Economie & Finance
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de recherche, des débats et
des analyses économiques.

Il faut trouver un moyen d’inciter les meilleurs chercheurs, français ou non, à s’établir en France tout en donnant l’opportunité aux nouveaux entrants de devenir de bons chercheurs de niveau international. Sauf que l’un ne va pas sans l’autre : sans l’apport des meilleurs chercheurs, les nouveaux entrants ne peuvent s’épanouir car le contact et la proximité jouent un rôle fondamental dans la recherche. Une publication dans une revue internationale nécessite des années de préparation, et de multiples rencontres, et si les meilleurs ne sont pas à proximité des nouveaux entrants ou des chercheurs moins productifs (mais pas forcement moins intelligents), soit l’une des deux parties se déplace (en général, départ pour les USA, l’Angleterre ou le Canada), soit la recherche tombe dans les oubliettes ou dans le meilleur des cas se fragmente en petites publications dans des revues insignifiantes.

En somme, il faut valoriser la recherche tant par une incitation salariale (est-ce normal qu’un chercheur français soit moins bien payé qu’un chercheur américain ou anglais alors que l’on souhaite être meilleur qu’eux ?) que par une incitation académique (titres, responsabilités académiques, encadrement de séminaires). Pour rivaliser avec les autres pays, il faut non seulement s’en inspirer mais surtout faire mieux qu’eux : il faut donc payer les chercheurs autant ou plus que ce qu’ils gagneraient à l’étranger et les faire monter de grade académique (et donc de salaire) uniquement en fonction de leurs contributions scientifiques (évaluation par des chercheurs du même domaine de recherche) et/ou de leur qualité d’enseignement (évaluation par les élèves).

Beaucoup de chercheurs dans des domaines plus scientifiques, sont d’anciens ingénieurs. Question : comment inciter nos têtes pensantes, nos « élites », à s’investir dans la recherche (3 années d’études supplémentaires, au minimum, et un salaire d’entrée mensuel de 1700 euros net à l’université) alors qu’à la sortie de leur école d’ingénieur, les meilleurs sont foncièrement incités à entrer dans le marché du travail (et commencent en moyenne à 2400 euros net par mois alors qu’ils peuvent être d’excellents chercheurs) ?

Il n’y a pas de crises de vocations, il y’a surtout un problème d’incitation. C’est d’ailleurs aussi valable en sens inverse : pourquoi les universités américaines sont-elle les meilleures ? Cf. ci avant concernant la rémunération des enseignants, mais pas seulement : le coût d’entrée à l’université américaine est dissuasif et permet, en plus de financer l’université, évidemment, de faire prendre conscience à l’étudiant qu’il DOIT réussir, sinon ce sont par exemple 30000 euros fichu à la poubelle. De plus, ce processus, en plus d’être rémunérateur, permet aussi et surtout d’être discriminant car les mauvais ne vont pas s’investir dans les études alors qu’actuellement, à l’université, tant en licence qu’en master, les mauvais sont nombreux… a cause de la quasi gratuité de l’université française.

Cela dit, des systèmes de bourse envers les élèves les plus modestes mais les plus prometteurs (et uniquement eux) serait mis en place en parallèle afin de donner sa chance aux plus démunis mais aux plus intelligents. Ce système permet aussi aux plus mauvais qui ont les moyens de payer leur scolarité de réfléchir à deux fois avant de s’investir tant scolairement que pécuniairement dans une scolarité universitaire où la présence devra, à terme, être rendue OBLIGATOIRE à tous les cours et TD.

En effet, quel intérêt à l’Etat ou le contribuable à financer des enseignants, bon ou mauvais, pour donner des cours à 60% des élèves : c’est tout de même 40% de pertes mutuelles car tant le contribuable (qui participe à une part du financement de l’Etat) et l’Etat (qui subventionne et reparti les aides publiques) sont perdant si des mesures ne sont pas prises. Enfin, il est clair que si l’étudiant paie plus cher sa scolarité, il viendra assister au cours…

Concernant la qualité des enseignants en tant qu’enseignant, en plus de les valoriser par la recherche, il faut valoriser les meilleurs enseignants pour leurs qualités pédagogiques car c’est aussi l’objectif d’une (bonne) université : l’enseignement des savoirs. Un mécanisme d’évaluation régulier par tous les étudiants (donc obligatoire) doit être mis en place.

