose, uniformisons !

Est-ce normal de vivre avec une diversité aussi forte de taxes et impôts en tout genre en France particulièrement ? Certains économistes ont pourtant montré qu’un choc de confiance positif pouvait être enclenché par le licenciement de fonctionnaires, ce licenciement devant être massif pour « choquer»  positivement les ménages. Mais pourquoi licencier lorsque le temps et la démographie font à eux deux très bien les choses ? La démographie réduit le nombre d’actifs et le temps permet de ne pas renouveler les postes de fonctionnaire. Même si cela aurait du être fait depuis bien longtemps, le temps contribue aussi à l’innovation technique (en général), et permet donc de profiter des dernières technologies de l’information, visant à réduire les coûts (en argent certes, mais aussi en temps, en termes de stockage matériels par l’immatériel, en termes de portabilité et d’adaptabilité…) de l’administration publique: l’administration doit fortement réduire ses frais de fonctionnement en optimisant ses ressources actuelles et en les améliorant grâce au NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication). Ceci contribuerait dans un premier temps à fortement réduire, à long terme, la charge de fonctionnement de l’état. Paiement par internet pour toutes les taxes, centralisation de l’ensemble des taxes à un seul compte internet (comme Google le fait avec les email, les documents, les vidéos (YouTube), les publicités côté éditeurs de site internet (AdSense), les publicités côté annonceurs (AdWords)…), paiement par carte de crédit avec débit immédiat, différé ou échelonné (alors que ce genre de modification mobilise une ressource humaine et matériel trop importante actuellement), lisibilité et transparence de ce que doit le citoyen à l’état, de ce qu’il déclare et de ce qu’il reçoit de l’état (des allocations chômages aux allocation familiales, retraites etc…), modification des données facilement et immédiatement (contrairement aux délais et aux moyens necessaires actuellement).

Ceci fait, l’uniformisation peut prendre meilleure forme: uniformiser les taxes en les rendant plus homogènes afin que, psychologiquement, l’on puisse se dire que l’on paye effectivement ses impôts une et une seule fois, simplement et clairement. Cela passe par une retenue à la source pour les impôts sur le revenus, salaires et traitements; par un pourcentage fixe et identique pour toutes les entreprises (compétitivité locale et mondialisée actuelle oblige) pour l’impôt sur les bénéfices; par une TVA uniformisée pour tout les types de produits hors alcools, cigarettes et autres produits polluants l’environnement ou la santé (carburants, sucres, graisses).

Mais ça s’arrête la !

En effet, pourquoi taxer le capital des particuliers ? Enfin devrait-on dire plus précisément: Pourquoi re-taxer le capital des particuliers ? Que ce soit lors de gains ou de pertes, ce capital investit est issu d’une retenue à la source, donc il a déjà été taxé. Pour instaurer une confiance optimale et surtout afin de réformer dans le fond la société, il faut aussi reformer les pratiques qui n’ont plus réellement de sens. De même, lorsqu’une société financière effectue une opération boursière bénéficiaire, les gains comptabilisés seront taxés de manière fixe, donc ne pas re-taxer le capital via une taxe sur les transaction financières est primordial dans l’entretien de la croyance générale de la reconstruction de l’Etat qui le fait vivre.

D’un point de vue plus politique: taxer des transactions financières revient en définitive à instaurer une friction là où jusqu’à présent il n’y en avait pas hormis les coûts de transactions issu du paiement d’un service rendu par les intermédiaires (suffisamment chères). Alors payer pour quoi ? Quel service nous rend l’état lorsque de nos jours ce type de transaction internationales ou nationales ne mobilisent que des ordinateurs entretenus par l’intermédiaire financier de ladite transaction ? Une taxe globale et identique sur les gains issus du capital doit néanmoins être envisagée afin de réduire les prises de risque sur des investissements qui ne sont pas sans risque et de limiter l’épargne afin que l’argent ait plus tendance à participer à l’économie plutôt qu’aux bas de laine. La mondialisation de la finance en général doit inciter les états à se concerter au niveau de la planète afin de décider ensemble de cette taxe que chaque pays appliquerait au niveau national mais dont le pourcentage serait identique au niveau international.

Les leviers générés par ces réformes de fond, et en fait complètement inapplicables par le simple fait des fortes rigidités syndicales (en parlant de rigidité !!!), permettraient de maintenir le moteur de l’économie, la consommation, à des niveaux jamais atteints. De plus, l’investissement, issue du sursaut de la consommation, permettrait de s’approcher presque surement d’un niveau de chômage bien en dessous du chômage structurel bien difficile à vaincre sans mesures chocs. Enfin, la confiance des habitants envers leur législateur serait solide et pérenne.

Alors évidement, certains me parleront des deux piliers de la société franco-sociale (joli néologisme bourré de sous-entendus): la Retraite et la Sécurité Sociale. Je répondrais ceci: rien n’empêche l’Etat de participer via le prélèvement unique à la source au financement des retraites et de la sécurité sociale (tout comme il participe au financement des universités ou des hôpitaux par exemple). De plus, si la consommation augmente aussi fortement que ce système peut le permettre, les recettes de TVA, de la taxe sur le capital ou de l’impôt global de 40% permettrait largement de financier les caisse de retraite et la sécurité sociale pour tous.

N’oublions pas que les transfert monétaires, immobiliers ou financiers intergénérationnels doivent être taxés comme si il s’agissait d’une transaction de capital (donc de manière bien moindre que ce qui se pratique actuellement, notamment concernant les héritages). En effet, l’héritage est une ressource net pour la génération suivante (car la personne décédé a bien payé tout ses impôts et autres charges à l’état concernant ses actifs avant de mourir). N’allons pas rendre redevable un cadavre qui avait travaillé toute sa vie afin de réunir une certaine richesse nette pour que ses enfants en profitent.

En conclusion, de profondes modification doivent être entreprises par l’état. Les bouleversements actuels doivent non seulement participer à la prise de conscience globale mais aussi inciter à l’action. La flexibilisation des taxes consécutivement à une harmonisation et une simplification profonde permettrait à l’économie de relever la tete et aux citoyen de gonfler la confiance perdue qu’ils avaient envers l’état.

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