juin
16
Condition de marché et survie des Hedge Funds
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Mark Carlson et Jason Steinman ont publié cet article originellement intitulé “Market Conditions and Hedge Fund Survival” dans la serie Finance and Economics Discussion Series du Federal Reserve Board (Washington, D.C.). Dans cet article, ils décrivent les conséquences des faillites de Hedge funds sur l’aggravation des crises financières en période de forte volatilité des marchés. De ce fait, ils construisent une analyse formelle inédite sur l’impact des conditions de marché sur la survie des Hedge Funds.
L’analyse est faite en prenant des données individuelles de fonds et d’industries par la suite agrégées. Ils trouvent effectivement que les rendements et la volatilité du marché influencent les faillites des fonds bien que l’impact dépend des stratégies d’investissement des fonds.
Les résultats de l’analyse sont utilisés pour prédire les faillites de fonds sur la base des rendements actuels du marché et d’une variété de scénarios d’évolution de marché (stress scénario). Ils trouvent que l’industrie des Hedge Funds est généralement robuste aux différents chocs.
L’article en lui même est bien ficelé mais il est tout de même trop empirique pour véritablement constituer un preuve fiable quant au lien entre les conditions de marché et les faillites de Hedge Funds. Cependant, la contribution intéressante de cet article est de fournir une information sur l’impact des conditions de marché que les probabilités de faillites. Tourné différemment, cela reste plus plausible. Ils trouvent en effet que quelque soit les taux de rendement du marché, les Hedges Funds sont plus prédisposés à la faillite en période de déclin des marchés US et de dépréciation du Dollar.
La volatilité est néfaste à quelques fonds tandis qu’elle peut être bénéfique pour d’autres. Qu’en serait-il d’une telle analyse en France, avec un secteur Hedge Funds balbutiant ?
Lien vers l’article (anglais)…
avr
10
L’effet de richesse
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On entend par effet de richesse l’effet qui permet, par une valorisation d’une classe d’actif de votre patrimoine, de vous « rendre plus riche ». Un exemple permettra de mieux comprendre : imaginons que vous possédez un bien immobilier et que vous voulez souscrire un prêt. L’exemple n’est pas banal mais il est assez révélateur de la crise de 2007. Pour souscrire ce prêt, d’un montant non négligeable, vous allez voir un organisme spécialisé qui analyse votre patrimoine au temps t. Au temps t, votre capacité d’endettement, basée sur une valorisation de votre patrimoine au même temps t, est de X$. Maintenant, vous attendez un jour de plus, et durant ces 24 heures, une crise immobilière est survenue. Votre bien immobilier a donc perdu de la valeur. Au temps t+1, vous retournez dans ce même organisme spécialisé qui analyse une fois de plus votre patrimoine. Il en conclut que votre capacité d’endettement est franchement inferieur à X$. Ce phénomène n’est autre que l’effet de richesse. Après avoir compris cet exemple simple, on peut envisager de nombreux cas différents. En effet, imaginons que vous ayez souscrit un prêt au temps t, qui utilise entièrement votre capacité d’endettement au temps t. Au temps t+1, vous êtes alors en sur endettement à cause de l’effet de richesse négatif subi.
Aprés les recentes hausses historiques du taux spot EURUSD (€/$) et de l’once d’Or, on peut se poser la question suivante: quel lien peut il y avoir entre ces deux records qui sont survenus, comme par hasard, pratiquement au même moment ? Une corrélation non fortuite possible peut être due à l’effet de richesse, positif cette fois ci. En effet, les operateurs européens, détenant des euros, voyant leur conversion en dollar s’accroitre (c’est-à -dire une hausse du taux spot EURUSD) sont donc devenus « plus riches » en dollar, tout en restant aussi riche qu’avant en euro (trivial). D’un autre coté, l’once d’Or est cotée en dollar (tout comme l’ensemble des matières premières, pétrole, cuivre ou autres). La demande pour l’Or s’accroit donc mécaniquement du fait de l’apparition de cet effet de richesse issu du taux de change. C’est l’effet de richesse de change, ou encore, l’effet de richesse induit par le taux de change. On ne remarque pas ce phénomène que pour l’Or. Il est constaté pour l’ensemble des commodités et des autres matières premières échangées actuellement. L’effet de richesse de change explique une partie de la simultanéité des records historiques du taux de change EURUSD et de l’once d’Or. Une autre partie est bien évidement expliqué par la croissance du risque de l’économie américaine et la qualité de valeur refuge de l’Or. Cependant, l’effet de richesse est fortement présent dans ce phénomène de pic simultanés.