Concernant les mécanismes de financement, le rôle de l’Etat doit certes continuer via un mécanisme de subventions régulières et constantes et par un mécanisme de prime à la recherche : les universités qui publient le plus (avec une pondération en fonction de la qualité des revues académiques) recevront des subventions-primes que d’autres qui ne publient pas ou peu ne recevront pas. Un part fixe (pour le service public) et une part variable (pour la recherche). Avec l’autonomie des universités, cela permettrait d’ailleurs d’allouer ces primes aux chercheurs qui publient beaucoup et/ou dans de grandes revues (ce qui incite les meilleurs chercheurs à venir en France) ou de réserver cet argent à l’investissement (recrutement de professeurs, achat de matériel spécifique etc…).

Toujours concernant les financements, le rôle du privée ne doit pas être négligé et doit être encouragé par l’Etat (défiscalisations spécifiques pour la recherche ?) et par les universités. L’indépendance de ces dernières lui laisse le choix des mécanismes, mais l’Etat doit évidemment inciter l’investissement (régulier) des entreprises dans l’université et les jeunes de demain.

Concernant la réforme, il ne faut surtout pas cantonner un enseignant chercheur vers l’un ou l’autre car il doit faire les deux : enseigner et chercher. Limiter ses heures de cours à un certain quota doit lui permettre de chercher, et avec ces mesures incitatives citées plus haut, ce sera le cas, contrairement à aujourd’hui.

En conclusion, un enseignant chercheur devra être jugé, comme son nom l’indique, tant par rapport à ses qualités d’enseignant que par rapport à ses résultats de recherche. L’université française doit être remodelée voir transformée en profondeur afin de rivaliser avec les universités du monde entier. La recherche, tant scientifique que littéraire ou philosophique est une spécificité française de longue date et se faire dépasser par d’autres pays ne doit pas être synonyme de fatalisme, mais d’action.

Par un chercheur…

Tout commença en 1920, à Boston.

Une chaîne de Ponzi, dynamique de Ponzi, ou jeu de Ponzi, est un système de vente pyramidale, une forme d’escroquerie par cavalerie, fonctionnant par effet boule de neige, consistant en la promesse de profits très intéressants, financés par l’afflux de capitaux investis progressivement, jusqu’à l’explosion de la bulle spéculative ainsi créée. Ce système tient son nom de Charles Ponzi qui est devenu célèbre après avoir mis en place une opération immobilière frauduleuse en Californie fondée sur ce principe.

Charles Ponzi utilisa ce système en 1920 à Boston, ce qui fit de lui, personne anonyme, un millionnaire en six mois. Les profits étaient censés provenir d’une spéculation sur les International postal reply coupons (« Coupons-réponse internationaux »), avec un rendement de 50 % en 90 jours. Environ 40 000 personnes investirent environ 15 millions de dollars, dont seulement un tiers leur fut redistribué.

L’Union Postale Universelle (UPU) qui regroupe les administrations postales du monde depuis 1878 – avait répondu le 1er octobre 1907 par la création des Coupons-réponse internationaux à la demande de l’émission d’un timbre-poste universel. Un particulier achetait dans son pays un Coupon-réponse international au prix de 0,28 Franc (ou son équivalent) et l’envoyait à son correspondant, partout dans le monde. Ce destinataire se rendait dans un quelconque bureau de poste où, contre la remise de ce coupon, il recevait un ou plusieurs timbres-poste de son pays, d’une valeur correspondant à l’affranchissement d’une lettre en service international (0,25 Franc ou son équivalent). La différence de 0,03 Franc servait à couvrir les frais de compensation entre les administrations postales, l’une ayant reçu la totalité de l’argent du coupon, l’autre ayant vendu un timbre-poste sans perception d’argent. Comme il y avait à cette époque une bonne stabilité de la parité de change des monnaies, le système pouvait fonctionner sans problèmes.

