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déc
15
Aléa moral, institutions et crise.
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Afin de mieux cerner notre propos, commençons par une définition du risque moral (moral hazard en anglais) dans le cadre d’asymétrie d’information. Le risque moral (encore appelé aléa de moralité) est le second concept induit par une situation d’information asymétrique. Mais, à la différence du risque d’antisélection, il s’agit d’un risque postérieur à la conclusion du contrat (”ex-post”). Le fait de conclure un contrat avec un agent risque de provoquer de sa part un comportement négatif (peu “moral”) susceptible d’aggraver a posteriori les conditions de la partie principale qui s’est engagée.
L’exemple classique est fourni en matière d’assurance. Le contrat est par nature aléatoire, c’est-à -dire que l’assureur couvre un risque dont il ne peut qu’estimer la probabilité de survenance. Or, le fait d’être garanti peut accroître la prise de risque de la part de l’assuré.
En supposant qu’une compagnie d’assurance accepte d’assurer les automobilistes contre les amendes et frais liés aux excès de vitesse, le risque est grand pour l’assureur de voir ses assurés rouler encore plus vite (et donc de devoir payer plus d’amendes) en raison même de l’assurance.
Certains prétendent aussi que le remboursement à 100 % des médicaments entraînerait une surconsommation médicale.
En économie financière (finances nationales ou internationales), la théorie conduit à affirmer que la remise de certaines dettes ou l’existence d’un prêteur en dernier ressort (Institution internationale, État ou Banque centrale) peut aussi inciter les agents endettés (par exemple des banques commerciales ou des pays) à prendre des risques excessifs affectant leur solvabilité puisque ces agents, quoiqu’il arrive, n’ont pas à craindre les conséquences de leurs actions.
En économie de la réglementation, une entreprise qui a passé un contrat avec les pouvoirs publics peut ultérieurement à la passation du contrat, se montrer peu efficace, voire inattentive à sa gestion (tel est le cas de l’entreprise indemnisée pour faire des investissements de dépollution qui se soucie peu, après avoir été indemnisée, de l’environnement ; ou du monopole public qui se préoccupe plus de son intérêt propre que de l’intérêt général).
La stratégie pour limiter le risque moral est double : elle passe par le contrôle du mandant ; elle peut consister aussi en l’intéressement de l’agent aux résultats afin de s’assurer de son efficacité effective.
Quid des plans de sauvetage actuels ?
Peu de gens se posent cette question, qui pourtant doit trouver un écho: certes les banques sont des entreprises à part, comme nous l’avons vue lors de précédents articles, mais en quoi des entreprises industrielles telles que General Motors ou Ford sont des entreprises aussi spéciales que les banques (qui détiennent nos épargnes et nos comptes courants et qui financent l’économie via la mise à disposition de crédits et d’outils de financement) ?
Bien évidemment, je ne proclame pas ici ma volonté d’assainir l’économie au point de faire émerger une volonté de mise à la porte pour chômage technique de milliers d’ouvriers américains du secteur automobile, mais je me pose la question suivante: sauver General Motors and Co. au risque de voir taper à la porte de l’état interventionniste d’autres entreprises en difficulté (infrastructures, transports, construction…) qui réclameront une forme de jurisprudence interventionniste (exagérée), ou laisser faire le marché (financement, loi sur les faillites aux U.S.A, fusions et acquisitions de certains pôles…) au risque évident de détruire des milliers d’emplois ?
Je ne pense pas qu’une réponse manichéenne puisse exister.
Mais une évidence subsiste tout de même: le risque engendré par une suite de faillites et de fusions acquisitions, entrainant des destructions d’emplois massives, est tout de même bien inférieur au risque engendré par une intervention de l’état (massive elle aussi), permettant aux (grosses) entreprises de prendre des risques surdimensionnés avec leur outils de production (tant du point de vue du capital financier que du capital humain et matériel). Car ne nous voilons pas la face: c’est bien d’une autorisation implicite à prendre un risque “anormal” dont on parle. En d’autres termes, c’est un problème (”massif”) d’aléa moral dont il est question ici. Il faudra pourtant choisir.
Aléa moral vs. destructions massives d’emplois
Les entreprises du secteur automobile sont les premières concernées, mais ne seront surement pas les dernières. En effet, la gestion déplorable de leurs anticipations de vente n’est pas la raison principale de la quasi faillite de ce secteur d’activité. La restriction du crédit (car 95% des achats de véhicules se font à crédit) conjuguée à une aversion des consommateurs/entreprises pour les investissements (confiance vs. automobile) reste la principale cause de la chute vertigineuse des ventes et des anticipations de ventes de voitures dans le monde.
