La banque universelle, un conflit d’intérêt

Ce sujet est au cœur de l’actualité économique mondiale car de nombreux économistes ont considéré que le développement d’établissements Too big to fail était l’une des causes structurelles de la crise des subprimes et donc dans ce cadre, le retour à une spécialisation bancaire serait préférable. Nous proposons ici d’analyser plus en profondeur le conflit d’intérêt que génèrent aujourd’hui les banques universelles et les possibilités d’évolution de ces banques.

La diversification rend-t-elle les banques trop optimiste ?
Schumpeter fut le premier économiste à parler des fluctuations économiques comme des irrégularités des grandeurs économiques au cours du temps. Pour lui, l’économie est en permanence en déséquilibre à cause des vagues d’innovation : une période où les flux d’investissements sont importants pour financer les innovations et une période où les flux se rétractent afin de faire face à la crise. Ces variations permanentes nécessitent des ajustements réguliers du système financier et bancaire qui doit en permanence adapter ses modèles afin de financer au mieux l’économie. Néanmoins, la question se pose quand ce sont les banques qui sont à l’origine de la crise…

– L’anatomie des crises financières
Jean Charles Asselain considère qu’il est toujours possible de dater les crises, ou le point de retournement, au jour près, alors que les périodes de reprise sont généralement lentes et incertaines. Les risques pris par les agents individuels (emprunteurs et prêteurs) se transforment en fragilité financière et en risque systémique.

Les différentes études ont fait apparaître une grande régularité dans le déroulement des crises financières et quelques économistes (ex : Charles Kindleberger) ont distingué les phases de création des crises :
– Première étape : le déplacement qui correspond à la période d’expansion de Schumpeter où de nouvelles sources de profits apparaissent d’où un « déplacement » des capitaux des anciennes activités vers les nouvelles.
– Deuxième étape : c’est la phase de boom qui est nourrie par une expansion du crédit bancaire, une hausse de l’offre de monnaie ainsi qu’un développement de l’innovation financière. Cette période est souvent appelée « le paradoxe de la tranquillité » c’est-à-dire que les affaires marchent bien et que cela ne peut que continuer. Durant cette période, les banques ont tendance à être hyper active, optimiste pour le futur : hausse de l’instabilité. Par exemple, si nous prenons l’exemple de la crise des ‘subprimes’, les banques ont continué d’investir massivement sur le marché des CDS jusqu’à la chute de Lehmann Brothers.
– Troisième étape : le climat de confiance instauré par la bonne santé des entreprises et le développement des crédits se poursuit par l’euphorie. Cette étape est caractérisée par une forte spéculation, la surestimation des rendements, la montée de l’endettement et s’accompagne généralement d’une hausse des prix, d’une hausse des taux et d’une augmentation de la circulation de la monnaie.
– Quatrième étape : la détresse financière. Les spéculateurs les plus avertis commencent à vendre. Cette vente entraîne en premier lieu une stabilisation des cours puis se poursuit par une baisse, souvent brutal, des cours : c’est le début de la course à la liquidité.
Cette schématisation des crises financières permet de voir le principal problème des banques qui utilisent leurs dépôts pour prendre des positions sur des marchés de plus en plus risqué. Cette situation est préoccupante pour les banques universelles car une partie des dépôts proviennent de l’épargne des ménages (cf. partie suivante).

Malgré leur prise de risque croissante et leur comportement pro-cyclique, les banques universelles ont tendance à mieux traverser les crises que les banques spécialisées. En effet lors d’une faillite d’une institution financière le rachat est généralement effectué par les banques universelles. Ce renforcement en période de crise signifie les banques universelles ont toujours suffisamment de fonds pour pouvoir développer leur part de marché et investir. Ceci est due à la diversification de leur activité car elles peuvent compenser la faillite d’un de leur secteur. Il est possible de comparer les banques universelles aux ‘keiretsu’ japonais qui sont des conglomérats d’entreprises diverses reliées entre elles par l’intermédiaire des banques. Ce rassemblement permet aux entreprises de réaliser des économies d’échelle mais surtout de diversifier leur activité et donc de limiter le risque de faillite (peu probable que tous les secteurs d’une économie se retrouvent en crise du jour au lendemain). Ce modèle semble proche du modèle des banques universelles qui développent de nombreuses activités afin d’être moins soumises aux risques systémiques.