L’effet de richesse positif entraine donc une hausse de la demande et l’effet de richesse négatif entraine une baisse de la demande. Mais qu’en est-il de l’offre ? A première vue, l’offre s’ajuste durant les périodes qui suivent. Cependant, il se peut que l’offre ne s’ajuste pas forcement à la hausse pour suivre la hausse de la demande. Imaginons par exemple une entreprise industrielle américaine travaillant uniquement à l’export. Elle facture donc en dollar ses produits finis et vend essentiellement ses produits dans la zone euro. L’effet de richesse de change vu précédemment montre que la demande pour ces produits va s’accroitre si le taux spot EURUSD croit. Mais dans le même temps, les prix des matières utilisées pour fabriquer ces produits finis vont aussi profiter de cet effet de richesse de change. Malgré le phénomène de rigidité des prix, les prix de notre entrepreneur américain vont inexorablement augmenter durant les périodes suivantes (mais beaucoup moins vite que la hausse des prix des matières premières sur le marché financier) du fait de l’augmentation de ses coûts. Tout en étant un agent rationnel, notre entrepreneur américain ne va pas augmenter sa production pour satisfaire la demande alors que sa marge s’abaisse plus rapidement que ses prix de vente n’augmentent. Il va donc augmenter ses prix sur les périodes qui suivent puis augmenter sa production si la demande est toujours si forte (Il retrouvera alors sa marge et abaissera par la suite ses prix si la hausse de l’offre qu’il met en place lui permet de faire des économies). Mais ce ne sera pas forcement le cas, car si ses prix augmentent, il y a de fortes chances que la demande diminue. En effet, la variable prix est la variable d’ajustement entre l’offre et la demande. L’effet de richesse à donc une conséquence claire sur la demande, mais plus complexe sur l’offre.
avr
9
Cycles réel et du crédit : convergence ou divergence ? Une comparaison Pologne, Hongrie, République tchèque et zone euro
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Par Sanvi Avouyi-Dovi, Rafał Kierzenkowski et Catherine Lubochinsky.
Cet article propose l’analyse de co-mouvements entre variables réelles et financières dans trois nouveaux pays membres de l’Union européenne (Hongrie, Pologne et République tchèque) ainsi que dans la zone euro. Il s’agit de l’examen du co-mouvement d’une part entre le crédit aux entreprises et la production industrielle réels, d’autre part entre les variables précédentes et un indicateur de politique monétaire, le taux d’intérêt réel à 3 mois. Partant du principe qu’il n’existe pas de définition unique du cycle économique, nous adoptons trois approches différentes : identification de points de retournement des séries et évaluation d’un indice de concordance ; décomposition et comparaison des différentes composantes cycliques des séries ; enfin, calcul des corrélations dynamiques entre les variables. Nous trouvons une meilleure convergence des cycles réels que des cycles financiers entre les nouveaux pays membres de l’ue et la zone euro. Il n’existe pas une forte dépendance entre crédits et la production industrielle dans tous les pays ; cependant, il apparaît que la politique monétaire lisse la distribution du crédit au cours des cycles.
avr
8
Le prix du pétrole poursuit sa hausse sur fond de baisse du dollar.
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L’offre de pétrole sur le marché est suffisante et les prix élevés du pétrole ne sont pas dus à une pénurie de brut mais plutôt à l’insuffisance de capacités de raffinage, à certaines tensions politiques dans le monde, et à la baisse de la valeur du dollar” selon Abdoullah al Badri, secrétaire général de l’Opep.
Le prix du cru étant libellé en dollar, lorsque la devise américaine baisse, les investisseurs ayant des devises autres que le dollar, notamment l’euro, ont tendance à acheter plus de pétrole, contribuant ainsi à la hausse du prix de l’or noir. « Nous maintenons notre prévision d’un cours moyen de 107,50 dollars le baril pour le deuxième trimestre », affirmait un analyste de la Société Générale.
avr
7
Analyse de la semaine du 7 avril 2008
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Le débat sur la Chine et ses Jeux Olympiques devraient toujours être au cœur des débats cette semaine. Néanmoins, la France sera aussi extrêmement attentive aux nouvelles avancées dans la libération de Ingrid Bétancourt, prisonnière des Farc depuis plus de 6 ans.
Concernant les publications financières, la semaine sera calme, même si vendredi, General Electric publiera les résultats financiers de son premier trimestre 2008. 18 autres entreprises publieront des résultats, dont Pier Import jeudi.
La semaine sera un peu plus chargée au niveau macroéconomique. Les marchés financiers devraient vraisemblablement rester assez attentistes au début de la semaine, attendant avec impatience et fébrilité les réunions simultanées de la BCE et de la Banque d’Angleterre jeudi. Les investisseurs, ainsi que le FMI, espèrent toujours une baisse des taux d’intérêt de la BCE, même si les derniers résultats de l’inflation indiquent qu’il est peu probable que Jean-Claude Trichet procède à cette baisse de taux. Sinon, les balances commerciales des Etats-Unis (jeudi), de la France (lundi), de l’Allemagne (mercredi) et de l’Angleterre (jeudi) auront un impact direct sur les taux de changes des principales monnaies cette semaine, ils seront donc à observer avec attention. Les dernières publications d’importance concernent la production industrielle des principales économies de la zone euro (publiées entre lundi et jeudi).
Cette semaine devrait donc donner une idée plus claire des orientations des marchés mondiaux, après que le FMI ait baissé ses prévisions de croissance de l’économie mondiale et de l’économie américaine, qui devrait être inférieure à 1% en 2008. La plupart des risques pour la croissance mondiale identifiés il y a six mois se sont maintenant matérialisés, constate Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du Fonds monétaire international. “D’ores et déjà cela ramène la prévision de croissance mondiale pour l’année prochaine à 3,7%, ce qui est la plus faible de ces deux dernières décennies”, a-t-il ajouté en faisant apparemment allusion à la croissance de 2008. Le FMI publie le 9 avril, comme chaque semestre, ses Perspectives économiques mondiales.

