Des musées au web : L’art vers un nouveau modèle économique ?

Depuis la crise du COVID-19, le monde de la culture et particulièrement les musées, les galeries et les autres monuments ont été contraints de fermer leurs portes au public pour une durée indéterminée. Les avions cloués au sol annonçaient également la fermeture des frontières, entrainant l’absence de touristes des quatre coins du monde prêts à visiter les hauts lieux de l’art. Les professionnels ont su s’adapter et ont su rebondir en se réinventant sur le web. La toile s’est transformée en un véritable terrain d’innovation.

De plus, de nouveaux acteurs, tels que startups et autres concepteurs, ont tenu à flot et remis en question le monde de l’art. Dans cet article, découvrons les nouvelles perspectives et les business-modèles proposés par les institutions du monde de l’art et ses économies émergeantes. Quelles sont les nouvelles opportunités pour ce secteur d’activité ?

Sur le web, des visites virtuelles ouvertes à tous

Dès 2020, alors que les mesures gouvernementales face au covid-19 se durcissaient, les musées et les galeries ont su répondre à la demande massive en développant des expositions exclusivement en ligne. Avec un droit d’entrée gratuit ou payant, cela en fonction du thème, les visiteurs du monde entier ont pu apprécier des oeuvres depuis leur canapé. Accompagné d’un guide audio et d’un casque de réalité virtuelle pour certaines, les visiteurs passent de salle en salle et apprécient les tableaux et les sculptures à leur rythme. Le Centre Pompidou en est l’exemple marquant en inaugurant sa première exposition consacrée à Miró, fin 2020. Une tendance en vogue qui continue de se développer en 2021.

L’art et la technologie : vers un partenariat pérenne

Pour offrir une expérience immersive, les musées ont du faire appel à des partenaires spécialisés pour proposer une visite des plus réalistes et optimales à leurs utilisateurs. C’est le cas de l’entreprise WAOLab, une agence basée à Paris, spécialisée en numérisation 3D pour les œuvres d’art. Cette agence accompagne le musée du Centre Pompidou, pour modéliser les infrastructures visuelles et les rendre opérationnelles.

L’UMA, Universal Museum of Art, co-dirigé par trois amoureux de la culture et des technologies, Jean Vergès, Benjamin Lanot et Damien Jacq, s’associe avec des professionnels pour offrir des visites en réalité virtuelle. Explorant les musées, les équipes de l’UMA parcourent les salles, prennent en photo chaque oeuvre et les accrochent dans les salles du musée entièrement numérisé. Depuis 2017, de nombreux musées français, dont le Musée d’Orsay à Paris, le Musée des Beaux Arts à Lyon ou encore le Musée Granet à Aix-en-Provence, se sont laissés séduire par cette nouvelle perspective.

Vers une démocratisation de l’art

L’art est connu comme une « valeur refuge » que l’on associe généralement à une élite. Toutefois, la vague Internet d’une part et celle de la crise sanitaire d’autre part ont vu fleurir une diversité d’offres et d’innovations. Nous pouvons souligner l’essor de la startup Singulart. Cette place de marché 100% digitale, utilisée par près de 6 500 artistes, permet à ces derniers de trouver des acquéreurs dans le monde entier. Une plateforme qui a vu un attrait croissant des particuliers en plein cœur de la crise. Une aubaine pour les particuliers qui souhaitent acquérir une ou plusieurs oeuvres d’artistes en vogue.

L’apparition des NFT, vers un art 100% numérique

Encore à ses débuts, le marché des NFT est apparu en pleine période de pandémie. Les NFT, Non Fongible Tokens, représentent une oeuvre d’art unique, ou numérotée et limitée, signée par des artistes et street artistes de renom ou moins connus, qui rend leur acquéreur propriétaire, en léguant leurs droits sur l’oeuvre, en échange d’un montant versé en cryptomonnaie. Ce nouveau format d’acquisition repose sur la blockchain Ethereum ; un concept unique et 100% numérique qui attire un nouveau public sensible à l’art et qui voit dans ce nouveau marché un véritable changement de paradigme que vivent la société et les systèmes dits « traditionnels ».

Ces nouvelles méthodes innovantes pour certains, disruptives pour d’autres, interrogent sur un nouveau mode de consommation de l’art. Internet a le pouvoir de rendre l’art accessible à un plus grand nombre ; il ouvre de nouvelles opportunités aux artistes et à de nouveaux acteurs (startups, entrepreneurs) qui y trouvent un nouvel espace pour s’exprimer et aussi apporter une nouvelle pierre à l’édifice.

En attendant que les Musées rouvrent leurs portes, un nouveau monde et de nouvelles économies émergent dans ce secteur. Quelle sera la prochaine ?

Source: image mise en avant © Anthony Gucciardi, Unsplash

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