La sortie de la Première Guerre mondiale et ses conséquences financières dans l’économie mondiale ont totalement ébranlé le système de par les dévaluations fréquentes constatées et l’augmentation des tarifs postaux qui s’ensuivirent. Des administrations postales devenaient déficitaires dans ces échanges et durent prendre des mesures restrictives à l’utilisation de ce service.

Mise en situation

Imaginons que quelqu’un propose un investissement à 100 % d’intérêts : vous lui donnez 100 euros, il vous en rend 200 en utilisant l’argent déposé par les clients suivants (il lui suffit d’ailleurs de proposer un rendement double des rendements connus du marché pour s’attirer de la clientèle et pour durer). Le système est viable tant que la clientèle afflue, attirée en masse par les promesses financières (et d’autant plus tentantes que les premiers investisseurs sont satisfaits et font une formidable publicité au placement). Les premiers clients, trop heureux de ce formidable placement, reviennent dans la chaîne eux aussi, s’ajoutant à tous ceux auxquels ils ont prêché.

Le phénomène fait alors boule de neige, entretenu tant que l’argent rentre et permet de payer à 100 % les nouveaux investisseurs. L’organisateur prend une commission, bien compréhensible lorsque l’on voit les promesses qu’il fait, et qu’il tient. La chaîne peut durer tant que les clients arrivent par 2, 4, 8, 16, 32, etc. Lorsque la chaîne se coupe, la bulle éclate : tous les derniers investisseurs sont spoliés. Sont gagnants ceux qui ont quitté le navire à temps et, surtout, l’organisateur qui est très rarement un banquier.

Chaînes de Ponzi célèbres

En 1997, l’Albanie a connu l’effondrement de « banques pyramidales » qui ont provoqué des émeutes causant des milliers de morts.

En novembre 2008, 500 000 Colombiens ont été victimes de la société d’investissement Proyecciones DRFE Dinero rapido, facil y en efectivo (argent facile, rapide et en liquide) qui reposaient sur un système de Ponzi.

L’homme d’affaires américain Bernard Madoff, qui n’est pas banquier, a créé un schéma de Ponzi qui a fonctionné pendant 48 ans, de 1960 à 2008. Il était gérant d’un hedge fund qui promettait des retours sur investissements relativement élevés, de l’ordre de 8 à 12% par an. Mais ce qui sortait le plus de l’ordinaire avec les performances qu’affichaient ses fonds était l’absence de retours négatifs sur de très longues périodes et une volatilité (l’équivalent du risque de l’investissement) très faible. Autre indice alarmant, à la clôture de chaque exercice, Madoff déclarait être liquide, c’est-à-dire détenir tous ses avoirs en liquidités, et ainsi ne publia jamais de relevés indiquant la quelconque possession de titres financiers. Enfin, les titres sur lesquels il disait investir, notamment des options sur indices, n’étaient pas assez liquides pour « absorber»  les volumes qu’un fonds de la taille de celui que Madoff aurait engendré. L’utilisation de clients réputés et des postes élevés dans l’administration, l’assuraient d’un prestige important. Lorsque de nombreux clients ont souhaité retirer leurs avoirs de sa société d’investissement en 2008, à la suite de la crise financière, ils se rendirent compte que les caisses étaient vides et qu’ils avaient perdu tout leur argent. Avant son arrestation, Bernard Madoff gérait officiellement 17 milliards USD.

