Coronavirus et économie

Détecter le problème

Tout d’abord, comment la Chine a détecté les premiers cas de patients infectés par le nouveau Coronavirus (Covid-19) ? Tout simplement en faisant attention et grâce à leur expérience face aux précédentes épidémies (SRAS par exemple) qui, comme souvent, partent de Chine. Nous n’allons pas ici remettre en question la culture chinoise, riche par bien des égards, et encore moins faire la leçon aux vendeurs n’animaux vivants prêt-à-manger dans les rues chinoises sans précaution sanitaire alors que la plupart des Français ne se lavent pas les mains lorsqu’ils sortent des toilettes. Les maladies assimilées à la « pneumonie » sont généralement bien connues et identifiables des médecins de par le monde.

La pneumonie est présente sous différentes formes qui sont facilement identifiables, notamment par analyse de sang ou d’autres procédés relativement simples. C’est lorsque ces tests se sont avérés négatifs pour certains patients, alors qu’ils présentaient les symptômes d’une pneumonie aiguë, que les médecins et chercheurs chinois se sont posés les bonnes questions. L’expérience du SRAS, et d’autres épidémies, nous ne sommes pas là pour en faire la liste, ont fait des épidémiologues chinois des experts mondiaux.

La communication de la panique

Lorsque le coronavirus a commencé à se généraliser ces dernières semaines, et surtout à se globaliser à mesure que les économies dépendent des produits chinois, les analyses généralisant un problème pourtant spécifique, agrégeant des chiffres qui n’ont pourtant pas de comparaison possible, et manipulant les statistiques dans le but peut-être inavoué de catalyser une psychose bien naturelle chez tout être humain ont fleuri sur les réseaux sociaux, puis les sites internet prétendument sérieux et la télévision.

L’agrégation de la confusion

Ces analyses aiment à agréger, par exemple, des pays comme la Chine, l’Iran ou l’Italie avec des pays comme la France, le Royaume-Uni ou les États-Unis. Ainsi, un taux de mortalité agrégé ou moyen de cette épidémie est communiqué, alors que ces pays ont des systèmes de santé complètement différents, chacun avec l’efficacité que l’on connaît. Mais au-delà de cela, du fait de la difficile identification de cette maladie chez tous les patients infectés, mais pas forcément malades (porteurs sains), du fait de l’impossible décompte des patients guéris (êtes-vous souvent revenus remercier votre médecin de vous avoir soigné ?), et du fait que compter un mort est malheureusement plus facile que compter l’ensemble des personnes infectées, guéries, porteurs sains et autres faux positifs, les chiffres et statistiques actuels doivent être considérés avec des pincettes.

D’autre part, n’est-il pas affligeant de calculer la somme de tous les cas (et donc de toutes ces approximations), sachant que le poids de l’Iran ou de la Chine en matière de quantités est énorme, pour fournir un résultat agrégé ?

La statistique de la psychose

Pourtant, outre le fait que chacun de ces chiffres doit être trié suivant son lieu géographique (et donc la solidité du système de santé, la qualité des soins médicaux, et la capacité des infrastructures matérielles et du capital humain à faire face suivant les contraintes), la tranche d’âge affecté, la comorbidité (qui par définition ne sont pas dus uniquement au Coronavirus en lui-même mais à un facteur additionnel de mauvaise santé), les ratios et taux de morbidités sont bel et bien calculés sans vergogne, car il faut de l’info, peu importe qu’elle soit juste.

Les folles comparaisons

La folie s’entretient et va plus loin. Lorsque l’on met dans une grande casserole beaucoup de cas qui ne correspondent pas au pays que l’on veut étudier, tant en matière de quantité que de tranche d’âge ou de système de santé, de comorbidité ou de qualité des indicateurs (la nouveauté de ce virus fait que la quantité de personnes véritablement infectés est vraisemblablement complètement différente du nombre de personnes identifiées), et que l’on compare cette folle agrégation au seul chiffre identifié avec grande précision, le nombre de morts, on donne un violent coup de pied au discernement scientifique.

Cela ne s’arrête pas là puisque l’être humain aime les référentiels. Tout le monde s’est donc mis à comparer avec ce qu’il connaît. Pourtant, dire que ce virus est plus dangereux que la grippe, alors que la grippe fait des dizaines de milliers de morts en France, malgré l’existence d’un vaccin, crée une psychose injustifiée, qui va créer la bonne crise économique que madame soleil prévoyait chaque année. Pas besoin de subprime ou de startup survalorisées cette fois-ci, l’homme et les médias ont très bien fait leur travail. Aussi comparer à d’autres maladies dont on mesure les ratios avec énormément moins d’approximation revient à comparer des oranges à des tomates, elles sont rondes oui.