De la même manière, des secteurs tels que la construction et l’immobilier, l’aviation et la construction navale (ou d’autres infrastructures), seront touchés. Faudra-t-il intervenir ? Posons la question en supposant que l’état (américain, français, allemand) intervienne: pourquoi ne pas intervenir ? En effet, si l’état intervient une fois, il est “obligé” d’intervenir mille fois car l’un réclamera comme l’autre prétextant, non sans torts, qu’il n’est pas une industrie négligeable (du point de vue du capital humain par exemple).
Le risque moral se manifesterait aussi par le fait que l’état, en intervenant, permet à ces entreprise (ou d’autres) de renforcer l’idée que la prise de risque est “assurée” par l’état qui renfloue les caisses.
Une crise sans fin ? Une crise a toujours une fin, mais les moyens d’y parvenir différent fortement selon les économistes et les politiques. Mais bien que le retour en grâce de l’interventionnisme est largement validé par tous les pays du monde, il faut rester calme et surtout ne pas se précipiter au risque de créer un crise encore plus grave pour les années à venir: le surplus de confiance envers l’état “assureur”. Sans pour autant me référer à une certaine main invisible du marché* (Adam Smith), il serait préférable de laisser l’économie trouver son chemin, même si l’on passe par des moments difficiles en termes de chômage et de déceptions.
Dernière question avant de clôturer cet article
En plus de l’arbitrage complexe exposé si dessus entre la limitation du risque moral et l’intervention permettant de “sauver” certains secteurs industriels tels que l’automobile, un second arbitrage doit être exposé et analysé au plus vite par l’administration (qu’elle soit américaine ou européenne): quel serait le différentiel entre le cout de la non-intervention (paiement par l’état des allocations chômage, pertes des charges salariales et patronales, baisse du pouvoir d’achat diminuant les recettes fiscales etc…) et le coût de l’intervention de l’état ? En effet, cela ne couterait-il pas plus cher à l’état d’intervenir au risque que cela ne marche pas (si l’économie ne suit pas, la demande n’est pas là , les stocks sont trop conséquents, la technologie (pétrole) est en transition (voiture électrique, normes écologiques)…) plutôt que de ne pas intervenir ?
Une chose est sure (et même certaine): l’état est perdant et par voie de conséquence nous sommes perdants (peut être pas nous mais nos enfants).
*Adam Smith n’est pas pour autant l’apôtre d’un capitalisme sauvage. Le principe du marché tel qu’il le décrit s’applique à l’économie artisanale de son époque. Il en a conscience et dénonce les industriels qui par les ententes et les monopoles tentent de contourner la loi du marché à leur seul profit. Ce n’est donc pas l’État qui menace le plus l’économie de marché mais plutôt les industriels, et il revient à l’autorité souveraine de s’assurer du respect des règles du marché.
nov
24
Madame la ministre de l’économie…
Posté par Economie-Finance.com dans la catégorie Actions, Economie, Institutions, Macroéconomie, Matières premières, Politique budgétaire, Politique monétaire | 3 commentaires
La ministre de l’économie, Christine Lagarde, a indiqué lundi qu’une baisse temporaire de la TVA, comme le gouvernement britannique pourrait l’envisager pour relancer son économie, n’était pas à l’ordre du jour en France.
“La grande incertitude quand on baisse le taux de TVA, c’est de savoir à qui ça profite. Si ça profitait complètement aux consommateurs, ce serait sûrement une bonne mesure”, a estimé Mme Lagarde, interrogée par des journalistes en marge d’une réunion sur la finance à Paris.
Mais “si ça profite à l’ensemble des échelons de la chaîne entre le producteur et le consommateur, ça renforce les marges. Je ne suis pas sûre que ce soit l’impératif absolu aujourd’hui”, a-t-elle expliqué, jugeant en outre qu’une telle mesure risquait de stimuler les importations et donc de profiter aux économies étrangères plus qu’à la France.
Le gouvernement britannique a annoncé son intention de baisser temporairement son taux de TVA d’au moins deux points de pourcentage, selon la presse.
La TVA, actuellement à 17,5% en Grande-Bretagne, pourrait être abaissée jusqu’au minimum admis par l’Union européenne, soit 15%, mais serait remise au niveau actuel d’ici deux ans au plus, quand la situation économique s’améliorera.
