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Beaucoup pensent que cette crise est catastrophique. D’autres prévoient même une période de récession inédite dans l’histoire depuis 1929. Certains annoncent une reprise du volume des crédits accordés aux entreprises et particuliers dans de nombreuses semaines. Bref, le cataclysme à les écouter. Mais sur Économie-Finance.com, notre approche sera différente.

Nous voudrions en effet vous exposer les nombreux avantages d’une crise en général, et de cette crise en particulier. Nous nous garderons bien de prêcher le mal en édulcorant l’information économique par une propagande louant les bienfaits d’une crise systémique et/ou d’un “credit crunch.” Mais savoir qu’une crise n’est pas que et uniquement mauvaise peut avoir du bon pour l’avenir.

Justement, en parlant d’avenir, quelles décisions peuvent favoriser tout d’abord l’Europe politique et économique? La réponse est catégorique: l’entrée de l’Islande et de la Norvège dans l’union européenne et leur acceptation dans la Zone Euro avec l’Angleterre (si elle même le veut enfin) rendrait service à toutes les parties. De plus, un tel élan, consécutif à la crise actuel, entrainerait une solidarité et une union en ce qui concerne la politique économique globale. En effet, mis à part l’exigence de Maastricht des 3% de déficit budgétaire et la BCE (politique monétaire commune à la Zone Euro), aucune union n’émerge en ce qui concerne l’harmonisation fiscale et administrative d’un point de vue économique. Mais la rationalisation économique actuelle impose une mise à plat globale des institutions nationales, ce qui est une chance (à saisir) pour l’Europe de profiter des synergies qu’elle tente de créer depuis maintenant plus d’un demi-siècle. L’appel de l’unité en termes de fiscalité ou de dépenses budgétaires liées à l’administration devrait se faire entendre et cette crise permettrait d’optimiser ces secteurs institutionnels si opaques et parfois hors de tout entendement.

Et les marchés financiers dans tout ça ? Les marchés sont les marchés, ils doivent UNIQUEMENT réagir aux variations d’offre et de demande des actifs financiers. Par contre, l’information financière, jouant un rôle primordial (notamment à cause des nouvelles technologies de l’information), doit être beaucoup “plus” supervisée. Une législation ou un cadre législatif plus vaste devrait encadrer la profession journalistique concernant la véracité des informations transmises aux intermédiaires financiers (et à fortiori au grand public). L’information contribue à amplifier les crises (et, de façon similaire, les bulles) ce qui nuit fortement à l’économie en provoquant de brusques retournements financiers qui affectent la confiance des entreprises et des ménages sclérosant un peu plus les mécanismes macroéconomiques de base contribuant au bon fonctionnement de l’économie tout entière, je pense notamment aux crédits.

Ajoutons à cela le paradoxe des ratios prudentiels. Le schéma actuel en situation de crise économique et de revalorisation des risques (et donc des actifs) concernant les banques est le suivant: L’effondrement immobilier a conduit à l’implosion des subprimes, qui a entraîné des dépréciations d’actifs massives et des provisions bancaires en chaîne. D’où une baisse généralisée des actifs qui creusent davantage encore les pertes des banques. Ces dernières se voient obligées de constituer à nouveau des provisions, ce qui fait fondre leurs fonds propres. Comme les banques doivent avoir un capital minimum (ratios prudentiels), elles doivent vendre une partie de leurs actifs dépréciés pour reconstituer leurs fonds propres. En faisant cela, elles précipitent à nouveau le prix des actifs à la baisse, ce qui creuse à nouveau leurs pertes. A nouveau, les fonds propres deviennent insuffisants, donc il faut à nouveau vendre des actifs (encore plus dépréciés qu’au tour d’avant), ce qui entraîne à nouveau une baisse des actifs, etc… A ce rythme la, les actifs vont se rapprocher de la valeur “0″ ! Les banques sont obligées de vendre, de par la réglementation prudentielle. Or en face, il n’y a pas d’acheteurs… Une reconsidération des ratios prudentiels est donc nécessaire car elle contribue à renforcer la crise, surtout lorsqu’il s’agit d’une crise bancaire: ces ratios qui ne sont pas adaptés aux hautes fréquences et aux crises systémiques entrainent la sphère financière vers une spirale de dépréciations d’actifs incontrôlée car obligatoire pour les banques ce qui est fortement néfaste pour la sphère réelle (économique). L’élaboration de nouveaux ratios prudentiels (se dirige-t-on vers Bâle III ???) doit donc prendre en considération cette spirale négative de dépréciations quasi-obligatoires afin de ne pas participer à l’amplification des crises. Ce Bâle 3 devra aussi encadrer de manière plus stricte la comptabilité des produits dérivés… mais on en discute ci-après.

Spéculation ou couverture ? Comment comptabiliser des produits dérivés ayant pour unique objectif une gestion rigoureuse des risques (couvertures des risques) et des produits dérivés ayant pour objectif de décupler une hausse ou une baisse à des fins spéculatives ? Comment prendre en compte ces deux achats de produits dérivés qui en fait sont identiques sur le marché financier ? Dernière question: comment légiférer, proposer ou émettre une idée sur un sujet ou la bonne gestion et la mauvaise action sont complètement indifférencié sur le marché ? C’est comme si Gargamel était peint en Bleu et Blanc et coiffé d’un magnifique couvre-chef de Schtroumpf. Je n’ai pas de réponses, mais je vous ai apporté certaines questions qui en méritent ! Un nouveau Bâle 3 devrait encadrer ces deux types de pratique qui devront forcement être différenciées au moins au sein des institutions financières. Je précises: institutions et non pas uniquement les banques.

