La Zone Euro peut-elle survivre dans sa forme actuelle ?

Un an après la crise de la dette souveraine grecque, la situation économique européenne n’a guère évoluée ; l’Irlande a demandé de l’aide en Novembre 2010 suite à une crise bancaire systémique, et actuellement le gouvernement portugais est un plein remaniement dans le but d’éviter une crise de la dette publique. Alors, une problématique peut-être exposée, à savoir, si la Zone Euro peut survivre dans sa forme actuelle.

Pour répondre à la question qui nous ait posée, nous devons faire le lien avec les crises des dettes souveraines qui menacent les économies de la Zone Euro. Pour cela, Kenneth Rogoff s’exprime au sujet de la restructuration de la dette européenne, dans des termes plutôt pessimistes : « une restructuration significative de la dette privée et/ou publique sera probablement nécessaire dans l’ensemble des pays de la zone euro grevés par l’endettement. (…) Déjà confrontés à la perspective d’une croissance molle avant même l’instauration de l’austérité budgétaire, ils (le Portugal, l’Irlande, la Grèce et l’Espagne) risquent de s’enfoncer dans une « décennie perdue » semblable à celle qu’a connue l’Amérique latine dans les années 1980 ».

D’autre part, selon une dizaine d’économistes de la City, la Zone Euro tend à disparaître dans un horizon de cinq ans, du fait de la sévérité de la crise financière et des dettes souveraines dans un certain nombre de pays membres.

Tandis que pour d’autres, cette même zone à une chance sur cinq de disparaître en raison des déséquilibres macroéconomiques entre les pays membres, et donc la faiblesse de la convergence réelle des économies. C’est ainsi que Douglas McWilliams, directeur du Centre for Economic and Business Research (CEBR), a soutenu qu’un creusement des déséquilibres de compétitivité entre les économies fortes et faibles de la Zone Euro, qui est devenu de plus en plus criant depuis la crise financière de 2007, pourrait ébranler le projet à long terme. Ainsi, certains anticipent que l’Allemagne pourrait perdre patience à aider ses voisins aux finances moins bien gérés…

Par ailleurs, certains défendent qu’il faudrait avancer vers la création d’une dette souveraine au niveau européen, ce qui permettrait de limiter l’hétérogénéité de la zone et préviendrait le risque d’explosion de la dette. Un premier pas a été fait dans ce sens, avec la création du Fond Européen de Stabilité Financière (FESF) en 2010 (qui migrera vers le Mécanisme de Soutien Européen en 2013) qui est doté de 440 milliards € mais pour des raisons de notation, son pouvoir est réduit à un champ d’action de 250 milliards d’euros ; ce qui peut sembler difficile pour sauver un système bancaire.

En outre, nous pouvons constater qu’un rapport de un à quatre est présent au niveau des spreads de taux à 10 ans, entre l’Allemagne et la Grèce, ce qui révèle le caractère hétérogène des membres de la zone Euro.

Au vue des principaux arguments présentés précédemment, la Zone Euro doit évoluer et trouver de nouvelles solutions pour prévenir et enrayer le risque d’exploser de dettes souveraines. De plus, nous pouvons préciser que l’heure est à la réforme de la supervision bancaire et financière avec la création du Conseil Européen du Risque Systémique et la création de trois régulateurs européens (au niveau des marchés financiers, des banques et des assurances).

Enfin, selon Patrick Artus, la Zone Euro se dirige vers une non-convergence avec une spécialisation implicite de l’Europe de Nord dans l’industrie, tandis que l’Europe du Sud tend à se spécialiser dans les services (tourisme,…). Cette division nous contraint à nous interroger sur la place de la France dans ces deux grandes tendances…

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