En France, le taux normal de TVA est de 19,6%. Comme nous l’avions précédemment écrit dans notre article sur la rigidité des taxes, cette idée de flexibiliser les taxes peut permettre une relance de l’économie, ou du moins limiter la crise de confiance. Un choc suffisamment fort sur les taxes pourrait en effet limiter la casse, relancer (peut-être selon madame Lagarde) l’économie. Mais ce que madame Lagarde oublie en disant cela, c’est qu’une baisse de la TVA (non pas temporaire car la crise ne risque pas de l’être), permettrai un transfert implicite de l’argent de l’état à toutes les entreprises soumises à la TVA. Alors certes, comme vous le dites, cela ne peut que profiter aux entreprises. J’ai envie de vous répondre: et alors ? Nos entreprises n’ont-elles pas besoin d’argent en ce moment ? N’ont-elles pas besoin de soutien de l’état via des mesures d’assouplissement fiscales ?
Allons plus loin: si les entreprises gonflent légèrement leur marges comme vous le sous entendez (même si le mécanisme n’est pas à 100% réalisable car en cette période, les entreprises sont conscientes que pour continuer à faire des bénéfices et à passer le cap de la crise, il faut vendre plus et donc pour la plupart baisser les prix car ces mêmes entreprises savent pertinemment que le pouvoir d’achat des français est en berne depuis quelques mois), cela ne relancera pas l’embauche ? En cette période, je devrais reformuler ma question: cela ne limitera pas les licenciements ? En effet, une entreprise qui gonfle ses marges gonfle aussi, et on l’espère tous, son bénéfice. Sauf qu’en ce moment, le mot bénéfice se fait rare et l’on parle plutôt de perte (pour toutes les entreprises, sur tous les secteurs, à court ou moyen terme). Nous devrions donc poser la question de cette manière: cela ne limitera-t-il pas les licenciements ? Cela ne permettra pas d’avoir moins de gens au chômage ? Ces même indemnités chômage, qui les payent ? C’est vous ! Alors avez vous bien optimisé votre système fiscal, votre arbitrage entre baisser la TVA et avoir moins de chômeurs ou ne pas baisser la TVA et courir le risque d’avoir plus de chômeurs. Dans les deux cas, le budget de l’état sera affecté ! Donc que faire madame Lagarde ?
Je vais tout de même vous défendre mais je ne peux pas ne pas rester objectif tout de même: en effet, baisser la TVA serait une mauvaise chose. Non pas que cela augmenterai les marges, (car comme nous venons de le dire, en cette période, ce n’est pas si grave car cela peut, outre renforcer la consommation via une éventuelle baisse des prix, au moins limiter la casse issue des licenciements de masse qui se produisent depuis déjà plus d’un mois dans le monde entier), mais cela amputerai fortement le budget de l’état. En effet, la TVA est la principale ressource de l’état. C’est l’impôt qui génère le plus de recette fiscale, et le diminuer renforcerai le déficit budgétaire assez fortement.
Mais mon devoir d’objectivité doit reprendre le dessus et répondre simplement: tant mieux ! Et oui, en période de crise, quoi de plus normal qu’un état interventionniste qui injecte des deniers (et donc accroit son déficit) pour soutenir son économie qui, on en est certain maintenant, ne se relèvera pas toute seule. Rectifions cette dernière phrase avant de clôturer notre article: elle peut se relever toute seule car les mécanismes auto-régulateurs de l’économie de marché le permettent, mais à quel prix ! Attention, ne voyez pas en cela une quelconque diabolisation de l’économie de marché, que j’admire car je pense savoir de quoi je parle. Mais une système tout seul ne peut être bon. C’est comme un portefeuille financier: “mettre tout ses Å“ufs dans le même panier”, c’est accentuer ses risques. Diversifier reste la meilleure couverture. En ce qui concerne les dispositifs économiques, c’est pareil: une économie purement de marché, cela ne marcherai pas. Mais je pense que sans l’économie de marché, on ne s’en sortirai pas !
nov
10
Prononcer le divorce entre la monnaie et la politique monétaire ?
Posté par Economie-Finance.com dans la catégorie Economie, Macroéconomie, Politique monétaire | Laissez un commentaire
Alors, en supposant que vous travaillez pour une banque centrale, prononceriez-vous ce divorce ? Plus simplement, si vous étiez Jean Claude Trichet ou Ben Bernanke, ou membre de leur centre de recherche économique, utiliseriez vous oui ou non des indicateurs monétaires afin de justifier vos positions quant à la décision de politique monétaire de la banque centrale pour laquelle vous travaillez (travailleriez) ?
