Libra : la cryptomonnaie de Facebook fait-elle déjà trembler l’économie mondiale ?

C’est l’information économique incontournable. Facebook communique officiellement sur sa cryptomonnaie Libra. Cette annonce secoue les institutions financières mondiales en s’attaquant à un problème majeure et sans précédent pour plus d’un milliard de personnes dans le monde qui est celui de la débancarisation, explications.

Facebook en quelques chiffres

Facebook est une entreprise privée créée en 2004 par Mark Zuckerberg et basée à Menlo Park en Californie aux États-Unis. Facebook est connue pour son réseau social qui est le plus consulté au monde, avec plus de 2,27 milliards d’utilisateurs actifs mensuel (Octobre 2018. L’entreprise est aussi propriétaire de nombreuses startups et applications qu’elle a racheté au cours de cette dernière décennie dont Instagram en 2012, ou encore WhatsApp et Oculus VR en 2014. En 2019, Facebook annonce officiellement la venue de sa cryptomonnaie, Libra, avec la publication notamment de son livre blanc.

Présentation de Libra

Libra est une cryptomonnaie mondiale numérique garantie par une réserve et que les personnes peuvent utiliser quotidiennement sur le réseau Libra. Cette monnaie numérique fait émerger un écosystème financier plus inclusif conçu sur une blockchain publique. Le réseau Libra est une association indépendante, composée d’entreprises, d’ONG et d’institutions académiques de confiance, d’origines géographiques diverses qui sera dirigée par la fondation Libra basée à Genève en Suisse.

La blockchain publique de Libra sera basée sur un algorithme de preuve d’enjeu (= proof of stake) et dirigée par un consortium de noeuds. Elle proposera un système de tokens (= jetons) sur deux niveaux avec notamment :

  • le Libra pour effectuer des transactions quotidiennes,
  • et le LIT, Libra Investment Tokens qui permet de participer à la gouvernance du réseau. Ce token est un considéré comme un jeton de sécurité et sera réservé aux personnes ayant investit un capital conséquent ou entités.

Libra a développé un wallet (= portefeuille) natif disponible pour Android et IOS et surtout une intégration dans Messenger et WhatsApp. Le Libra ne sera pas seulement un stablecoin, ou monnaie stable, car il sera adossé à ensemble de monnaies fiduciaires dont le dollar, l’euro, la livre sterling ou encore le yen japonais.

portefeuille connecté

Libra suivi par de nombreux partenaires

De nombreux partenaires, 28, se sont déjà positionnés sur ce projet et nous pouvons compter des acteurs majeurs dans l’univers de la blockchain tels que Coinbase, Xapo, Anchorage ou BisonTrails. Les processeurs de paiement Mastercard, Visa, PayPal ou encore Stripe, mais aussi Uber pour les transports ou encore Vodafone et Iliade pour la téléphonie.

Libra stablecoin Facebook

Les 28 premiers investisseurs autour du projet Libra

Libra : une monnaie qui peut changer les règles

Dans son livre blanc, Libra a pour vocation de faciliter les paiements et transferts d’argent aux 1,7 milliards de personnes qui sont actuellement dé-bancarisées dans le monde. Ces dernières pourront régler ce problème depuis un smartphone, et ainsi facilité les échanges d’argent. En effet, il est aussi écrit : « Les adultes privés de services bancaires dans le système financier officiel pourraient également générer 110 milliards de dollars dans les économies mondiales, selon le Rapport Accenture sur l’inclusion bancaire ».

Libra dans le viseur des Etats

Des Etats-Unis à l’Europe, en passant par la Russie, les annonces des représentants et ministres des finances se sont exprimés au sujet de cette stablecoin en sommant la charge sur Facebook.

Bruno Lemaire, Ministre de l’économie, apprenant la venue de Libra dans l’univers des cryptomonnaie, a annoncé que « seule la monnaie était un attribut de la souveraineté des Etats » et que cela « devait rester dans la main des États » et d’ajouter que « les entreprises privées ne devaient répondre qu’à des intérêts privés et ne pas se mêler des affaires publiques. » Aux Etats-Unis Jérôme Powell, président de la banque centrale américaine, Federal Reserve, a annoncé que Facebook les avait déjà contacté. Ils ont soulevé les risques que pourraient apporter Libra dans le système économique. Monsieur Powell a confié à la chaîne CNBC que les attentes seront importantes « en matière de sécurité, solidité et de réglementations ».

Anatoly Aksakov, responsable de la commission parlementaire de la Russie et responsable des lois relatives aux crytomonnaies, est catégorique sur le sujet. Selon son avis, le Libra sera interdit dans le pays. Il ajoute que l’application Facebook ainsi que Calibra pourrait être bannie de la Russie. Enfin en Inde, Facebook pourrait se confronter à des problèmes de législations et donc passer à côté d’un marché potentiel colossal. Notons que l’Iran et la Corée du Nord, pays en mauvaise relation diplomatiques avec les Etats-Unis se verront refuser l’accès au service.

Une affaire à suivre

Les difficultés s’accumulent pour Facebook avant le lancement annoncé début de l’année 2020.Libra est, comme le cite le Rapport Binance, « un pont » entre l’univers fiduciaires et celui des cryptomonnaies. De plus, le coin Libra serait aussi tradable sur les exchanges, ce qui amènera une liquidité conséquente et ainsi ouvrir un champ des possibles jusque là jamais envisagé.

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