Voulez-vous vraiment voter François Hollande ?

Proposition 8 du projet du Parti Socialiste porté par le candidat François Hollande.

Je garantirai l’épargne populaire par une rémunération du livret A supérieure à l’in?ation en tenant compte de l’évolution de la croissance. Pour baisser les frais bancaires, une loi plafonnera le coût des services facturés par les banques. Pour lutter contre le surendettement, le crédit à la consommation sera encadré.

Ce qu’il ne dit pas aux Français, aux alter mondialistes ou aux extrémistes, de gauche comme de droite, c’est que par construction, le Livret A, comme le LDD ou les autres livrets, n’est rien d’autre qu’un… produit financier. On peut l’appeler « Fond à capital garanti par l’état », on peut l’appeler « Véhicule financier d’épargne » ou même « Epargne Populaire » ou « Livret A », son appellation ne change en rien sa nature. Et cette nature, capitaliste et financiarisée des pieds à la tête, veut que pour pouvoir faire « fructifier » le capital investi par notre homo oeconomicus, il va falloir faire appel aux outils de la finance moderne, chassés par les discours de la Gauche, et des Extrémistes. Cet épargnant souhaitant « bloquer » une partie de son capital financier dans une banque doit savoir que des méchants traders vont spéculer avec son argent, investir avec son capital financier et aussi et surtout se couvrir des risques inhérents à toute intervention sur le marché financier avec des méchantes… options !

Nous sommes toujours sur cette première ligne de la huitième proposition du projet électoral du Parti Socialiste pour l’élection présidentielle de 2012. Et nous venons de démontrer que cette finance, qui est bannie à chaque discours, est présente dans cette proposition, ainsi que dans les trois premières. Mais la contradiction de cette première ligne est plus profonde.

Comment activer le principal moteur de la croissance, la consommation, alors que l’on incite les français à épargner ? Comment peut ont dire, dans un même projet, vouloir de la croissance pour la France, alors que dans le même temps on incite les français, via une augmentation du taux de rendement du Livret A et d’une assurance d’une évolution favorable de ce taux dans le temps grâce à une règle indexant ce dernier sur l’évolution de l’inflation (permettant par la même un gain réel), à bloquer leur argent ? Dans ce processus engageant la finance, il n’y aura aucune création d’emploi ou de richesse par rapport à un investissement direct dans une entreprise, une hausse de la consommation ou une création d’entreprise. Et il est évident que les méchants traders vont investir directement dans des entreprises, mais l’objectif n’est pas de bloquer cet argent dans les mains du trader, l’objectif, pour relancer la croissance via la consommation ou l’investissement, est de mettre à disposition des français leur argent sans les inciter à le laisser pourrir dans une banque, au fond d’un lit ou autre.

Parlons franchement: pourquoi le programme du Parti Socialiste fait autant appel aux Livret LDD, Livret A etc… alors que structurellement il n’a fait que dénigrer pendant cette campagne le monde de la finance (le monde des livrets en fait) ? La réponse est à la fois simple et effrayante: simple, car en incitant les français à ne pas consommer, on les incite à thésauriser, à capitaliser, via des véhicules financiers tels que ces livrets. Effrayante car cette incitation, dans la droite ligne du programme Socialiste, se produira en parallèle d’une hausse de l’imposition sur le capital en lui même ainsi que sur les bénéfices de ce capital. Pourtant, le Livret A est exonéré de tels mécanismes. L’effroi vous envahit car vous commencez à entrevoir le dilemme suivant:
– soit le projet Socialiste est incohérent, faisant appel et profitant de ce qu’il dénonce, et incitant les gens à épargner alors qu’il faudrait, en vue de soutenir la croissance, les inciter à consommer.
– soit le projet Socialiste est complètement démagogique, faisant appel et incitant l’épargne française tout en taxant le montant du capital ainsi que le rendement de ce capital placé en épargne.

La fin du Livret A ou du LDD, ou du moins de sa fiscalité attrayante, ne ferait que confirmer cette volonté de taxer tous les capitaux, même ceux des plus défavorisés, sans songer à ce que ces capitaux pourrait créer comme valeur (et richesse) si ils étaient mieux utilisés.

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