Une purge purificatrice d’assainissement

Purge
Le premier mot ne représente que le début de la crise, qui met en évidence les gros problèmes, et les règle avec les moyens du système:  le désaveu des actionnaires ou des banques sur telle ou telle entreprise entraine sa chute. Les mauvaises entreprises font faillites, et certaines qui ne l’étaient pas sont emportée dans la foulé, pour prouver que le marché n’est pas forcément parfait ou que ces entreprises n’étaient pas si saines que cela aurait du. La purge se fait donc à tout les étages de l’économie, des licenciements aux aux valeurs financières. Les mauvaises valeurs sont fortement sanctionnées, plus qu’habituellement notamment à cause de la réévaluation des primes de risque.

Purification
Les mauvais salariés partent, certes, mais certains très bons sont emportés. Mais il faut optimiser plus que d’habitude et surtout compenser la baisse brutale de la demande. Il faut donc éliminer les « boulets»  de l’économie, ces mauvaises entreprises vivants essentiellement sur des prêts prolongé ou réinitialisés tout les mois ou tout les ans, et n’étant pas capable de dégager une marge suffisante pour être indépendante financièrement. D’autres entreprises, en transition, toutes nouvelles ou déjà plus anciennes sont plus saines. Bien que leur carnet de commandes soit full, le contre-coup de la raréfaction du crédit incite les banque à ne même plus prêter à ces entreprises faiblement risquées. Mais ces deux derniers termes ne veulent plus rien dire en temps de crise de confiance et de crise économique majeure…

Assainissement
Il s’agit du seul avantage d’une crise économique: plus elle a de l’ampleur, et plus le point positif de la crise se réalise. La crise des valeurs internet, qui n’était en fait qu’une simple force de rappel d’une bulle auto-entretenue, n’a pas joué son rôle d’assainissement. La faiblesse de cette crise n’a assainie que le secteur qui était concerné (les valeurs technologiques). En 2009, la crise économique et financière touche ou va toucher tous les secteurs économiques, ce qui aura pour avantage d’assainir drastiquement le système en éliminant les mauvais acteurs: en éliminant les mauvais homoeconomicus (Madoff, traders à l’égo surdimensionnés, hommes politiques et décideurs économiques et financiers) et les mauvaises firmes (Lehman Brothers, Northern Rock, Fortis…). Cet assainissement permet d’entrevoir des jours meilleurs, mais la conséquence risque d’auto-entretenir cette crise: le chômage.

En effet, le chômage risque d’être la nouvelle frayeur de 2009. Après la purge, la purification et l’assainissement de l’économie, la contraction du marché du travail risque d’impacter négativement de très bonnes entreprises par une accentuation de la crise de confiance et un affaiblissement de la demande due aux pertes d’empois massives. Le bénéfices de cette crise pourraient alors être effacés au détriment d’un renforcement de l’impact des ses conséquences sur elle-même.

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Afin de mieux cerner notre propos, commençons par une définition du risque moral (moral hazard en anglais) dans le cadre d’asymétrie d’information. Le risque moral (encore appelé aléa de moralité) est le second concept induit par une situation d’information asymétrique. Mais, à la différence du risque d’antisélection, il s’agit d’un risque postérieur à la conclusion du contrat (» ex-post» ). Le fait de conclure un contrat avec un agent risque de provoquer de sa part un comportement négatif (peu « moral» ) susceptible d’aggraver a posteriori les conditions de la partie principale qui s’est engagée.

L’exemple classique est fourni en matière d’assurance. Le contrat est par nature aléatoire, c’est-à-dire que l’assureur couvre un risque dont il ne peut qu’estimer la probabilité de survenance. Or, le fait d’être garanti peut accroître la prise de risque de la part de l’assuré.

En supposant qu’une compagnie d’assurance accepte d’assurer les automobilistes contre les amendes et frais liés aux excès de vitesse, le risque est grand pour l’assureur de voir ses assurés rouler encore plus vite (et donc de devoir payer plus d’amendes) en raison même de l’assurance.

Certains prétendent aussi que le remboursement à 100 % des médicaments entraînerait une surconsommation médicale.