Oui ? Non ? En général, une majorité répondrait que la monnaie est au plus utile, au moins source d’informations (et encore), pour la politique monétaire. Et puis après tout, une source de données supplémentaire, cela ne fait pas de mal !
Non, Non et Non martèlent Todd Keister, Antoine Martin, et James McAndrews dans leur dernières publication de la Fed de New York.
En effet, de nombreux banquiers centraux construisent leur politique monétaire en vue de garder un lien, aussi infime soit-il, entre le stock de monnaie et le taux d’intérêt à court terme. En particulier, leurs procédures de mise en Å“uvre de la politique monétaire exigent que l’offre de solde de réserve soit fixé précisément en vue de cibler le taux d’intérêt. Du fait que les réserves des banques jouent d’autres rôles clés dans l’économie, ce lien peut créer des tensions avec d’autres objectifs importants, notamment en période forte volatilité du marché.
Les auteurs considèrent une approche alternative à la politique monétaire mise en Å“uvre - connue sous le nom de système de “plancher” - qui peut réduire ou même éliminer ces tensions. Ils expliquent comment cette approche, dans laquelle la banque centrale paie des intérêts sur les réserves au taux d’intérêt cible, sépare (divorce) l’offre de monnaie et la conduite de la politique monétaire. La quantité de réserves des banques peuvent alors être fixés en fonction du paiement ou des besoins de liquidité des marchés financiers. En éliminant le coût d’opportunité de la détention de réserves, le système de plancher encourage également la répartition optimale des ressources dans l’économie.
Cliquez ici pour lire l’article complet…
oct
17
Profiter de la crise ?
Posté par Economie-Finance.com dans la catégorie Economie, Finance, Institutions, Politique budgétaire, Politique monétaire | 1 commentaire
Beaucoup pensent que cette crise est catastrophique. D’autres prévoient même une période de récession inédite dans l’histoire depuis 1929. Certains annoncent une reprise du volume des crédits accordés aux entreprises et particuliers dans de nombreuses semaines. Bref, le cataclysme à les écouter. Mais sur Économie-Finance.com, notre approche sera différente.
Nous voudrions en effet vous exposer les nombreux avantages d’une crise en général, et de cette crise en particulier. Nous nous garderons bien de prêcher le mal en édulcorant l’information économique par une propagande louant les bienfaits d’une crise systémique et/ou d’un “credit crunch.” Mais savoir qu’une crise n’est pas que et uniquement mauvaise peut avoir du bon pour l’avenir.
Justement, en parlant d’avenir, quelles décisions peuvent favoriser tout d’abord l’Europe politique et économique? La réponse est catégorique: l’entrée de l’Islande et de la Norvège dans l’union européenne et leur acceptation dans la Zone Euro avec l’Angleterre (si elle même le veut enfin) rendrait service à toutes les parties. De plus, un tel élan, consécutif à la crise actuel, entrainerait une solidarité et une union en ce qui concerne la politique économique globale. En effet, mis à part l’exigence de Maastricht des 3% de déficit budgétaire et la BCE (politique monétaire commune à la Zone Euro), aucune union n’émerge en ce qui concerne l’harmonisation fiscale et administrative d’un point de vue économique. Mais la rationalisation économique actuelle impose une mise à plat globale des institutions nationales, ce qui est une chance (à saisir) pour l’Europe de profiter des synergies qu’elle tente de créer depuis maintenant plus d’un demi-siècle. L’appel de l’unité en termes de fiscalité ou de dépenses budgétaires liées à l’administration devrait se faire entendre et cette crise permettrait d’optimiser ces secteurs institutionnels si opaques et parfois hors de tout entendement.
Et les marchés financiers dans tout ça ? Les marchés sont les marchés, ils doivent UNIQUEMENT réagir aux variations d’offre et de demande des actifs financiers. Par contre, l’information financière, jouant un rôle primordial (notamment à cause des nouvelles technologies de l’information), doit être beaucoup “plus” supervisée. Une législation ou un cadre législatif plus vaste devrait encadrer la profession journalistique concernant la véracité des informations transmises aux intermédiaires financiers (et à fortiori au grand public). L’information contribue à amplifier les crises (et, de façon similaire, les bulles) ce qui nuit fortement à l’économie en provoquant de brusques retournements financiers qui affectent la confiance des entreprises et des ménages sclérosant un peu plus les mécanismes macroéconomiques de base contribuant au bon fonctionnement de l’économie tout entière, je pense notamment aux crédits.