– Où vont les dépôts des épargnants ?
L’actif des banques regroupe l’ensemble des réserves (obligatoires, excédentaires), les effets de recouvrement, les dépôts auprès d’autres établissements de crédit, les titres, les prêts (immobilier, conso) et les autres actifs (capital fixe). Les actifs sont regroupés à hauteur de 48% dans la banque d’investissement c’est-à-dire dans la partie la plus risquée des opérations bancaires. En effet, l’investissement nécessite une prise de risque des banques car il y a possibilité, dans certains cas, de risque défaut. De plus, le recours aux marchés financiers voir aux hedge funds rend l’investissement de plus en plus instable. Par exemple, les 4 grandes banques françaises n’ont que le nom de banque universelle mais dans les faits, elle s’apparente davantage à des banques privés : seulement 24% de leurs actifs sont consacrés à la banque de détail. Pourquoi alors ne pas se spécialiser uniquement dans ce domaine d’activité ? Le dépôt de garantie souscrit par l’Etat offre aujourd’hui une sécurité indispensable pour les banques. En effet, les banques utilisent la transformation d’actifs pour gérer les différentes opérations c’est-à-dire qu’elles utilisent les dépôts à court terme des épargnants pour financer des projets à plus long terme. Etre une banque universelle aujourd’hui offre donc une garantie de l’Etat de « non-faillite » car l’Etat s’engage, en cas de problème de liquidité, à intervenir afin qu’il n’y ait pas de panique bancaire : nous avons donc créé des entités too big to fail et assurées par les Etats. L’exemple le plus fameux est la volonté de Goldman Sachs pourtant connu comme étant la plus grande d’investissement mondiale d’obtenir le statut de banque universelle juste avant 2007 afin de bénéficier de ce dépôt garantie et donc une assurance contre le risque. Ce dépôt de garantie apparait indispensable pour les épargnants car il n’est pas pensable aujourd’hui qu’une personne ne puisse pas récupérer son argent à cause d’une banque en manque de liquidité.

Nous sommes donc face à un problème typique d’aléa moral : les actionnaires devraient contrôler les dirigeants mais leur responsabilité étant limitée, ils préfèrent le risque et donc ce devraient être les épargnants qui contrôlent les dirigeants mais vu que leur perte est assurée (garantie des dépôts), ils ne le font pas (et acceptent donc les risques). Cette discipline de marché fait que de nos jours les banques françaises prennent trop de risque tout en sachant que l’Etat interviendra pour les renflouer. L’argent des épargnants est donc utilisé pour faire du trading ou autres opérations considérées comme potentiellement instable à cause de cet aléa moral et même s’il y a une prise de conscience de ce problème, une gestion d’actif contrôlée peut aussi être bénéfique aux épargnants et à l’économie : augmentation des revenus, liquidité plus abondante,…

Les banques universelles offrent le choix du risque aux épargnants en proposant un compromis entre les banques d’investissement risquées et les banques commerciales peu risquées mais la partie précédente nous permet de constater que ce risque intermédiaire n’existe plus et que les grandes banques actuelles préfèrent la partie la plus risquée de leur actifs au détriment de leur fonction première : le financement de l’économie. En effet, nous assistons aujourd’hui à une difficulté d’accès au crédit pour les ménages tout comme pour les petites et moyennes entreprises alors que celles-ci représentent tout de même 97% des entreprises. Ce recul de l’activité bancaire est caractérisé par une forte volonté des entreprises de se financer entre elles et donc de ne plus faire appel à intermédiaire financier. Pourquoi les banques refusent-elles le financement ? Les taux d’intérêt sont bas et la Banque Centrale Européenne fait des politiques d’open market afin de racheter de la dette souveraine sur le marché secondaire ce qui soulage les tensions de liquidité malgré le No Bail Out instaurés par les allemands. Cette crise du financement provient d’un climat de non confiance total entre les banques mais aussi des banques vis-à-vis des épargnants c’est-à-dire que les banques ont peur aujourd’hui de se retrouver dans la même situation que Lehmann Brother et donc ne financent l’économie qu’en cas de certitude…

– Les défauts de la supervision bancaire
Si vous dirigez une entreprise, tout se passait magnifiquement bien avant l’arrivée des actionnaires quand vous et vos partenaires étaient les seuls propriétaires et que vous aviez affaire à des spécialistes du capital-risque qui comprenaient les résultats en dents de scie et la nature instable de la vie économique. Mais maintenant il y a cette analyste financier dans une société au centre de Manhattan, un gars de trente ans à l’esprit lent, qui « juge » vos résultats et y voit tout un tas de choses qui n’existent pas. Il aime les gratifications financières régulières, et c’est bien la dernière chose que vous puissiez apporter.