En économie financière (finances nationales ou internationales), la théorie conduit à affirmer que la remise de certaines dettes ou l’existence d’un prêteur en dernier ressort (Institution internationale, État ou Banque centrale) peut aussi inciter les agents endettés (par exemple des banques commerciales ou des pays) à prendre des risques excessifs affectant leur solvabilité puisque ces agents, quoiqu’il arrive, n’ont pas à craindre les conséquences de leurs actions.

En économie de la réglementation, une entreprise qui a passé un contrat avec les pouvoirs publics peut ultérieurement à la passation du contrat, se montrer peu efficace, voire inattentive à sa gestion (tel est le cas de l’entreprise indemnisée pour faire des investissements de dépollution qui se soucie peu, après avoir été indemnisée, de l’environnement ; ou du monopole public qui se préoccupe plus de son intérêt propre que de l’intérêt général).

La stratégie pour limiter le risque moral est double : elle passe par le contrôle du mandant ; elle peut consister aussi en l’intéressement de l’agent aux résultats afin de s’assurer de son efficacité effective.

Quid des plans de sauvetage actuels ?

Peu de gens se posent cette question, qui pourtant doit trouver un écho: certes les banques sont des entreprises à part, comme nous l’avons vue lors de précédents articles, mais en quoi des entreprises industrielles telles que General Motors ou Ford sont des entreprises aussi spéciales que les banques (qui détiennent nos épargnes et nos comptes courants et qui financent l’économie via la mise à disposition de crédits et d’outils de financement) ?

Bien évidemment, je ne proclame pas ici ma volonté d’assainir l’économie au point de faire émerger une volonté de mise à la porte pour chômage technique de milliers d’ouvriers américains du secteur automobile, mais je me pose la question suivante: sauver General Motors and Co. au risque de voir taper à la porte de l’état interventionniste d’autres entreprises en difficulté (infrastructures, transports, construction…) qui réclameront une forme de jurisprudence interventionniste (exagérée), ou laisser faire le marché (financement, loi sur les faillites aux U.S.A, fusions et acquisitions de certains pôles…) au risque évident de détruire des milliers d’emplois ?

Je ne pense pas qu’une réponse manichéenne puisse exister.

Mais une évidence subsiste tout de même: le risque engendré par une suite de faillites et de fusions acquisitions, entrainant des destructions d’emplois massives, est tout de même bien inférieur au risque engendré par une intervention de l’état (massive elle aussi), permettant aux (grosses) entreprises de prendre des risques surdimensionnés avec leur outils de production (tant du point de vue du capital financier que du capital humain et matériel). Car ne nous voilons pas la face: c’est bien d’une autorisation implicite à prendre un risque « anormal»  dont on parle. En d’autres termes, c’est un problème (» massif» ) d’aléa moral dont il est question ici. Il faudra pourtant choisir.

Aléa moral vs. destructions massives d’emplois

Les entreprises du secteur automobile sont les premières concernées, mais ne seront surement pas les dernières. En effet, la gestion déplorable de leurs anticipations de vente n’est pas la raison principale de la quasi faillite de ce secteur d’activité. La restriction du crédit (car 95% des achats de véhicules se font à crédit) conjuguée à une aversion des consommateurs/entreprises pour les investissements (confiance vs. automobile) reste la principale cause de la chute vertigineuse des ventes et des anticipations de ventes de voitures dans le monde.

De la même manière, des secteurs tels que la construction et l’immobilier, l’aviation et la construction navale (ou d’autres infrastructures), seront touchés. Faudra-t-il intervenir ? Posons la question en supposant que l’état (américain, français, allemand) intervienne: pourquoi ne pas intervenir ? En effet, si l’état intervient une fois, il est « obligé»  d’intervenir mille fois car l’un réclamera comme l’autre prétextant, non sans torts, qu’il n’est pas une industrie négligeable (du point de vue du capital humain par exemple).

Le risque moral se manifesterait aussi par le fait que l’état, en intervenant, permet à ces entreprise (ou d’autres) de renforcer l’idée que la prise de risque est « assurée»  par l’état qui renfloue les caisses.