Ajoutons à cela le paradoxe des ratios prudentiels. Le schéma actuel en situation de crise économique et de revalorisation des risques (et donc des actifs) concernant les banques est le suivant: L’effondrement immobilier a conduit à l’implosion des subprimes, qui a entraîné des dépréciations d’actifs massives et des provisions bancaires en chaîne. D’où une baisse généralisée des actifs qui creusent davantage encore les pertes des banques. Ces dernières se voient obligées de constituer à nouveau des provisions, ce qui fait fondre leurs fonds propres. Comme les banques doivent avoir un capital minimum (ratios prudentiels), elles doivent vendre une partie de leurs actifs dépréciés pour reconstituer leurs fonds propres. En faisant cela, elles précipitent à nouveau le prix des actifs à la baisse, ce qui creuse à nouveau leurs pertes. A nouveau, les fonds propres deviennent insuffisants, donc il faut à nouveau vendre des actifs (encore plus dépréciés qu’au tour d’avant), ce qui entraîne à nouveau une baisse des actifs, etc… A ce rythme la, les actifs vont se rapprocher de la valeur “0″ ! Les banques sont obligées de vendre, de par la réglementation prudentielle. Or en face, il n’y a pas d’acheteurs… Une reconsidération des ratios prudentiels est donc nécessaire car elle contribue à renforcer la crise, surtout lorsqu’il s’agit d’une crise bancaire: ces ratios qui ne sont pas adaptés aux hautes fréquences et aux crises systémiques entrainent la sphère financière vers une spirale de dépréciations d’actifs incontrôlée car obligatoire pour les banques ce qui est fortement néfaste pour la sphère réelle (économique). L’élaboration de nouveaux ratios prudentiels (se dirige-t-on vers Bâle III ???) doit donc prendre en considération cette spirale négative de dépréciations quasi-obligatoires afin de ne pas participer à l’amplification des crises. Ce Bâle 3 devra aussi encadrer de manière plus stricte la comptabilité des produits dérivés… mais on en discute ci-après.
Spéculation ou couverture ? Comment comptabiliser des produits dérivés ayant pour unique objectif une gestion rigoureuse des risques (couvertures des risques) et des produits dérivés ayant pour objectif de décupler une hausse ou une baisse à des fins spéculatives ? Comment prendre en compte ces deux achats de produits dérivés qui en fait sont identiques sur le marché financier ? Dernière question: comment légiférer, proposer ou émettre une idée sur un sujet ou la bonne gestion et la mauvaise action sont complètement indifférencié sur le marché ? C’est comme si Gargamel était peint en Bleu et Blanc et coiffé d’un magnifique couvre-chef de Schtroumpf. Je n’ai pas de réponses, mais je vous ai apporté certaines questions qui en méritent ! Un nouveau Bâle 3 devrait encadrer ces deux types de pratique qui devront forcement être différenciées au moins au sein des institutions financières. Je précises: institutions et non pas uniquement les banques.
Car les Hedge Funds jouent désormais un rôle aussi important que les banques. Et il ne faut plus le négliger. Un fond doit aussi être noté, surveillé, soumis à des ratios prudentiels et à une catégorisation en fonction des risques etc… Noté un fond par rapport à l’institution financière qui l’émet devient aberrant. Mais ne pas prendre en compte l’institution financière qui le gère serait tout aussi aberrant. Un juste milieu dans la notation doit donc être trouvé.
Mais tout cela doit mener à une rationalisation des marchés financiers. Tout ceci doit donc déboucher sur une optimisation des procédures de contrôle des banques et des institutions financières. Que ce soit l’information financière, le cadre institutionnel économique (budgétaire et fiscal) ou les innovations financières, il faut profiter de cette crise pour instaurer de nouvelles règles (pas forcement en légiférant) de bonne conduite permettant de minimiser la survenance de telles crises, ou du moins de les prévenir.
avr
10
BCE: Décisions de politique monétaire
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Lors de la réunion qui s’est tenue ce jour, le Conseil des gouverneurs de la BCE a décidé que le taux de soumission minimal appliqué aux opérations principales de refinancement ainsi que les taux d’intérêt de la facilité de prêt marginal et de la facilité de dépôt demeureront inchangés, à respectivement 4 %, 5 % et 3 %.