Il existe d’autres exemples plus connus comme le cas de Jérôme Kiervel ou encore de Bernard Madoff mais cette citation semble la plus pertinente pour notre sujet : les banques servent aujourd’hui l’intérêt de l’argent plus que de l’accompagnement du financement au sein des économies. Cette vision monétaire du financement a été accentuée avec les crises et les positions actuelles des gouvernements : les banques jouent énormément sur l’asymétrie d’information et n’investissent que si cela leur est profitable. L’asymétrie d’information est une notion définie par Akerlof en 1970 avec son célèbre marché de citrons dans lequel il montre que le vendeur en sait plus que l’acheteur sur la qualité du bien qu’il vend. Aujourd’hui, l’asymétrie d’information est doubles au sein du système bancaire car les épargnants comprennent de moins en moins le fonctionnement des banques et de la gestion de leurs bilans et les banques sont de plus en plus méfiantes avec les nouveaux investisseurs (peur du risque de défaut). Néanmoins, doivent-elles nécessairement rationner le crédit ? En effet peut-on vraiment parler de rationnement de crédit lorsqu’un emprunteur ne peut fournir les garanties exigées par la banque ou encore lorsque les banques ne sont pas capable d’évaluer le risque qu’elles doivent provisionner pour des raisons réglementaires ?

On rappelle que le rationnement du crédit, c’est quand le taux d’intérêt est tel que la demande de crédit supérieur à l’offre de crédit et donc que l’emprunteur est rationné alors qu’il est prêt à payer tous les coûts, monétaires et non-monétaires, exigés par les prêteurs. Irving Fisher fut le premier économiste a parlé du caractère vicieux de l’élévation du taux emprunteur qui sera développé ensuite par le modèle de Stiglitz et Weiss. Pour eux le taux moyen ne permet pas de distinguer les bons des mauvais risques et la hausse du taux emprunteur sélectionne les emprunteurs plus risqués. En effet, si un investisseur non risqué voit son coût de l’emprunt augmenté, il souhaitera, comme tout agent rationnel, trouver un autre financement et donc à ce taux, il n’y aura que les emprunteurs n’ayant aucun autre moyen de financement qui souhaiteront se financer auprès de ces banques. Cette anti-sélection pousse les banques à faire appel à de nouveau organisme financier : les Hedge Funds. Les banques recourent donc à du Shadow Banking c’est-à-dire à des acteurs financiers qui sont très peu régulé et qui, officiellement, sont là pour faire de la couverture ou de l’arbitrage sur les marchés mais qui, officieusement, sont des acteurs majeurs de la spéculation et de l’hyper volatilité du monde financier actuel. Le G20 cherche aujourd’hui à réguler ce Shadow Banking afin qu’il n’y ait enfin plus de secteur financier non régulé. Dans ce cadre, il propose une régulation indirecte : si la banque fait un CDS avec un fond souverain alors elle va devoir augmenter ses fonds propres alors que si l’action est réalisée avec une autre banque elle ne doit pas se couvrir. Les hedges funds sont très instable car on ne connait pas vraiment leur structure ni leur prise de position alors que ces institutions pèsent près de 2000 milliards de dollar dans le monde et donc peuvent notamment se permettre de prendre des positions longues sur le baril de pétrole ce qui le pousse à la hausse. Cette instabilité se caractérise par de nombreuses faillites : système de Law dans les années 1720, le fond MMM qui fit faillite en 1995 ou encore le fond Madoff qui utilisait un système de financement à la Ponzi.

En conclusion, pour s’assurer du risque de défaut des emprunteurs les banques ont recours à des financements plus mystérieux et instable ce qui génère de l’opacité et accentue l’asymétrie d’information. Face à ce problèmes, les gouvernements ainsi que les grandes institutions mondiales cherchent à réguler au mieux l’activité des banques jusqu’à prôner, pour certains, une refonte totale du modèle bancaire et financier.