Une crise sans fin ? Une crise a toujours une fin, mais les moyens d’y parvenir différent fortement selon les économistes et les politiques. Mais bien que le retour en grâce de l’interventionnisme est largement validé par tous les pays du monde, il faut rester calme et surtout ne pas se précipiter au risque de créer un crise encore plus grave pour les années à venir: le surplus de confiance envers l’état « assureur» . Sans pour autant me référer à une certaine main invisible du marché* (Adam Smith), il serait préférable de laisser l’économie trouver son chemin, même si l’on passe par des moments difficiles en termes de chômage et de déceptions.

Dernière question avant de clôturer cet article
En plus de l’arbitrage complexe exposé si dessus entre la limitation du risque moral et l’intervention permettant de « sauver»  certains secteurs industriels tels que l’automobile, un second arbitrage doit être exposé et analysé au plus vite par l’administration (qu’elle soit américaine ou européenne): quel serait le différentiel entre le cout de la non-intervention (paiement par l’état des allocations chômage, pertes des charges salariales et patronales, baisse du pouvoir d’achat diminuant les recettes fiscales etc…) et le coût de l’intervention de l’état ? En effet, cela ne couterait-il pas plus cher à l’état d’intervenir au risque que cela ne marche pas (si l’économie ne suit pas, la demande n’est pas là, les stocks sont trop conséquents, la technologie (pétrole) est en transition (voiture électrique, normes écologiques)…) plutôt que de ne pas intervenir ?

Une chose est sure (et même certaine): l’état est perdant et par voie de conséquence nous sommes perdants (peut être pas nous mais nos enfants).

*Adam Smith n’est pas pour autant l’apôtre d’un capitalisme sauvage. Le principe du marché tel qu’il le décrit s’applique à l’économie artisanale de son époque. Il en a conscience et dénonce les industriels qui par les ententes et les monopoles tentent de contourner la loi du marché à leur seul profit. Ce n’est donc pas l’État qui menace le plus l’économie de marché mais plutôt les industriels, et il revient à l’autorité souveraine de s’assurer du respect des règles du marché.

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V. V. Chari, Patrick J. Kehoe et Ellen R. McGrattan ont-il véritablement jeté ce que certains nomment un pavé dans la mare ? A en croire l’intitulé de leur dernier document de travail de la Federal Reserve de Minneapolis, ils n’y vont pas de main morte. Petit retour en arrière…

La nouvelle économie keynésienne est un courant de pensée économique né dans les années 1980, qui se réclame de la pensée keynésienne pour quelques idées seulement, mais s’oppose à l’intervention trop rigoureuse de l’État lorsque le marché est incapable d’assurer une situation efficace. Il est né comme une tentative de réponse à la nouvelle économie classique.

Cette nouvelle école n’est pas un courant de pensée unifié, mais ses principaux participants, – Joseph Stiglitz, George Akerlof, Gregory Mankiw, Stanley Fischer, Bruce Greenwald, Janet Yellen et Paul Romer, sont d’accord sur deux points fondamentaux: la monnaie n’est pas neutre et les imperfections des marchés expliquent les fluctuations économiques.

La parenté avec Keynes est retrouvée quand ils abordent des questions de chômage involontaire, les forces du marchés ne suffisant pas. Ils partagent le même point de vue avec l’école de la nouvelle économie classique sur les anticipations rationnelles, à la seule différence qu’ils pensent que celle-ci n’est pas l’argument de taille pour affirmer l’existence de l’équilibre général, que le chômage est volontaire et enfin la neutralité de la monnaie.

Il existe d’autres courants de pensée économiques se déclarant les héritiers de Keynes : les néo-keynésiens (proches des néoclassiques ou néo-libéraux) et les post-keynésiens voulant refonder la véritable approche révolutionnaire de l’analyse de Keynes dans le Traité sur la monnaie (1930) et la Théorie Générale (1936).

A la question comment résumeriez-vous les principales propositions de la nouvelle macroéconomie keynésienne ?