Car les Hedge Funds jouent désormais un rôle aussi important que les banques. Et il ne faut plus le négliger. Un fond doit aussi être noté, surveillé, soumis à des ratios prudentiels et à une catégorisation en fonction des risques etc… Noté un fond par rapport à l’institution financière qui l’émet devient aberrant. Mais ne pas prendre en compte l’institution financière qui le gère serait tout aussi aberrant. Un juste milieu dans la notation doit donc être trouvé.

Mais tout cela doit mener à une rationalisation des marchés financiers. Tout ceci doit donc déboucher sur une optimisation des procédures de contrôle des banques et des institutions financières. Que ce soit l’information financière, le cadre institutionnel économique (budgétaire et fiscal) ou les innovations financières, il faut profiter de cette crise pour instaurer de nouvelles règles (pas forcement en légiférant) de bonne conduite permettant de minimiser la survenance de telles crises, ou du moins de les prévenir.

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L’actualité l’exige. La crise des subprimes, démarrée depuis plus d’un an déjà (février 2007) prend une nouvelle dimension ces derniers temps (septembre/octobre 2008). La faillite de Lehman Brothers, la pseudo faillite de Merrill Lynch (rachetée par Bank of America à la rescousse), AIG nationalisée, Fortis qui boite rachetée par l’état néerlandais et BNP Paribas, WaMu (Washington Mutual, première caisse d’épargne outre atlantique) qui dépose le bilan… les dominos ne s’arrêtent pas en si bon chemin: Les dirigeants des quatre grandes économies européennes ont tenté de rétablir la confiance au cours d’un mini-sommet à Paris sur la crise financière, début Octobre 2008, alors que le gouvernement et le secteur bancaire sont tombés d’accord dimanche pour porter à 50 milliards d’euros une ligne de crédit afin d’éviter la faillite de la Hypo real Estate, quatrième banque d’Allemagne.

Les autorités des marchés britanniques et les responsables politiques discutent de l’avenir de la caisse de crédit Bradford & Bingley, fragilisée par la crise du crédit et de l’immobilier et susceptible de devenir le deuxième établissement bancaire nationalisé après Northern Rock.

En effet, depuis plus d’un an et la première faillite d’un banque depuis bien longtemps qu’étaient Northern Rock en Angleterre et Bear Stearns aux USA, la finance mondiale n’avait pas connue telle débâcle depuis 1929.

Mais entre temps, deux chercheurs ont modélisés de tels événements: Diamond et Dibvig (1983). Comme producteur de liquidités, les banques transforment les dépôts reçus des agents excédentaires de ressources en crédits, auprès des investisseurs qui en manifestent les besoins. Cette fonction ne peut connaître de succès que s’il y a adéquation entre les termes des dépôts et ceux des crédits. Si à un moment donné, les déposants ont des doutes sur la solvabilité des banques, ils font recours aux retraits massifs et créent une situation de panique bancaire. Diamond et Dybvig (1983) ont élaboré un modèle pour expliquer ce phénomène. Ils considèrent que les banques ont l’aptitude de protéger un ensemble d’agents contre le risque de dépréciation de leurs actifs financiers qui peuvent être convertis en fonction de leurs préférences de consommation. Ils envisagent une période de trois horizons (T= 0,1,2) . Ils admettent que le choix des investissements dépend d’un processus productif dont le
rendement R>1 en T = 2. Mais si le processus est interrompu en T = 1, on aura R = 1. L’interruption du processus est liée à l’existence de chocs de consommation dont sont victimes certains épargnants.

Diamond et Dibvig (1983) établissent à cet effet une relation symbolisant les contrats optimaux de répartition du risque : 1 < C1 < C2 < R. ; avec C1 et C2 qui représentent respectivement la consommation des déposants de type 1 et 2. Cela signifie que les premiers vont procéder au retrait de leur épargne à l’horizon 1 et les seconds à l’horizon 2 pour satisfaire leurs besoins de consommation. Si les termes de contrat sont bien respectés, la banque se trouvera en situation d’équilibre parfait. Mais, si à la suite d’une panique bancaire, les déposants de l’horizon 2 anticipent les retraits, le système bancaire se trouvera en situation de déséquilibre et de fragilité.

Le jeu de dominos ne s’arrête pas en si bon chemin: suite à cette crise issue en grande partie des difficultés croissantes des ménages américains sur-endetté à rembourser leurs lignes de crédits, l’économie réelle est lourdement affectée, via un perte de confiance généralisée ainsi qu’une réévaluation globale des risques de la part de la banque impliquant une restriction du crédit sans précédents.

Les entreprises et les ménages ne peuvent plus investir ou consommer comme avant et c’est toute l’économie qui s’enrhume. La crise est bien présente car les premiers signes macroéconomiques pointent le bout de leur nez: hausse du chômage, baisse de la production industrielle, hausse de l’endettement de l’état, et… re-perte de confiance… la crise s’auto-entretien miraculeusement, comme la bulle l’eut fait en son temps.

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