La banque universelle : Et maintenant ?
Les plus hautes autorités mondiales comme notre nouveau président de la république, François Hollande, ont pour volonté de modifier en profondeur le système financier et de stopper la dictature des banquiers. En effet aussi bien la crise des ‘subprimes’ que la crise des dettes souveraines (perte du AAA en France ou encore aux USA) ont permis aux puissants de notre monde de cibler un coupable : les banques qui prennent des risques incontrôlés. Cette culpabilisation leur permet de se décharger de leur tort et d’éviter d’affronter les erreurs effectuées dans le passé notamment en laissant se développer le monopole des agences de notation mais aussi en octroyant une liberté totale aux systèmes bancaires tout en lui assurant une garantie de non faillite. Par exemple, Alan Greenspan, ancien président de la FED était connu comme un fervent supporteur de Milton Friedman et partisan du modèle du marché libre. Aujourd’hui la donne a changé et les états conscients de l’urgence de la situation souhaitent un retour aux sources…

– Volonté de changement aussi bien mondiale que national
Le G20 a été créé en 1998 et est donc un produit de la crise asiatique : il comprend le G7 et un certains nombres de pays émergeants. Après la chute de Lehmann Brothers, il est devenu l’emblème de la nouvelle gouvernance mondiale regroupant les chefs d’Etat aussi bien des pays dit développés que des pays en voie de développement (Chine, Inde, Brésil, Indonésie,…). Le seul problème de cette gouvernance est qu’elle ne permet pas de réglementation ni de loi mais préconise seulement des recommandations qui peuvent être suivies ou non.

Depuis 2009, le G20 a pris de nombreuses décisions pour limiter la puissance du marché bancaire en réformant le FMI (augmentation des ressources, nouvelles gouvernances,…), en créant une liste grise des paradis fiscaux mais aussi en prenant un certains nombres de mesures comptables et bancaires afin de solidifier le système actuel. Tout d’abord, il a cherché à renforcer la solidité des banques (niveau des fonds propres, ratio de liquidité) et créé une surveillance sur les banques dites « systémiques ». Cette liste comprend 29 banques dont les 4 plus grandes banques françaises (BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, Banque Populaire Caisse d’Epargne – BPCE) et, ces banques vont devoir posséder plus de fonds propres que les autres banques.

Ensuite, le G20 veut normaliser les règles comptables mondiales notamment au niveau de la Fair Value (ou de valeur juste) qui implique la valorisation d’actifs et de passifs sur la base d’une estimation de leur valeur de marché ou de leur valeur d’utilité par l’actualisation des flux de trésorerie estimés de leur utilisation. Cette valeur juste est notamment utilisée pour comptabiliser les actifs financiers qui n’ont pas vocation à être détenus jusqu’à leur échéance (notamment les produits dérivés). Par ailleurs, le G20 veut aussi faire migrer un certains nombres d’opération qui ont lieu sur les marchés de gré à gré vers les marchés organisés afin de mieux contrôler les opérations qui visent principalement les CDS (produits dérivés les plus instable).

Cette volonté de changement du secteur bancaire se caractérise aussi par de nombreux traités au niveau national. La France arrive en tête avec le passage à un modèle de supervision à deux pôles. Un pôle de contrôle des intermédiaires financiers (banques) qui régule et supervise cette activité par l’intermédiaire de l’Autorité de Contrôle Prudentiel créé en 2010 et un pôle des marchés financiers dirigé par l’Autorité des Marchés Financiers (AMF). Ces deux pôles travaillent en étroite collaboration ainsi qu’avec les régulateurs européens suite au rapport Larosière qui souhaite une plus grande intégration et normalisation au niveau européen entre les banques et le système financier. Les anglais avec le rapport Vickers marque aussi cette période de régulation et d’assurance coûte que coûte de l’épargne des contribuables. En effet, le rapport Vickers permet la garantie publique des activités de banque de détail, particulièrement des dépôts. Dans cette vision les déposants, qui sont assurés d’être protégés par l’Etat en cas de problème ne doivent pas subventionner implicitement la prise de risque des activités de trading. En outre, il définit aussi une limite entre les activités qui peuvent être « cloisonnées » et surveillées sur une base nationale, y compris les services aux particuliers et aux PME, et les activités de banques d’investissement, dont la régulation doit intégrer une composante multinationale pour être crédible. Ce rapport est donc le retour à la spécialisation bancaire au sein du modèle anglo-saxon qui l’avait abandonné fin des années 90. Cette volonté du retour à la spécialisation est aussi caractérisée par le Ring Fincing qui impose la séparation des activités bancaires afin de protéger les épargnants des produits les plus instables (énergie par exemple) en raison de perte des banques dans ce secteur.