Bien-être social

Le ton alarmiste des articles qui utilisent ces raccourcis contribue à la crise économique et financière qui vient. Qui est là. Que les réseaux sociaux ou les journalistes, peut-être poussés par les états pour faire oublier des réformes qui ne seraient pas passées sans le Coronavirus (Covid-19), aient catalysé ou non cette incertitude, les masses sont maintenant extrêmement inquiètes et cessent toute activité. Entreprises fermées, vols annulés, hôtels sans clients, pas d’école, pas de spectacle bien qu’il y ait encore des matchs de foot (sectionnerions-nous les divertissements et rassemblements ?), les échanges mondiaux réduits au presque néant, la production chinoise qui nourrit les productions occidentales à l’arrêt, où va-t-on ?

Tout ça à cause d’une erreur statistique ou d’une exagération étatique ou médiatique ? Pourtant l’État peut perdre gros. Et le bien-être de la population sera forcément affecté, et c’est la population qui en paiera les frais. Je profite de cet article pour lancer un appeler aux décideurs et gouvernants : faites attention à vos futures décisions, car scléroser une économie détraquée sevrée de soupe psychotique peut mener à une catastrophe économique et financière qui n’a peut-être jamais été connue. Oui, peu de gens savent gérer une situation de crise, mais beaucoup sont aptes à la créer. Gérer la communication, contrôler l’incertitude, prendre les bonnes décisions, toutes ces qualités sont rares en général, aussi chez les gouvernants.

Prévenir le virus et la folie

Lavez-vous les mains au savon, bien comme il faut, autant de fois que vous pouvez. Ne touchez pas votre nourriture, votre nez, vos yeux, et d’autres orifices sans vous être lavé les mains au savon, éloignez-vous de la bouche des gens (lorsqu’ils parlent par exemple), buvez des boissons chaudes, analysez vos mauvaises habitudes (vous vous rongez les ongles ?) etc. Faites déjà cela, et vous limiterez la probabilité d’être infecté par le virus. Mais au-delà de cela, maintenez votre activité et ne cédez pas à la peur, adoptez un sens critique aux informations reçues. Je ne parle pas des masques qui, pour être efficaces, doivent avoir certaines certifications et normes que 95% de ceux vendus et arrachés (voir volés dans certains hôpitaux) n’ont pas. Le masque est surtout utile pour les personnes pressentant des symptômes afin de ne pas les propager.

L’exagération et la généralisation, le manque de prévention et d’hygiène sanitaire, et les systèmes de santé à l’aboi, vont sérieusement affecter le bout de la chaîne, vous et votre niveau de vie.

Les effets de second ordre

Prenons un exemple. Sachant que toutes les valeurs énergétiques (pétrole, gaz, électricité, charbon) sont liées à l’activité économique, si celle-ci diminue, toutes les valeurs énergétiques et la rentabilité de leurs investissements vont diminuer à une vitesse incontrôlée. Mais les effets de second ordre sont beaucoup plus importants que l’impact direct. Reprenons cet exemple avec une société énergétique qui a créé un effet de levier auprès d’institutions financières ou des marchés pour s’endetter à un haut niveau afin de réaliser un investissement (sensé rembourser les engagements autour de celui-ci). Comment rembourser si les revenus cessent ? Comment limiter le désengagement des préteurs ? Comment éviter l’écroulement de toute une activité en peu de temps ?

Les effets de levier en tous genres qui ont été pris avant la crise sont aujourd’hui menacés par cette panique. On peut se retrouver, à plus grande échelle, et si ça continue, avec un pays en défaut (le cas grec à lui aussi été mis à jour suite à la crise de 2008, le Liban à fait défaut il y a quelques jours). Toujours dans ces effets de second ordre, les pays avec une population surendettée qui auront pris des mesures sur la base d’un principe de précaution exagéré ayant cédé à une panique fondée sur des approximations vont générer une baisse de revenue globale de leur population (faillite d’entreprises, hausse du chômage, baisse générale des salaires) les empêchant de rembourser leurs prêts, entraînant une faillite généralisée. Décideurs politique, investisseurs, institutions, analysez et optimiser vos décisions et communications afin d’éviter à tout prix une entrave à la liberté d’entreprendre, de commercer, de travailler et de créer. Apprenez à gérer l’incertitude.

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