Gregory Mankiw répond : « Les propositions centrales sont largement théoriques, plutôt que pratiques. Les nouveaux keynésiens acceptent le concept du monde telle qu’elle est résumée dans la synthèse néoclassique: à court terme, l’économie peut dévier de son niveau d’équilibre et les politiques monétaires et budgétaires ont des effets importants sur l’activité économique réelle ».

Alors, les modèles Nouveaux Keynésien ne sont-il pas si utiles pour l’analyse de la politique économique? Pas totalement. Bien que leur utilisation à outrance ces dernières années à démontré leur utilité sans contestes, Chari, Kehoe et McGrattan montrent ici que la principale raison de leur utilité quasi nulle réside dans le fait que de nombreuses modelisations les utilsant ont ajouté tellement de parametres (libres) que les dispositifs qui en découlent sont douteux.

Pour éviter cela, les auteurs conseillent d’ajouter moins de paramètres quitte à partir d’un petit modèle et d’avancer petit à petit de manière disciplinée afin d’apporter des preuves micro-fondées plus probantes renforçants ces modèles.

Lien vers l’article complet (en anglais)…

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Mark Carlson et Jason Steinman ont publié cet article originellement intitulé « Market Conditions and Hedge Fund Survival»  dans la serie Finance and Economics Discussion Series du Federal Reserve Board (Washington, D.C.). Dans cet article, ils décrivent les conséquences des faillites de Hedge funds sur l’aggravation des crises financières en période de forte volatilité des marchés. De ce fait, ils construisent une analyse formelle inédite sur l’impact des conditions de marché sur la survie des Hedge Funds.

L’analyse est faite en prenant des données individuelles de fonds et d’industries par la suite agrégées. Ils trouvent effectivement que les rendements et la volatilité du marché influencent les faillites des fonds bien que l’impact dépend des stratégies d’investissement des fonds.

Les résultats de l’analyse sont utilisés pour prédire les faillites de fonds sur la base des rendements actuels du marché et d’une variété de scénarios d’évolution de marché (stress scénario). Ils trouvent que l’industrie des Hedge Funds est généralement robuste aux différents chocs.

L’article en lui même est bien ficelé mais il est tout de même trop empirique pour véritablement constituer un preuve fiable quant au lien entre les conditions de marché et les faillites de Hedge Funds. Cependant, la contribution intéressante de cet article est de fournir une information sur l’impact des conditions de marché que les probabilités de faillites. Tourné différemment, cela reste plus plausible. Ils trouvent en effet que quelque soit les taux de rendement du marché, les Hedges Funds sont plus prédisposés à la faillite en période de déclin des marchés US et de dépréciation du Dollar.

La volatilité est néfaste à quelques fonds tandis qu’elle peut être bénéfique pour d’autres. Qu’en serait-il d’une telle analyse en France, avec un secteur Hedge Funds balbutiant ?

Lien vers l’article (anglais)…

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Par Sanvi Avouyi-Dovi, Rafał Kierzenkowski et Catherine Lubochinsky.

Cet article propose l’analyse de co-mouvements entre variables réelles et financières dans trois nouveaux pays membres de l’Union européenne (Hongrie, Pologne et République tchèque) ainsi que dans la zone euro. Il s’agit de l’examen du co-mouvement d’une part entre le crédit aux entreprises et la production industrielle réels, d’autre part entre les variables précédentes et un indicateur de politique monétaire, le taux d’intérêt réel à 3 mois. Partant du principe qu’il n’existe pas de définition unique du cycle économique, nous adoptons trois approches différentes : identification de points de retournement des séries et évaluation d’un indice de concordance ; décomposition et comparaison des différentes composantes cycliques des séries ; enfin, calcul des corrélations dynamiques entre les variables. Nous trouvons une meilleure convergence des cycles réels que des cycles financiers entre les nouveaux pays membres de l’UE et la zone euro. Il n’existe pas une forte dépendance entre crédits et la production industrielle dans tous les pays ; cependant, il apparaît que la politique monétaire lisse la distribution du crédit au cours des cycles.

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