Il y a certes une meilleure supervision bancaire depuis la crise comme nous avons pu le voir à travers le G20 mais aussi des prises de position nationale. Cependant, cette supervision doit s’accompagner d’une modification structurelle en profondeur de l’Europe…

– L’hétérogénéité de la zone euro et le spectre de l’innovation financière
La mise en place de Balle III dans la zone euro à partir de janvier 2013 pose le problème du défi de l’hétérogénéité de la zone euro à l’heure actuelle car comment appliquer une telle restructuration du monde bancaire si les pays ne sont pas sur le même pied d’égalité. Pour le moment, la priorité absolue est de consolider l’Europe avant de la développer. En effet, réduire l’hétérogénéité de la zone apparait difficile notamment à cause des disparités au sein de l’UE avec notamment la Grèce en pleine crise (25% de déflation salariale) mais aussi avec un bloc des pays du Sud, Espagne, Italie, Grèce et Portugal (PIGS) en plein incertitude et certains pays sont proche de la situation économique de la Grèce. Pour améliorer l’UE nous devons donc renforcer le fédéralisme entre les états, donner à la BCE un rôle de préteur en dernier ressort de plein exercice et renforcer les mécanismes de soutien. Tout d’abord, renforcer le fédéralisme européen apparait indispensable pour gérer les chocs asymétriques car les crises financières ne peuvent plus être gérer par un seul Etat à la fois et si nous nous basons sur le modèle américain, l’Europe reste loin du compte. En effet, il n’y a pas d’accord pour gérer le part du budget européen et cela ne pourra se faire qu’en payant un impôt européen. Ensuite, la clause du No Bail Out au sein de la BCE doit-être enlever même si depuis peu la BCE refinance à guichet ouvert c’est-à-dire que les banques empruntent à 1% (1000 milliards pour les banques) et déposent une partie en liquidité au taux de 0.25% ce qui permet de mieux gérer le risque au sein du système : il est peu probable que la BCE fasse faillite. Enfin avec la création des mécanismes de soutien (MES et FESF), les états en difficultés peuvent emprunter au taux de 4% avec la garantie des Etats les mieux notés. Néanmoins, malgré ses fonds importants, environ 750 milliards d’euros, ces fonds de soutien permettent d’assurer le risque de faillite d’un petit pays mais pas d’un grand pays comme l’Espagne ou l’Italie ce qui a tendance à augmenter l’incertitude sur le marché financier. Cette incertitude est accentuée par la BCE qui ne publie pas les minutes des déclarations contrairement à la FED et à la Banque Anglaise et donc apparait comme une organisation non démocratique et pas vraiment transparente malgré les conférences de Mario Bracchi : avant de demander une plus grande transparence aux banques, la BCE ne devrait-elle pas montrer l’exemple ? Cependant, le fait que les créanciers privées aient accepté en majorité le fait de perdre de l’argent (53.5% de leur créance) en reconnaissant le risque de défaut de la Grèce est encourageant car ils ont ratifié a 83% l’accord ce qui permet l’activation de la close collective. Au-delà d’un certain seuil, la Grèce peut donc obliger les autres à signer l’accord malgré leur désapprobation. Cette signature montre la volonté de changement du système bancaire et une vision commune avec les gouvernements. Cette perte de créance pose en conséquence un problème car les institutions financières n’aiment pas perdre de l’argent et surgit donc le spectre de nouvelles innovations financières non régulées pour compenser cette perte.

Une grille intéressante de lecture pour analyser les marchés financiers est le lien entre réglementation et innovation financière. Toute réglementation bancaire risque de provoquer de l’innovation financière pour contourner la réglementation trop couteuse. Par exemple, la titrisation fut développée pour esquiver certains aspects de Bale I notamment au niveau des fonds propres. En effet, nous pouvons remarquer que le régulateur a toujours un train de retard par rapport aux marchés financiers et donc il faudrait que les régulateurs arrivent à anticiper le marché. De plus, pour que ces nouvelles mesures fonctionnent, il est nécessaire que tous les pays adoptent Bale III. Or, nous craignons que les américains ne le fassent pas car aujourd’hui, seul les grandes banques américaines (25/6000) appliquent bale II et donc la probabilité que le pays à l’origine de la crise de 2007 n’applique pas Bale III n’est pas nulle ce qui pose le problème d’un jeu non coopératif mais ceci est autre débat…

Rousseff Maxime

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